■■- 1 ■•■ ik-t/i: v.; :: '■ '^. :■ A • :' I'r -'f: i.v / J O URNAL D E PHYSIQUE, D E G^ii X*[ I E , D'HISTOIRE NATURELLE E T D E S A R T S, AVEC DES PLANCHES EN T AI LLE-DOU C E ; Par J.-Cl. DELAMETHERIE. N I V O S E AN A' I I. TOME XLVIII. A PARIS, Qiez J. -J. FUCHS, Libraire, rue des Machuriiis, n». 334, AN VII DE LA RE rU BL 1QU£, ( 1799 C, j;. } p,^q 6>. U Pi N A L DE PHYSIQUE, D E C H I M I E . D'HISTOIRE NATURELLE ETDES ARTS. DISCOURS PR ELI M I N A I R E ; Par J.-C. Uelajietherie. V-zETTB annee off're un noinbre considerable de travaux Inte- ressans. On y distingue particnlierement bi jHiblication de La de- couverte de quatre nouveaux satellites de Herschel , celle de deux coiiK^'tes ; line nouvelle terre, la glucine ; un nonveau metal, le tellurium ;\\ taut y ajouter la description de plnsieurs plantes iiouveLles , de quelques aniinaux, tie quek[iies inineraux. . . . et enfin la decouverte d'un grand nombre de falts importans, D E S M A T H E ai A T I Q U E S. Le^endre a donne un tres-bel onvrage , dont le titre est : Essal sur les nombres. II paroit qiie Diopliante, chez les Grecs, avoit traite cette matiere ; Bachet donna un commentaire sur I'ouvrage du philosophe grec : il dit qu'un nombre quelconque esttoujours ou un quarre^ ou la somme de deux quarres , on celle de ti^ois, ou enlin celle de quatre , aii plus. A 2 l\ 4 JOURNAL D E P II I S Y Q U E , D !■ C II 1 M I E Fermat avanqa « f|u'un nombre (jueloonque ne peut etre com- M pose fiiied'nn , deux , ou trois nombres triaiigiilaires , au plus; » que d un , deux , trois ou quatre qviaires, au phis; que d'un, M deux , trois, fpiatre ou cinq uombrcs pentnp^oiiaux , au phis , » et ainsi;d6 suite a I'iniini ». Mais ii n'avoir. pas doune la de- monstration de. ces propositions. Lagrange et Euler I'avoient donne'pour les quarres , et Legendre I'a donne pom- Ics nombres triangulaires; ce qtie n'avoient pas fait ses predecesseurs. Ln grange avoif public, dans les \Iemoires de Berlin, des meinoi- res snr la resolution des etpiations algel)ri les geometi'es avoient imagine diverses hypoiheses pour I'ex- » pli<[iier. IjC plus grand nonilire ratLriliuolt h. la resistance de 33 i'etlier. La transmission successive de la gravite me paroissoit » offrir une explication plus naturelle dc ce plienornenej mais 33 alors on n'avoit reconnu , par les observations, que I'accele- 33 ration du raoyen mouvement de la lune. Maintenant que le 33 rallentissement des mouvenieiis dunoeud et de I'apog^^eest bieii 33 constate par les observations anciennts et niodernes , il faut 33 que la ineme cause explique a-la-fbis , et ce r..licn:iss.iment , 33 et I'accel'iration du mouvement lunaire ; car j'ai trouve que 33 la resistance de I'ether accelere le moyeu mouv«;uient de la 33 lune , sat!S alterer ceux du nosud et de son apogee. L'an.ilyse 33 m'a conduit au meme resul'.at relativemcnt k la tr rsmission 33 successive de la gravite. L'equation seculaire de la kiae n'est 33 done point reflet de ces deux causes. Et quand ineaie ses vraies 33 causes seroient encore inconnucs , cela srui sufli; oit pour les 33 exclure. Mais les trois equations seculaires des moyeiis mou- 33 vemens de la lune , de ses noends et de son apogee , tiree 33 de la loi de la pesanteur nniverselle sntisfaisant exactement 33 aux Qbservations , il en resulte "que la resistance de I'efher et 3» la transmission successive de la gravite , n'ont produis jnsqu'ici 33 aucunc alteration sensible dans les mouvemens des corps 33 celestes 33. Les autres recherches de ce geometre ( dans un Memoire sur les Mouvemens des corps celestes autour de Itur centre de gra- vite, tome I. de rinsti ut national), lui out prouve (5galement que tous les mouvemens des astres corresjiondent parlaitement aux lois rigoureuses de I'attraction , en raison des masses et de rinverse des quaries de distance. La mati^re etheree n'oppose par consequent point de resistance sensible aux mouvemens des astres , et raction de la gravitation est instantanee. BES Satellites de Herschei,. Herschel a decouvert quatre nouveaux satellites a sa plan^te, ensorte qu'oii lui en connoit six maintenant. Nous en avions annonce huit , mais nous avions ete trouipes. C'est ce que nous apiiiend Pictet^ dans rexcellent recueil de la Biljliotheque bri- tannque . S JGURXAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE Herschel oliservoit tle|)uis long-temps cos nouveaux satellites avant d'oser annoncer sa decouverte. Le premier satellite , le plus proclie ile la planete , fiit vti le i'8 Janvier 1790 Le second I'ut appergu par lui Ic n Janvier 1789. Le troisieine Int vu le 26 mars 1794- J e qnatrieine i'ut appergu le ii Janvier 1787. Le cinqnieme liit appercu le 9 fevrier 1790. Le sixieme , le plus eloigne de tous , f'lit appercu le 28 fevrier J794. Void le tcaips de leurs revolutions. Jours , lieu. niin. Le nouveau satellite interleur 5 21 i5. Le spcond ( un de ceux qui etoient connus ) 8 17 1, Le troisieine 10 20 Le quitrieme ( Ic second des connus ) i3 11 5. Le cinf[uieine 38 1 49- T-e sixieme , 107 \6 /^o. Mais une pariicularite qu'ont ces satellites , c'est que leur mou- vement est retrograde, tandis que cehu de toutes les autres pianetes est direct. On sait que pour expllquer le mouvenient retrograde , il suf'fit de supposer le changement du plan de I'orbite. Supposons que le plan de I'orljito soit cettc f'euille de papier, et flue le niouvementse f'asse dc droite a gauche. Supposons que Ic mouven^.ent se fasse au verso de cette meme leuille de papier, toujours de droite a. gauche ; on voit que ces deux mouvcmens seront retrogrades I'un par rapport a I'autre , c'est-k-dire , seront en sens contraire. II faut done S'lpposer que les plans des orbites des satellites de ITerschel sont dans un sens oppose aux jjlans des orbites des autres pianetes. Herschel avoit cru appcrcevoir , a sa planete, deux anneaux ; jnais ayant yerifie ses observations, il a cru reconnoitre qu'il s'etoit tiorape. II paroit que lesplanetes ont d'autant plus de satellites, qu'elles sont plus eloignees du soleil. On n'en connoit point a mercure ni ^ venus. La lerre en a un. Mars fait une exception k cette regie ; par on ne lui en connoit aucun. Jupiter en a quatre ; saturne en a sept etun anneau. On en connoit deja six i Herschel, ct 011 Jiii a soupconne deux anneaux. 87°. Comete , siuvant Lalandc , et 9'' , suivant Zacli). Messier, le 20 germinal (12 avril 1798, ancien style), a decou- ET D'HISTOIRE NATURELLE. „ vert une comete qui paroissoit tres-petite et sans queue. La duree tie son apparition a etc de 4-3 jours, pendant lesquelsclle a par- couru 102 dej^res en ascension droite , suivant I'ordre des signes , et 45" i en declinaison boreale. Burkand en a calcule Jcs elemens de la maniere suivante. Longiuide du perihelie 3' 14 59 o Longitude du nceud ascendant 4 2, 9 o Inclinalson de I'orljite 4^ ^a 16 Passage an perilielic, le 3avril, 11 lacur. 41' 4^" » tem])snioyen. Saplus petite distance k la terra a ete le 3o avril , de 32 millions \ de Jieues environ. C'est la vingi - unleme comete que Messier dccouvre depuis 1758, et la 87=. dont on ait calcule I'orlnte. Bouvard a apper(ju , le 16 I'rimaire , a 6 heures du soir , dans la constellation d'hercule , une nouvelle comete : elle est petite, ronde el sans queue. On ne la voit point a la vue simple : son mouvement est tr6s-rapide du nord vers le svid. Ce seru la 88% si ce n'est j-yas une de celles que I'on connoissoit deja. Daiigos .T. oi. serve une comete, qui a passe sur Ic soleil, le 10 Janvier 1798 (v. st ). Etoilcs. Francois Lalande continue son grand travail sur les etoiles de riiemispliere Loreal. 11 a deja determine la position d'environ quaranle-huit millo. Le grand travail de la mesure des arrs du meridicn , depuis Dunkerque jusqu'a Barcelone, est acliev^ ; Uelambreet Mechain ont lini toutes les operations sur le terrain. Les plus grands soins y ont ete apportes ; chaque operation a ete verifi.ie un grand jiomlire defbis. Dans la construction des triangles, on se contente ordinairenientde prendre deux angles; mais dans celte mesure, on a mesure Ic plus souvent les trois angh s , pour corrlgcr ainsi les plus petites errcurs ; cnsorte que l^errcur totale de Dunkerque a B.ircelone n'etoit que de cinf| pouces. On a ensuile mesure deux bases , une entre Melun et Lieu- saint, qui est do ii838,5 metres, ou six mllle toises f^nviron , et I'dutre, de Perpignan a Narjjonne , est de 11702,6 me'.res. Le metre qn'on avoit d'abord fixe a 3 ])ieds 1 1 lign( s o,44 > sera pcut-etreun pen plus long On soupQonne qu'il sera a-peu-pres de 3 pieds 11 ligucs o,5o. Les mestires de capacite seront ensuite evaluees en Cuban t le metre, ou quelrpies-unes de ses portions , et le remplissant d'eau ^ une temperature donnee. Dcluc , ct ensuite Blagdcn , ont prouve que la pbis grnnde condensation de I'eau n'cst pas a zero, mais a 4° au-dcssus de «5 JOURNAL DE PHYSIQUE, D E C II I M I E zero. II faudra clone, comme je I'ai dit, se servir de I'eau^ 4' pour determiner la capacite des mesnres ponr les lif^uides. Tciites les aiitres mesures sc tireront en general du mStre. DELAPHYSIQUE. Les physiclens snpposent ordinairement les fluides composes dc pelites molecules solides, d'une grande tenidle , n'iiyant aiicnne ailheslon eiitr elles ainsique les geometres supposent la ligne composce de points. Kant, qui admet la divlsibilite de la matiere a Tinfini , sup- pose que les fluides sont fluides oj'iginah-ement , f[u'oii re pent supposer en eiix aucune molecule soUde ; parre qn'inie molecule lluide qnelconcpie est; composee de molecules toujours Jluides. 11 sii]i])ose que les parties de matiere sont toujours anif ees de deux forces , ratlractive ct ia repulsive ; que d e ces deux forces en naissent d'autrcs , la force calorique , la force lumineuse , la force eiectritpie , Ja force niagneti([ue auxquels doivent etre attribues tous les phenomenes de la chaleur, de la lumiere , de rdectricitc , du magnetisme et que , par consequent , il li'existe point de lluide ca!oric|uo, de lluide lumineux, de fluide maguetifjue, de fluide electrique Huiuboldt admet egalement w\\q force galv unique , ensort* qu'il se peut cpi il n'existe point de fluide giilvaniqtie. Blumenbacli a aussi parle \}^\\r\e force formative. , nisus for- niadvus , pour expliquer I'orgine des corps organises. Mais fieil a fort bien observe que ce nisus formativiis etoit , ainsi que je i'ai dit, vne force de cristcdlisation , qiiifait prendre il la matiere organifjue, des formes approjuiees ^ comrae la prend la matiere inorganique , qui cristillise toujours dans les circonstances con- venables. En general , rn adopte aujourd'Iuii toutes mes idees sur la cristallisation generale dc I'univers , sur celle du globe , et sur celle des elres organises : et c'est sans doute ramener a une meme cause les plus errands phenomenes de la nature Or nous Savons que la cristallisation est un effet, i°. dela force il'affinite qui rapproche les molocuks lesunesdes autres ; 2°. de la figure ds ces molecules , c|ui s'arrangent suivant des lois constanies. Bar the z a dit que dans une bonne mf'thode de philosopher , ilfaut admet t re des causes gSnSrales occultcs, J'ai fait voir que ces expressions , ainsi que le systeme des forces , ne devoient point nous ramener aux idees cpie la phy- sique, moderne a eu tant de peine k bannir. Sans doute il est beaucoup E T D ' II I S T O I R E N A T U R E L L E, 4 beniiconp tie ];!ii>iiomt'iie.s dont !es causes nous sont encore incon- nues , et par conse([uent nous sont cachSes , occuJtes. Le geo- jnetre en pent calculer les eftcts , en se servant du mot deforce , qiii signifi.3 la cause de ce phenomene, quelle qu'elle soil ; mais il doit ensuite rendre <\ ce ternie sa valeur, lorsqu'il veut avoir dns resultats : de meme qu'il donneaux lettres als^ebriqvies leur valenr, lorsqu'api es avoir fini ses calculs , il veut en avoir dos residtats. ainsi /a force sonore est certainemcnt le residiat des niouve- jnens iiniirlmes au corps sonore et u I'air ambiant; mouvement que le phys'cien clierche a determiner. 11 en est de meme de la force gravifique ou attractive , de la force repuhive , de la calorique , de I'electrlque , de Li mognedque , de la gaha- nique Tons ces phenomenes sont les elVets de fliiides , dont le physicien cherche toiq"ours les lois Ses ellorts n'ont pas tlte heureux ; mais il doit les continuer. Toricelli, en decouvrant la pesantcur de I'air , rcsoUit tontes les difncu'tessur Mhorreurdu vide ,(\\\\q\.o\1 une Ibi-ce occulte. Que le gJometre roniinue ses calculs en se servant du mot force ; et que le physicien n'abandonne pas ses recherches sur la nature de ces forces. Cavendish, a cherche a. determiner , par des experiences di- rectes , la force de I'attraction. II a pris un tres-petit globe m^- talllipie qu'il a attache a une balance tres-sensible , semblable a celle de Conlonib , pour mesurer la force de I'elecLricite. II a approclie de ce petit glol^e , de tres - gros globes mevilliques : il a vu que le petit a ete attire. Calculant ensuite le rapport de densite de ces globes, et leur attraction comparee avec celle que la terre devoit exercer sur eux , il a trouve que la densite de la jnasse de la terre etoit a celle de I'eau, dans le rapport de 5 j a i, par consequent plus forte que celle qu'on assignoit , savoir de 4t a 1. Hassenfratz a donne un travail sur les areomdtres et sur la gravite specifique des corps peses dans I'eau. II pretend qu'un corps, par exemp'le, une substance metallique divisee en lames tres-minces, perdoit plus de son poids dans I'eau, que lorsqu'elle est reunie en une seule masse. II adhci-e , dit-il , a toutes ces lames , des couches d'air qui en diaiinuentla pesanteur speciiiqae , lors- qu'on les plonge dans I'eau Silvestre a fait voir que les areometres etoient connus par les anciens. Archimede lui-meme paroit les avoir connus. Girard a fait des recherches tres-interessantes sur la resistance des solides , et les solides d'egale resistance. II y a joint de nou Tome V. NIVOSE an-j. B lo JOURNAL DE PHYSIQUE, DE C H I xAI I E velles experiences siir la force et relastloite specifiqiies des bois tie chene ct de sajiiti. Falire s'est occnpe de la theoric des toirens et des rivieres II a develop]ie Ics tiioyenslesplns simples d'eii em peclierles ravages, d'en retrecir les lits , el d'en f'aciliter la navig.itl n , le liallage et la flottaison. 11 a accompagnd ses refU'xions d'une dissertatioa sur la navigation interienre de la France; et il les a termines jiar un projet de rendre Paris, |iort mariiime, en I'nisynt renionter k la voile, par la Stine , les navires (pii s'anetent a Rouen. M E C A N I Q U E. I-a mecaniqne a acquis nno nonvelle macliine liydranliqne , qni est extreniement ingenieuse. On I'a noramee belier hydrau- lique. I.es freres Montgolfier et Argnnt en ont fait voir, a I'aris, un modele , qui elcvoit I'eau a plus de trente pieds,, et ils ont prorais d'en faire des applications utiles jionr les arts et I'agii- culture. Viallon a donne un cxtrait de son ouvrage , traitnnt d'nn nou- yeaii moyen d'elever les eaux par un double serpenteau, et niie pompe a helice , et par le simple courant des rivieres , en vertu d'impulsions et coxips de belier hydraulique. II a fait voir ces ingenieuses macliines. liiboud a imagine une nouvellc pompe , dont le principe est la rarefaction de fair par la combustion de matieres tres-inflam- m;il)les. Cette combustion chasse fair de la macliine, et la pression exterieure de I'atmosphere y fait monter i'eau. DELAMUSIQUE. Chladni et Jacquin fils, ont fait des experiences tr^s-curieuses sur la qualite sonore de differens gaz. Ils ont fait passer, dans une fliite d'etain de six pottces , 3°. Du gaz oxigene. lis ont vu qu'il donnoit un demi - ton plus bas que fair atraospheiique. 2°, Le gaz azote prepare do diverses manieree, donne aussi demi-ton plus bas que fair atmospherique. 3°. Le gaz hidrogene donne neuf ou onze tons plus hauts que J'air atmospherique. 4°. Le gaz acide carbonique donne une tierce plus bas. 5". Le gaz nitreux donne aussi a-peu-pres une tierce plus bas. 6'. Un msicien II a calcide la clialeur qui etoit pro- duite par iin foret qui perroit un f anon. Cette qiiantite a ete, en deux licnres et demie , cipjble d'tltjver a. la thaleur de I'eau bouillante, vingt-six livres d'eau i inquante-six centiemes. II a ensuite calcide la quantite de combustible qu'il f'audrolt pour prodnire le meine et'f'etj et il a trouve qu il f'audroit neuf Ijougies de cire de | de pouces de diametre , cliacune brulant ensemble d'une flamme claire et brillante. L'auteur passe ensiilte a d'autres experiences , et prouvc que les lluides Kont des non-conducteurs de la clialeur. On savoit deja que I'alr conduisoit mal la chaleiu' ; niais les experiences de l'auteur lui ont appris qu'il en etpit de n.eitie de tons les autres fluides , I'eau , I'huile , le uiercure.... « Si done , ajoute-t-il, toute 3> communication de clialeur de molecule a moL^cule, oudeproclie >• en proche, est absolument impossible dans ces divers fluides , " soit elastiques, soit non clastic[iif s , et d'alUeurs si essBDtielle- 3J ment difterens les ims des auties , n'est-on pas fonde a con- » clure que cette propriete est commiine ^ tous les fluides , :» et qu'elle est merae essentielle a la fluidite » f B2 52 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE II hint relire toutes les consdquences inttiressantcs que I'auteiir tire lie toutes ces exper'enccs. Nous ajouteroiis seiilenierit qn'il penche jioiir I'Dpinion qui ne rcgirde point le feu on le ciilorique coinine une substance particuliere on fluicle subtil ; il le regarde plutot comme ^^na force des corps chauds. I'. F., Portu^ais, a donnc ini memoire, dans lequel il pretend que dans la pulverisation des corps, il y a dcgagement de calo- riquo , comme dans la solidification. I''evaporation prompte , produit un froid proportionne ^ la rapidite de cette evaporation. Lorsqu'on comprimo lortement de 1 air dans un vase ou il y a un peu d'eau , et qu'on ouvre ensuite le robinet pour laisser echapper cet air , on volt I'eau se con- geler au bout de ce robinet. ' • DU FXUIDE LUIIINEUX Les sciences physiques, arrivees au point ou clles sont , doivent beaucoup travailler sur le fiuide kiinineux, ainsi que sur tons les autres lluides. Prevot donna, il y a quelque temps , un travail , par lequel il chcrclioit a prouver le poids du lluide lumineux. Tingry nous a donne une suite d'obseivations I'aites pendant plusieurs anneos , qui lui ont I'ourni les niemes resultats. 11 a renl'ermo des Jiuiles dans des vaisseaux bicn f'ermes. tiles ont ete exposeesa. la lumiere : et au bout d'un certain temps, leur coi^leur , leur consistence ont ete alterees , et leur poids a beau- coup au^mente. . .11 pensequeccs efl'ets sontdus au lluide lumi- neux: qui s'est combine avec ces huile's : done ce fiuide pese. Mais les combinaisons de ce fiuide avec d'autrcs corps, doit donner de nouveaux produits. 11 pense que le fluide lumineux , combine avec I'oxig^ne et le calorique , lorme le gaz hidrogene ou inflammable. II distijigue la lumiere du lluide solaire ; celul-cl lui paroit luie combinaison de la lumiere et du calorique , ou du feu ; car il pcnse comme Deluc,que la lumiere est nccessaire pour donner 'an feu la pro]iriet6 d'ecliaull(?r. Toutes ces experiences , sur le poids de la lumiere , sont si delicates, qu'elles doivent etre repetees avec le plus grand soin. Le docteur Bonvoisin avoit dit que le turbith mineral ou sulfate de mercnre, expose ^1a lumiere , augmentoit de poids. Humboldt ayant repete , avec beaucoup de soin , ces experiences , ])retend avoir reconnii Ic contraire. 11 suppose que I'erreur du docteur Bonvoiain vient de la decomposition du verre, et de sa qualite ET D'HISTOIRE NATURELLE. ]3 liycroscopique , qui le rend capable d'attirer rJiuuiidite de I'at- mosphere , it par consetpient Is rend ])luspesant. Tingry a aussi fait des I'echerclies sur la phosphorescence des corps. II ra])pelle les corps phosphorescens a deux points iixes. Le premier comprend les cas oii la luiuiere , priiuitivemont engagee dans un corps doue d'orgariisation , se libere des en- traves de la condiinaison, par rel'f'et d'un niouveuieiit spontane , tel que la piUref'action , ou par celui d'une force coinaiuniquee. Le second point cojiqjieiid les cas,OLi la lumierc lilire , la lu- miere I'aisant partie du fluide solaire , cede a une allinito parti- culiere avec les corps en contact , et a la faveur desquels elle abandonne la mobilite qvi'on lid reconnoit dans le fluide solaire. DU FLUIDE EiECTRlQUIi, Tingry a examine la mture du flui 1 e electrique. II briile , il detonne Ce qixi lui fait penser que c'est un melange d'liidro- gene et d'oxigene , unis par la chaleur. Ce fluide , di^-il , se de- compose et se recompose, comnie Tout avance Sa assure et olu- sieurs autres physiciens. L'huinidile jiaroit contrihuer u I'odeur partiouliere qu'a lo fluide electrique. C'est ce que prouve une experienc;' de Pictet. -Si on diriee le courant du fluide electrique sur des cartes parf'ai- tement scenes , on n'a point d'odeur ; mais si elles sont humidcs , on a I'odeur phosphoree du fluide elcctiique. Vassal! , prof'esseur ii Turin , a oljscr'/e que le sang qui sort d'une artere ou d'une veine , a iiue eieci.ricite positive, tandis que les excretions ont une electricite negative. II a fait construire un vase mecallique qui communique avec un electroniotre do Bennet ; il reroit dans ce vase , (ju il isole, le sang q:u sort de la veine ou de I'artere ; et aussitut les deux j etites tcuiiles raetal- liques s'ecartent. Si, au contraire, on luiue dans le vase, Felcc- tricite est negative. Ces experiences deviennent interessanres par les rapports que Volta, et plusieurs autres physiciens, croi ;nt avoir apper^u entre le fhude electrique et le fluide galvanique. Plusieurs physiciens , et Piiestley particulierenient , pen- soient que I'electricite avolt toujours besoin d'un corps qtiel- conque pour se communiqiier. « II fatit necessaireuient, dit - il , >• quelque substance pour conduire I'electricite , et elle n'est pas « ca^l)le , par son propre pouvoir expansif , de s'etendre dans » des espaces vides de toutes ma ieres ^■>. .... On avolt ete <'on- dnlt a ces resultats par des experiences qu'avoient faites WalsJi. i4 JOURNxVL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE et Deluc, avec des Ijaioiuetres paii'aitement purges d'air. L'elec- triullo kuravoit paru ii'y pas jjeii trer. Treinery vient de fuire des experiences qui lui ont prouve le coutraire II a paii'aitenicnt purge d'air uu barometre ; il a fait cominuniquer , par une tige nietallique , le inercure avec un cou- ducleur eltctrique ; et dans I'liistam la parlie vide du barometre devint luiiiiueuso. Ceci s'opere par la quallte expansive du ilulde electrique , c'est-a-dire yax I' action repulsive de ses molecules. Dii l'air atmospherique. Cet air, sur lequel on a tant travaille, est encore peu connu. On I'a cru un melange de 0,37 d'air pur, et 0,7s d'azote. J'avcis dit , avec plusleurs autres physiciens, qii'il contenoit toujours de I'acide carbanrque. I,es nouvelles experiences de Humboldt nc laissent aucun doute a cet egard. II a prouve qu'il y avoit ordinairenient jus([u'a 0,014 d'acide carbonique dansl'air jUmospherit|ue 5 que le niaxiiaum alloit jusqu'a 0,018 , et \q mi- ninium a o,oo5. Cette (puntlte d'acide carbonique est slf'ortement liee a I'azote ot i i'ox'gene, c[ue la plus graiide quantite d'eau contenue dans ratmospiierc ne pent Ten separer. On avoit aussi cru que cet acide , par son poids , retomboit toujours vers la tcrre, et ne pouvoit s^elever a une certaine hau- teur'; mais Ilumljoldt a iait voir le contraii'e. De I'air , que Garnerin avoit pris £l 670 toises d'elevation aerostatique , con- tenoit encore beaucoup d'acide carbonique. Humboldt a prouve encore que ce n etoit pas la seule quantilo d'oxigene, ou air pur, contenue dans I'air atmospherique , qui le rendoit pro]ire 5 la respiration ; car ila trouve d ms des mines, des moffetes qui eteignoient les linnieres , tuoient les animaux, et qui neanuioins contenoient jusqu'a 0,27 d'oxigene. Ce n'est done point le dei'aut d'oxigene qui rendoit ces moiietes si nior- tellcs, mais c'est la maniere dont cet oxigene est combine. L'air atmospherique n'est done pas un melange simple de 0^27 d'oxi- gene , de 0,72 d'azote, tt de o^oi d'acide carlionique. Mais il y a une veritable combinaison de tons ces principesunis a I'eau.... Le meme savant a fait construire un petit instrument, qu'il nomme antracom^tre ( mesure de charbon ), pour evaluer avec plus d'exaclitude la quantite d''acide carbonique contenu dans l'air atmospherique. Cet instrument indique jusqu a o,oo3 d'acide carbonique . II a aussi examine les differentes nianieres conr.ucs pour eprouver la purcte de Pair atmorpherique. II a fait voir que le ETD'HISTOIRENATURELLF. i5 pliospliora etoit lui luoyen tres-lnliclele, piiisqne , dans iin air oii le pliospliore re brule plus , le s,az nitreux lui a encore decoii- A'l-rt do'.uis 0,07 jns![u'a 0,13 il'oxigene. D'ailleurs, le gaz azote qui tient du phosiiiore en dissoliuion sans bridcr , pent contenir j:;S(j'.i'a o,i3 d'ox-iaene t\ne le fz "z nitreux ne sauroit denionlrer. Euiin , le pliospliore se oissout dans les gaz azote et oxigene , et y forme des oxides a double Ijase de pliospliore et d'a/,ote , les- qTiels ii appelle phnsphores d'azota oxides , que le gaz nitreux ne ilecouipose (ju'en partie. Le gaz lutreux n'est pas non plus unbon inoyen euclio;rietrique, parce cpi'il contient toujours una porticm d'azote , quil est diffi- cile de determiner. Pour y parvenir , Humb ddt a ])rofite d'une experience de Priestley, lequel a fait voir que la dissolution dc sulfate de fer absorbe enllerement le gaz nitreux. On.peut done savolr par le res'idu quidemeure, laporiion d'azote f[ue contient un gaz nitreux ([u'on veut employer. Humboldt a fait un grand iiombve d'experieices , d'apres ces dernieres . pour consta er , avec la i)lus grande precision , la quantite d'oxigenc contenu dans I'air atuiosplierique. 11 a trouve que cette qnantito varioit -depuis 0,1?) jusqu'a 0,29. DE LA METEOROLOGIE. Conte a donne la description d'un nnuveau barometre tresiii- genieux II consiste a adapter a I'extremile inferieure recourbde du tube, qui est en fer, unrobinet lateral , qu'on peutlermcr a volonte. On vide pour lors la portion de uisrcure qui est abaissee, et on la pese. On salt le rapport qu'il y a cntre le dlametre du tube et le poids de niercuresorti : on porta, pnr exemple , I'instrument au haut d'un edifice; on le descend en bas , et on voit la quan- tite de mercure qui est sortie. Humboldt a fait construire, pour ses -voyages mineralogiques , iin barometre portatif , qui est tres-commode. Nous en avons donne la description dans le dernier cahier. Les observateurs soupconnoient depnis long -temps des mou- vemens diurnes dans le I)arometre, 1-e Due - Lachapelle vient dc les confirmer. II a constate , 1°. Que le barometre est constamnient ascendant a sept Iieures du matin, 2°. Qu'il est descendant a deux Iiaures et demi aprcs raidi. 3'. Qu'il est ascend:int k dix lieures ct demi du soir. 4°- Qu'il est descendant apres minuit. L'auteur attribue les causes de ces variations avix differens l6 ,TCrn>TAL DE PHYSIQUE, DF CIIIMIE (legres liysjiomelriqucs de I'air , a Taction de la clialeur , ii I'at- traction dn solcil. \ Cottea donne la description d'un iiouveau thermometre,cons- truit ]iar Leiuaistre. II pent indiqiier en Tabscnre de Tobservatenr, le ]ilns liant point de dilatation. 11 est compose d'un tube coude en trois portions. I^a portion interieuro qui a une boule , est reniplie d'alcool. Au-dessns de cet alcool on a vei-se du nieicuj'e qui remplit un tiers des tubes. Sur la surface de ce raercure est un flotteur de f'er qui a de pelites Ijranclies , lesquelles s'ecartent , de maniere que lorsqu'il est monte a una certaine hauteur , pousse par le mcrcure , il dcmeui'e fixe , si le mercure redescend. Saussure pere a fait voir ([ue la. temperature d'une riviere , telle que I'Arve, qui sort des glaciers, souifre de grandes va- riations diurnes. A I'anrore d'une journee d'ete , par un beau temps, la temperature de ses caux sera k ii , k la degres. EUe se relioiuit ensuite jusqu'a 9 i )o heures, oii elle se fixe cntre a cj , k lo'. Apres avoir ete statlonnaire pendant quelque temps , elle s'cchaufl'e jus()u'a 11 Jienres du soir , que sa tem])e- rature monte a i3 , a 14^. Le ref'roidissement recommence cnsnite. Ii cah.ide la masse de cabirique necessalre pour londre les Cjlaces qui doivetit alimenter line riviere comme I'Arve, dont les t!aiix , pour un jour d'ete , sont estimees iin million de toises (■ul)cs. II laut une masse de oalorique egale a celle qui eleverolt 11 n million de toises culjes d'eau k une temperature de 60°. Lainark a public ses olwervatlons sur I'infiuence qu'a la Inne sur I'atmosphere terrestre. On savoit qu'elle y produisoit des cliargemens , lorsqu'elle etoit jierigee ou apogee ; lorsqu'elle eroit en opposition ou en conjunction Mais I'auteur a cru ]emarquer une autre cause de son iniluence ; c'est pendant fju'elle ("St en deca , ov on-dela de I'equateur pour nos contrees : il a]ipe]le constitution boreale , lorsqu'elle est au nord de Tequateiir, et constitution amtrale , lorscpi'elle est au sud de I'equateur. cc L'observalion m'a convaincu , dit-il , que dans ce climat , pendant une constitution boreale , les vents qui regnent princi- palement sont dt-s vents de sud , de sud-ouest et d'ouest. Le plus ordinaireincntle temosest pluvieux ou huinide, et Pair est charge de beaucoiip de nuages : enflu c'est particulierement dans cette constitution qu'on voit naitre les tempetes, les orages , lorsque les causes qui peuvent y donuer lieu viennent a agir. » Au cotitraire, pendant une constitution aiis^rale , les vents qui regnent ]n-incipalement sont de nord, de nord-ouest , et dans I'ete des vents de nord-est, et meme des vents A' est. Le temps est ET D'H ISTO IRE NATtTRELLE. j_ est commiinement clair, I'roid et sec en etej c'cst rarcment , et pevit-etro jamais qii'il se I'ornio des orates 5j. On avoit des doutes sur la veriLable hauteur du barometre sur les hords de la raer. Fleui-iau-BcUevue, qui avoit fait des obser- Taiions suivies pendant jdusieurs annees a la Rochelle , les a coin- parees avec celles des auires observateurs : il en conclut , fiue la hauteur moyenne du barometre, sur les bords de la mer , devoit Stre fixee a 38 pouces 2 lii'^nes -f-". Et selon les nouvelles nicsures , a y6 centimetres 44- D'oii il resulte qu'on doit fixer le niveau des eaux de la mef a 211 pieds plus bas qu'on no I'evaluoit ordinairement , ou sup- poser lelevation des montajrnes de 211 pieds plus considerable qu'on ne le lait en partant de i'ancienne appreciation de 28 pouces. On sait qu'il y a un thennometre place dans les caves de I'ob- «ervaroire de Paris , k 84 pieds de prolbndeur. Sa temperature Tarie pen Eile est un peu plus grande en hirer qu'en ete. Maximum p . 58^ en hiver. Minimum 9 . 56 5 en ete. H seroit bicn a desirer que les physiciens cjui se tronvcnt proche de souterrains , fissent de semblables observations. Maurice , a Geneve , fait des observations therraometriques , a differentes profondeurs en terre ; et la tenq^erature varie d'autaiit moins que la protondeur est plus grande. Je ra'e:ois apper^u qu'il s'ctoit glisse quelques inexactitudes dans les observations faiies a Paris , sur la declinaison de Taigiiille aiinantee. Nous avons recherche les causes de ces petites inexac- titudes ; et apres un grand norabre d'epreuves faites par Rouvard , Cotte , Humbolt, Fleuriau et raoi . il nous a paru qu'on ponvoit fixer celte annee, aux environs du solstice d'ete , cette declinaison, a rObserva'ioire de Paris , a 22^ i5' 27'' ; Et rinclinaison a environ 70" 35'. De nouvelles observatloTis faites en brumaire ont fixe la decli- naison a 22" i3'. Ce qui confirme les precedentes ; car, h. cette epoque , la declinaison est toujours raoindre. La propriete magnetique du cobalt est aujourd'hui Ijien re- connue , et on en fait des aiguilles de boussoles. 11 s!agit de consiater si le cobalt ne contient pas toujours quel- ques poriions de fer. On Yoit souvent eclater des globes de feu qui se precipitent du ham de I'atmospheie. Le docteiir Chiadni a recueilli beaucoup de faits ^ d'apieS losquels il pretend que la chue de ces globes ro/7^er. NIV0SE«/z7. C j8 journal de physique, de chimie de feu est accorapagn^e souvent de masses de fer assez yoIu- mineuses. Humboldt, supposant la vdrite de ces fails , en a chcrclie la cause physique. On salt, dit-il, que le gaz liidrogenc jieut vola- tiliser du fer. Ce gaz liidrogenc Ibrnie des nusges de plusieurs lieues au haut de i'atmosphere : une 6leincelle electrique I'en- flammant , le fer qui y est dissent se reunit en une seide masse , et tombe sous forme de globes enllanimes. Je crois que ces fails meritent d'etre blen constates , avant d'en recherclier I'explication, DU FI,UIDE CAI, VANIQUE. Nous avons eu cette annee un grand nombre de travaux sur le fluide galvanique. Sue a fait plusieurs exp^-rlences interessantes sur cet objet et Sur la vltalite. flalle , au nom d'une commission , a fait un beau rapport sur ce fluide , et stir las effets qu'il procluit. Huniljoldt nous a fait connoitre tout son travail sur cet objet, et a fait quelques nouvelles experiences. Quoique les faits se multiplient , nos connoissances sont encore pen avancees sur la nature de ce fluide. Galvani, Volta , et beaucoup de pliysiclens, croient que ce lluide est de la nature du fluide electrique. Fontana , Fouwles, Humboldt pensentque le fluide gal- vanique est (.Uiierent du fluide electrique; et ce dernier pliysicien Ibnde son opinion sur ce que le fluide galvanique n'a pas le* raemes conducteurs que le fluide electrique. A ,\a flamme ; ^, la fumee; c, le vide de torricelli ; ^ , les OS humains J e, le verre incandescent, sont isolateurs du fluide galvanique , c'est-a-dire , qu'ils ne le conduisent pas , et qu'on jie peut galvaniser par leur moyen ; tandis que ces memes subs- tances sont de tres-bons conducteurs du fluide electrique. Z,e fluide galvanique Jorme une atmosphere autour des corps des animaux . Car si ou plonge dans I'eau une greiiouille pre- paree , et qu'on en approciie un metal , la contraction a lieii avant que le metal touche la grenouille. On a egalement contrac- tion , en employant les seuls metaux avant qu'il y ait coaitact. Ces faits supposent I'existence d'une atmosphere de fluide gal- vanique, Le Jluide galvanique ne paroit se trouver iii dans les vdge- taux , ni dans les mindraux, Cependant il est des vegetaux. ET D'HISTOIRC NATURELLE. ^g tels que le cliarbon , et des mineraux , tels que les metaiix quL en sont conducteurs. La chaleur augmente dans les metaux leur capacite pour etre conducteurs du liuide galvanique. Humboldt n'a jamais observe aucun eft'etdu galvanisme sur les plantes les plus sensibles, tels que I'hedisarum girans , la mimosa fudica Cependant Rata vient d'avancer le conlraire dans sa Flore danoise , publiee a Copenhague. Le Jluide galvanique d'un animal paroit avoir une action plus marqude sur les autres animaux de son espece que surceux d'esp^ces differentes. Humboldt s'etant fait appliquer des vessi- catoires sur le dos , et un fll metallique passant sur ses plaies , et communiquant ensuite sur les gencives d'auires personnes, elles eurent un gout acide a la bouclie , et eprouverent une espece de lueur qui ressemblolt en quelque fa^on a un eclair. La merae experience , repetee en faisant comrauniquer le £1 de metal k une grenouille preparee et aux gencives dunhomme, ne produit plus les memes effets. On eprouve le meme gout icide et la lueur phoS])1iorique , en armant le dessous de la langue d'une lame d'argent, eL le dessui d'tme lame de zinc, et en faisant communiquer ensemble cesdeux lames. A I'instant du contact, on ale gout acide etla lueur phos- phoriqvie. Si on ariue la langue de zinc , et I'anus d'une lame d'argent , et qvi'on fasse communiquer cesdeux metaux par le moyen d'un fil d'archal,on eprouve au meme instant le gout acide, des eclairs devant les yeux , un malaise , des crampes , des douleurs dans le bas-ventre , et souvent on est purge. Ce gout acide ne paroit pas indiquer a. Humboldt que le liuide galvanique soit acide ; mais il croit que cet acide est produit par des combinaisons que lavorise le fluide galvanique. Cet acide pent etre ou de I'acide carbonique , ou de I'acide phosphorique. Quand k la lueur phosphorique , la cause Vie.TO. est point connuc Humboldt pense que les phenomenes que produisent la torpllle, le gviimotus electricus sont dus an galvanisme. il pense aussi que le fluide galvanique est produit par le cer- veau, par les ganglions , et meme par les nerf's C'est leur secre- tion , ou ce qu'on appelle comraunement esprit nerveux, esprit animal. Ce fluide est ensuite porte dans tout le corps par ces memes nerl's jMais il ne coule pas dans le nerf , comnie le sang , par exemple, Ca ao JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CIIIMIE dans les arteies : raais il'est phitot transrais, comme Test le fliiule electrif[ue, le long d'un coiniuctem" inetalli(|i]e. l.e ilulJe gaWa- niqne ne pent etre considere , ni conime tin flulde nf|iieiix , ni comme uii llulde spiritueux, ni comme iin fiukle Iniiltjux II seroit done plutot d'une nature analogue k celle du fluidc electrique. II se pent qu'il ne soitque la modilication d'un autre flnide , qui se trouveroit dans les plantcs comme dans les anlmaux,et qui auroit plus ou moins de rajjport avec le fluide electrique. DE LA ZOOLOLOGIE. De I' Homme. Blumenbacli , dans ses observations siir qvel- qiies mondes t'gyptidnnes , ouvcrtes a Loitdres , adressees a Jos ph Bancks le lo avr'tl 1794 > adopte , avec plusieurs natura- listcs , cinq varieles de I'espece humaine. II a trace une care uu globe , sur laquelle il marque , par des couleurs dil'f^rentes , ces diverses races d'liommes (1). IJnne et plusieurs naturalistes , n'avaient admis que quatre grandes races Immaines , habitant les quatre continens , savoir : les europeens , les asiatiques , les alricains et les americains. Blumenbach en conipte unc cin- qui^ine , qui est la malaise, ll a doime aux autres races des noms dili'erens de ceux de Linne , parce qii'il ne les confine pas aux memes localites. ( Voyez la planche ci-jointe). !"■ Race caucasienne. C'est I'europeen de I,inne. Elle se trouve , suivant Blumenbacli , au Caucase , en Perse , dans rindostan J en Arable , dans toutc les parties septentrionales de I'Afrique , jusqu^'en Abissinie , dans toute I'Europe , et s'^tend tout le long de la chaine de FOural jusqu'a la nouvelle Zemble. Le caractere de cette race est d'avoir le visage ovale , le nez lin et alonge , plus ou moins ; les levres minces , les yeux a line moyenne distance , les cheveux longs ... Les hindoux ont les oreilles placees tres-haut. II. Race mongole. C'est I'asiatique de Linne , ou le tartare. II se trouve , suivant Blumenbach, dans tout le nord de I'Asie , occupe la Chine , le Japon , s'etend jusqu'i la presqu'ile de Malaca , et a la cote du Pegu. On la retrouvc i la partie orien- tale et boreale de la Laponie, en Greenland et dans tout le nord de I'Amerique. II y en a une peuplade h. la partie orientale de la mcr Caspienne.' On en trouve aussi jusque sur les bords du Danube , en Hongrie. 4*) EUe m'it cle communiquee par un voyageur. ET D'lTISTOIRE NATURELLE, ^^ Lcs caracteres principanx de cette race sont v.n Front plat et large sur les coles , pnintii a la partie siiperieure , un nez tres- pelit. Leurs yeux sont letits et enfoncos , leurs levies grosses ; leurs joiics sont saillaiiies, le nienton termij'e en poiiite , Jeurs cheveux plats et noirs ; leur teint est plus nu nioins jaunalre III. Race dtliiopienne Cette troisienie race est ralVicaine de Linne , oi les negres. Elle occupe toute rAfriijiie , jusqii'aiix Can;iries el ii la-Barbaiie , et s'elend en Ethiopie et en Egypte , a la partie occidentale de la mer Ronge ; car il pense , avec Volney , que lcs anciens f gyptiens ctoient de cette race. On lcs retroiive a. la partie occidentale de Madagascar , dans la NoiiTelle-Hollande , la Nouvelle-Guinee. Les caracteres principanx de cette race sont le nez epate j lenr front est plat , leurs joues proeminentes , leurs levres grosses. Leur nius-au est saillant, leur inacliolre inf'erieure fait meme une relraite en arriere j leurs clieveux sont crepiis.... IV. Race malaise. La quatrietne race est la malaise , ainsi nominee parce cpi'dle se trouve dans la presqii'ilc de Malacca. Elle occupe toutes les lies de rArchipul indien, la partie orieji- tale de Madagascar , la Caledonie , la Nouvelle - Zelande , et toutes les lies de la nier du Sud, Les caracteres principaux de cette race sont, un teint olivatre , approchant plus ou moins du noir ; leur visage est long, les yeux sont noirs , ie nez d'une grandeur mediocre, les levres minces, les dents noircies par le Letel ; leurs cheveux sont longs.... V. Les amertcains. C'est I'americain de Linne. Cette race occupe depuis la Californie , d'un cote , et les Etats - Unis de I'autre , jnsqu'a I'extremite meridioiiale de 1' Amerique.... Les caracteres principaux de cette race sont , le teint d'une coultur cuivreuse , plus ou moins f'once ; le front grand , les yeux petits , les narines ouvertes , les levres grosses , les che- veux longs ; ils ne paroissent pas avoir de polls , mais c'est qu'ils se les arrachent, ainsi que la barbe. Cette enumeration des differentes races d'liommes n'est peut- fc'tre pas assez elendiie. II estplusieurs peuples qu'onne pourroity faire entrer qiie difficilement. Les lapons , par exemple , pourroient bien etre regardes comme race primitive. Buffon les regarde comme tels , ainsi que les samoiedcs , les groenlandois , les habitans du nord de r Amerique.... Les patagons , si tons les rapports des voyageurs , a leur egard , sont exacts , different beaucoup des autres americains... II faut observer d'ailleurs que toutes ces races se meUngent / zi JOURNAL DE PHYSIQUE , DE CHIMIN sans cesse, ce qui procluit des races de metis qui reinplacent les races primitives. Prenons I'EgYpte pour exemple. Nous ignorons qiiels ont ete ses premiers liabitaris. Mais voila ce trj^ui nous paroit de plus certain , d'apres les i'aits historiques. 1°. Feuple hlanc. Nous pouvons supposer qu't\ une epoque tres-ancieime, I'Egypte etoit habitue par des Wanes j car Platen, clans soir lameux passage du Timee , on le pretre de Sa'is ra- coaite h. Solon la submersion de I'ile Atlantique , dit : « Le :» peuple de Sa'is aims beancoup les atlieniens, parce qu'il se » croit de nienie origine. Aussi Solon , dans le voyage qvi'il » iit en Egypte , y iiit - il accueilli avec la plus grande dis- j' tinction «, Or , les athenlens etoient certainement de la race lilanche : 31 f'alloit done que le peuple de Sais f'ut aussi de la meme race. II est vraiseinblable que les pelasges , peuple blanc , avolent Iiabite I'frgypte. 2°. Negres. Diodore de Siclle rapporte que « les etiiloplens y> disaient que les <5gyptiens etaient une de leurs colonies , qui 3> fut menee en Egypte par Osiris ». ( Diodore de Siclle, liv. 3, chap. 2}. Blumenbach dit que , d'apres les cranes des momies d' Egypte, on pent adopter au molns trois differences principales dans le caractere national des phisionomies des anciens egyptiens , a ,\a. premiere , est celle des ^thiopiens , qui rapproche beancoup des negres ; car 11 pense , avec Volney , que les anciens egyjjtiens etaient de cette race , comme I'annonce la figure du sphinx, b , la seconde race des anciens egyptiens , rapprochoit beaucoup des hindoux , et etait par consequent de race blanche, c , la troi- sieme paroiC une I'ace melee , qui tient des deux autres. II se pcut done que les premiers habitans de I'Egypte aient ete des blancs , soit atheniens , pelasges , ou hindoux. La seconde race aura ete negre. Le conquerant Osiris , descen- dant des montagnes de I'Ethiopie , aura conquis I'l gypte , et i.'y sera fixe avec son peuple negre : ce sont peut - etre ses suc- cessenrs qui ont regne avec tant d'eclat en Egypte, sous les noms de Pharaons , et qui eji auront chasse les atheniens , les pelasges... auront fait le sphinx a leur image.... 3°. Les perses. L'empire des Pharaons fut detruit par Cambyse , fils de Cyrus , et L-s perses s'y etalilirent. 4^ Les grecs. Alexandre s'emp.ira de I'Egypte sur les perses ; ET D'HISTOI RE NAT URELLE. aS et les Ptolemees, ses successeurs, y amenerent une grande quan- tite de grecs. 5°. Les romains. La mort de Cleopatre livra I'Egypte i Octave et h. ses successems. 6". Les arabes. Omar , Talcoran d'une main et le sabre de I'autre , fit detruire , par Ainrou , I'empire des romains en Egypte , pour '\i porter , disoit-il , la v^ritd et le bonheur ; mais , dans la reatite , pour s'emparer des richesses du pa^s , en tuant et egorgeant , comme tous les conquerans. Les arabes y introdul- sirent des raiUces elrangeres, venant du Caucase et des envi- rons , lesquelles s'emparerent souvent c!e I'autorite. 7^. Les tares. Selira , en i532 , detniislt I'empire des arabes en Egypte , et y etablit celui des turcs. II y laissa subpister les jnilices etrangeres. On voit que , d'apres nos fastes historiqiies . voila sept grands peuples qni se sont empares tour-k-tour de I'Egypte , et vraisenj- blablement il y en a eu d'autres. Le pretre de Sa'is parioit d'une epoque qni remontait a huit mille ans. En supposant que ce soient des annees semblables aux notres, ou au moins des an-t iiees de 36o jours, cela dateroit de plus de dix mille ans , car Solon vivoit environ cinq cents ans avant I'ere vulgaire. ■ Or , tous ces divers peuples qui ont occupe I'Egypte s'y sont etablis , y ont attire des negocians de differentes nations. Tous ont contracts des alliances , soit avec les naturels du pays , soil entr'eux. II a du en naitre des races melees. Comment done re- connoitre le peuple primitif? Si c'etoit ici la place , il ne seroit pas difficile de faire voir que les memes evenemens ont eu lieu tbez tous, les peujiles de la terre. .,<_ -r, i , ':,^,.".;' Quelquefbis meme les peuples vainciis ont ete cxtcrmlnes ou deportes. Cest ce qu'ont fait souvent les nations enropeennes modernes, qui sont beaucoup plus lt3roces que les anciennes. Dans t6ut larchipel du golfe du Mexique , il ne reste pas un seul americain. II n'y a que des blancs , des rioirs et lenrs m^fcls. Dans les etats-unis d'Amerique , il n'y a pas un seul des pre- miers habitans. La belle race d'hommcs est celle des blancs , ou europeens , ou caucasiens. EUe reunit les beaules des proportions du corps , la force, I'agilite , aux brillantes qualites de I'esprit et du cgeur ; savoir , les grandes conceptions du genie , les afiections fortes , le courage , la fermete. Camper avoit observe que , dans cctte belle race , la 4gne fasciale , qu'on tire de I'originc du front, a la commissure des 24 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE C H I M I E levres , est !\-pen-pres perpendlculaire k line autre l!e,ne tiroe du tiou auriculaireu I'oiivertnrc des narities. Ces deux iignes , dans la race hlauche , tant anrioiine que inoderne , font un angle d'eii- vlron 80 degres, tandis qii'il est de 90° dans le beau ideal des figures roinaines antiques , et va jusqu'a 95" dans le beavt ideal des figures antiques grecques. Dans les autres races d'liomnies, Tangle que font ces deux Iignes est bcaucoup plus aigu. II n'cst que de 70 degres cliez les negres et les kalnioucs. I^a [;roeuiinence des niaclioires , chez eux, fait disparoitro la saillie du ncz. On sent qu'il y a une grande quantite de nuances entre le beau ideal ani-i([ue, et le visage des negres , par exemple. Camper fait voir que celte regie pourroit s'appli(|uer meme aux aniniaux. Chez les oiseaux, par exemple , la ligne fasciale fait un angle tres-aigu avoc la ligne qui >ient du trou occi- pital. . . . On pent conrlure , en general , que I'aninial ad'au^ant plus de perfections ef d'intelligence , que Tangle que font les deux Iignes fasciale et palatine , ajiproche plus de Tangle droit. Sing^es. Cuvier et Gcoffroi ont fait un beau travail sur les singes. Pour dcjterniiner d'une ijianiere precise les caracteres propres a ces animaux , ils leur ont applique los jegles de Camper pour Thomnie. Ils ont suppose un plan horisontal , qu'iis n'ppellentj?alatm, forme d'un cote par une ligne qui passeroit d'un trou auriculaire k Taiitre , et qui , de ces deux trous , se rendroit ati traiicliant des dents incisives. lis tirent ensuite une ligne du milieu de ce iranchant des dents incisives ii la srnllie C|ue fait Tos frontal, entre les sourcils. lis appellent cette ligne fasciale , et angle fascial celui qu'elle fait avec le plan palatin. Chez Thomrae, cet angle peut etre , comme nous venons de le voir , de fjo" k 70°. Chez les singes, il varie depuis 6a'' jusqu'a 20". Chez Torang , le premier des singes , cet angle est de 63* kS6\ ^ Chez Tallouatte , le dernier des singes , cet angle n'est que de 23\ Cet angle est encore moindre dans la plupart des autres animaux. Vurnib avoit donne la description d'une espece de singe de Batavia , sans queue , qu'il avoit appele le grand orang- outang , on pan go , et qu'il croyoit le pren:iier des singes appro- ehant le plus de Thomine. Geoffroy a examine avec soin le sque- Ictte ET D'H ISTOIRE NATURELLE. a5 lette de cet animal , et il a reconnu qu'il n'etoit poiiit dela famille des orarigs , mais qu'il devoit fairc une espece particnliere. II est reni'irqaable en ce qu'il a le pied construit a-peu-pres corame celiii de I'homtne. Son. bras est tres-alonge , er toiiche pres- qu'a. terra , lorsqu'il est debout. Son bassin approclie beaucoup de celui de rhnaune ; mais sa tete , cette partie essentielle , dit- iere beaucoup de celle de I'hoinme. Le museau est tres-alonge , et presqu'autant que celui de lallouatte, car I'angle fascial n'est ?ue de 2.5^. Le trou occipital se trouve en arriere, en sorte qu'il aut de forts muscles pour soutenir la tete. A.ussi Tocciput a- t-il pour I'insertion des muscles releveurs de la tete , des cretes osseuses corame dans le lion. Lcs dents canines sont aussi fortes que celles da lion, en sorte que le corps de cet animal est celui de tous les animaux qui se rapproche le plus de celui de I'homiiie ; mais sa tete Ten eloigne beaucoup. Tout annonce que cet animal doit etre bipede comrae I'liomme , c'est-^-dire, marcher sur ses deux pieds. Sommering a donne un nouveau caraclere pour s'assurer du degre d'intelllgence des animaux II a constate , par un grand nombre de faits , que I'animal est , en general , d'autant plus intelligent , que Ic volume de son cerveau est plus considerable relativement a celui des nerfs qui en sortent. Le volume du cerveau de I'homme , compare a celui de chaque nerf qui en sort , est plus considerable que cliez aucun animal. Aussi est-il le plus intelligent. Chez I'ane , par exemple , les nerfs sont tres- gros et le cerveau tres-petit. II en est de m^rae chez le boeuf , le clieval Le meme savant a cherce a determiner le siege du sens in- terne , ou sensorium commune. II le place dans les ventricules du cerveaii. Ces ventricules sont toujours pleins d'un liquide , et tous les nerfs aboutlssent aui parois de ces ventricules. L'agi- tation quelconque de ce liquide pent done se communiquer aux nerfs, suivant lui. Cuvier a public sa Methode zoologique. II y distribue tous les animaux en sept grandes divisions ; 1°. Les mamraiteres. a°. Les oiseaux. 3°. Les reptiles. 4°. Les poissons. 5°. Les raoUusques. 6°. Les insectes et les vers. 7°. Lcs zoophites. Tome r. N I V O S E fl/2 7. D %6 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CIIIMIE Les deiix premieres classes , les jiiauuiiii'eres et les olseaiix ^ sont a sans^ ronge (?tchaud , ont deux ventricidcs au ccsnr. Les reptiles et les poissons sont a. sang rouj^e , froid ; c'cst-a- dlrc , dont la temperature n'est jms elevee avi-dessns dd celle du nulieai oii ils vivent. lis n'ont qu'un ventricule au coeur. Les autres especes sont a sing blanc. Cuvi^r a fait voir que les moUusquos ont un coeur. II croit que les insectes ont tine organisation toirle particullere , dont nous parlcrons bientot. Oiseavx. II y a quelques Meinoires particuliers sur les oiseaux. Poissons. I^acepede a public le premier volume de son His- toire dcs Poissons. II a d'abord donnii sa metliode nenerale de les classtr. II est entre ensuite dans la description de scs pre- miers genres. Reptiles. II y a des memolres particuliers sur quelques reptiles. Mollusques. Lamarck va publier une Concliiob^gie com- plette. Le nombre considerable de nouvelles coquillcs decou- vertes depuis quelques annees , rendoit insuffisans tous les ou- •yrages q'l'on avoit sur les coquilles. Insectes. Latreille a doime une Histoire des fourrais de la France , et celle de plusieurs autros insectes Un naturaliste a pviblie dcs observations curieuses sur I'arai- gnee tendeuse. II a fait voir que cet insecte tend ses fJls aveq beaucoup d art , qu'eUe va les attacher ^ des corps qu'elle ne peut voir. II eti tire la conclusion que ces aniuiaux ns sont pas conduits ici par la vue. II pense que ces auiraaux, ainsi que tous les animaux ii sang blanc, excepte peut-^tre les crnstaces, ont quelqu'antre organe. « II est vraisemblaljle , dir-il , qua les » antennes et autrfes tentacules , rem-placent chez les insectes et » les vers, I'organe de la vision 35. Le docteur Fischer a decrit une nouvelle espece d'insecte , qiri sont des petits vers , qu'il a trouve vivans dans la vessie natatoire d'une truite. lis vivoient par consequent dans un air qui contenoit peu d'oxigene , et qui etoit un melange d' azote et d'acide carboni([ue. II ne paroit pas f[u'on puisse douter qu'ils provenoient d'une generation spontanee. • _ ' Virev a donne I'liistoire des vers des intestins. II rapporte beaucoup de f'aits interessans. Jurine a trouve un nouveau caractere pour la distribution methodiquo des insectes. II le tire des cellules de I'aile ante- rieure, ou des nervures qui les fonnent , en prenant depuis le ET D'HISTOIRE NATUR EL LE. 27 point de Taile jusqu'a son extretnile. I) va blentot donner la description des hynienopteres , d'apres ces caracteres. BB i-'anatomie des animaux. Ecil a public un oiivrage sur les nerfs , dans lequel il proi:ve que ce qii'on nonime nerf n'est qu'uii compose de pkxsleurs- filamens enlrelasscis en differens sens. Chacun de ses filainens est compose d'une tuniqus nerveuse , tunica nervosa , qii'il appelle neurUcmc , rempile de la substance medullaire, II est pai'venu k scfarer ces deu:; substances par des moyers clii- miques. I.orsc-u'il vent avoir la tiiuique nerveuse > il fait tremper les nerlb dans une dissolution tie potasse , qui dissout la subs- tance medullaire. S'il veiTt avoir, au contralre , la partie medullaire , il emjiloie les acides , qui dissolvent la tunique nerveuse , et donnent de la consistance a la partie medullaire. Ces faits cletruisent I'hypoJiese que les nerfs puissent ag^ir comma des coi-des. La meme luethode a fliit appcrcevoir a Reil les fibres du cris- tallin , et qull etoit compose de dlfFerentes couclios. II a prouve que ces fibres se contractent on se relachent ; ce qui fait les vues longues ou courtcs , presuites ou myopes. Adains est parvenu , par le moyen d'un micrometre, a deter- miner les degres de convexite qu'acquiert le cristaliin. Humboldt , pour rendre tres - sensible la partie cendree dm cerveau dans les differentes coupes qu'on y fait , se sertdu sulfure de potasse , qui la colore fortement en brun-noir. L'anatomie comparee fait des progres coiisideral^les. Cuvier a donne plusieurs beaux Memoires sur cette partie. II a trouve neuf vertebres cervlcales a une espece de pa- resseux. C'est le seul exemple ^connu qui fasse exception a la regie generale , que les raammeaux n'ont que sept vertebres cervicales. II a aussi prouve que la sang-sue , qn'on avoit place'e parmi les animaux ti sang blanc , a du sang rouge. DELABOTANIQUE. Cette annee nous offre plusieurs travaux interessans sur la botaniqne. Uesfontaines puljlie sa Flore du mont Atlas , a laquelle il travaille depuis plus de quin;?e ans. Ce bel ouvrtge coutiendra la description d'environ seize cents plantes , dont trois cents Da 28 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CIIiailE nouvellfs , et deux cent cinquante a deux cent soixanie plan- clies environ , tres-bien dessinees et trcs-hien gravees ; six genres noiiveanx , et quelques-uns de reformes. La description , la syno- njmie ne laissent rien adesirer. Cette Flore donne la connoissance exacte de la plus grande partie des plantes des cotes d'Afrique sur la Mediterranee, depuis Tripoli jusqii'aux confins de Maroc. Parmi ces seize cents plantes , il y en a six h sept cents de com- munes ^I'Espagne, auLanguedoc et an midi de la France et de ritalie. Lamarck continue son bel ouvrage sur les illustrations des genres. Les gravures en sont totalement aclievees. II y aura en- viron dix-liuit cents genres , dont cinq k six cents nouveaux. Andre Michaut qui , apres avoir voyage en Perse et dans I'Asie mineure , a ete auxEtat-Unis dans I'Amerique septentrionale,en a apporte une grande quantite de plantes. il va publier un pro- drome de la Flore des Etats-Unis. II donnera aussi une dissertation sur les chenes de ces con- trees , dont il y a un grand nombre d'especes et de varietes. lis pourroient s'acclimater en France. Redoute a dessine avec tout Tart qu'on lui connoit , les plantes grasses. Candolle en fait la description , et il en va paroitre inces- samment un fascicule. Le capitaine Baudin , le botaniste Ledru , le naturaliste Mange, et le jardinier Riedley , ont rapporte plus de trois cents especes de plantes vivantes , et dont la plupart sont des arbres et arbrisseaux , f[ui n'etoient point an Jardin des Plantes de Paris. II y en a meme plusieurs de n(jnvelles. lis ont aussi apporte une collection considerable d'oiseaux , d'in- sectes , de plantes seches , et plusieurs autres objets d'histoire naturelle. Jacquin pere a public a Vienne son grand ouvrage , contenant la description des plantes du jardin de Scliconbrun, en 2 volumes in-fol., contenant 260 planches enluminees. Get ouvrage repond ^ la reputation de I'auteur. ^ Il a aussi public une Monographic du genre oxalls , avec des figures de g5 especes, dont 76 enluminees. Host a public a Vienne une Flore d'Autriche , qui est des plus riches. 11 travaille a I'histoire des graminees. Rafn public une Flore danoise. Bruguieres et Olivier ont parcouru la Perse , I'Asie mineure , la Grece , et rapportoient en France vuie multitude d'objets d'histoire ET D'HISTOIRE NATURELLE. ^g naturelle. La mort a enleve Brugnieres a Ancone', mais Olivier a apporte la coUectiun complette. Bosc Dantic apporte des Etats-Unis beaucoup d'objets nouveaux. Beauvoir a aussi apporte d'Amerlque beaucoup de choses. Broussonet recueille A Mogador , dans le royaume do Maroc ce qu'il y a de plus precieux en histoire naturelle. ' Les anglais oontinuent leurs recherches savantes dans les Indes Orientales. Swartz a commence h publier sa Flore des Indes Occidentales. Le premier volume renferme depuis la Monandrie jusqu a I'Hexan- drie Trigynie. Dans ses nombreux voyages , il a deconvert Sfio plantes nouvelles , qu'il a fait connoitre dans un prodrome qu'il publia en 1788, a Stockholm. Maintenant il donne son ouvrace en grand. ' ° II y a long-temps que je dis i nos voyageurs boianisles fran- cais de faire connoitre dans des prodromes les nouveautes qu'ils nous apportent, pour s'en assurer la propriete, et imiter en ccla les savans etrangers. Je ne cesserai de repeter qu'il y a plus d'un siecle que les herbiers du P. Plumier sent pleins de nouveauu's dont la plupart ont ete publiees par les etrangers , et lui en out enleve la gloire. II y a cependant encore un certain nombre de plantes qui ne le sont pas , et qui meriteroient de I'etre. Quand serons-nous done bien persuades de cette terrible verite : Le mieux est I'cnnenii du bien. Carradori a prouve que la tremella verrucosa , le lichen rii- pestris , le lichen fascicularis , et quelques autres cryptogames regardes comme des especes , ou meme comma des genres dis- tincts , ne sont que des differentes manieres d'etre de la tre- mella nostoch , dont il a suivi avec beaucoup de soin les differens etats de la vegetation. Hoffman , professeur de botanique ^ Gottingue , continue avec zele son bel ouvrage sur les lichens , intitule : Plantce Lichenosae. II vient de faire paroitre deux fascicules du troisieme volume. Esper a donne deux fascicules de son bel ouvrage sur les cham- pignons , intitule : Icones Fucorum. II y en a deja 65 planches. Person donne aussi un ouvrage sur les champignons. Cavanilles a public, a Madrid , le tome quatrieme de son Icones Plantarum , avec de belles gravures. II contient la description des plantes des iles de la mer du Sud et de la Nouvelle- HoUande, 3o JOURNAL DE PIIYSIQUE, DE CHIM,IE Pavon a publie a Madrid un prodrome de ia Flore du Perou et du Gliih. Vahl vii'iit de faire pnroitre :.a lascizule d; son Eglogait FlantariiDi. * Hedwig conthuie son bcl oiivrr.ge sur ies xrio^isses. Thiinberg a donne un prodrome da la^lci;j du G:)p de Bonne- Espi'rance. Sclirader public un ouviage interessant sr.r Ies criplogames. Kiinse donne aussi un ouvrage sur Ies criptogames. ■ Springel a public un ouvrage intitule : ylnUcj uitates Botanicae. II est rentpli d'erudition. ' Lc nomljrc considerable de savazis francai's qui se' tr.oijvenc en Egypte,nous assiir^ des coniioissaiices r-ouYellesit interessantes. lis y uiu nnc. societe savante qui a deja fait plusiears travaiix. . Monge y a la unmemoire surle niirc-gs des marijis. II arri'^e souvent sur n;er quVn vaisseau , vu de loin , paro't ar.-dessus des eaux dessinc dans I'atmosphere. Deo villa^is situei dans le desert, Yus de loin , paroissent egalement detaches de la terre. Dolomieu a rcconnu que \i niveau de la Ivli':aiten"?.n.;e , sur ces cotes , s'etoit eieve d'un pied depuis Ies Ptoieniees. Monge a present^ un r.icrceau dc rocher, sur leqviel est bati le chateau du Caire. C'est une pierre calcaire remplie de petites co- quilles dites niimismales. Bertholet a lu un nicnioire snr la formation de rammoniac en plusieurs circonstances , oii on ne I'avoit pu soup Conner. PHISIOLOGIE AN I MALE. La phisiologie a fait de brillantes decouvertes depuis qu'on y a applique Ies connoissances que fournit la chimie ; car il faut bien distinguer cette application de la chimie a la phisiologie, de la simple analyse des parties animales. Le chimiste tache , par ses analyses , de decouvrir Ies principes constituans des matieres animales. Le phisiologiste - chiniiste recherche quels sont Ies principes que la nature vivante emploie dans leconomie animale , pour en former Ies diverses parties : et c'est une nouvelle maniere d'envi- sager la phisiologie. La plus gvande partie des phisiologistes ont cru pouvoir expli- quer Ies principaux phenomenes des corps organises par un ]>rincipe vital quelconque , auquel on a donne differens noms. Hyppocrate Fappeloit '■» r«£<« , to t/ieion , ces,t-c[- dire , {jme/rj/ue ET D'HISTOIRE NATURiELLE. 31 chose cle divin , ce qui veut dire quelque chose de tres-releve. Vanhelraont , Arcliee , Stahl , Varne ; c'est dire qu'on ne con- noit pas ce principe. Plusieurs phisiologistes regaideut Ics nerfs comme des vais- seaux composes d'une suite de vesicnles encore plus lapproches que dans les vaisseaux lymphatiques. L'esprit nerveux coide dans CCS vesicules , les gonfle , et raccourcit ainsi V's nerfs , et par consequent le muscle dans lequel il se distribue , ainsi qu'on le voit dans v.riie n:.aciiine de phya^ciue ri>.mee de plusieurs \essjes jointes bout a bout , et pei'cees a lenrs deux extremites. Ensouf- flant dans ia premiere avec une assez petite foice , on souleve un , poids consicerabie attache a la den>i'!;rB , qui nest percee que dans rendroJ.L oil elle communique ftvec I'avant-derniere. Haller regardoit le niouvenient musciilaire conune une suite de Virritabilite II comparoit im nerf a une corde tt ndue , et qu'oii fait vibrer. L'irritabilite n'appartient qu'a la fibre niusculaire. D'autres phisiologistes ont eu recours a une force \iiale , qu'ils avouent ne point connoitre. Hufeland , professeur & Jena , pense que tons los phenomenes vitaux 'sont dus a une force iiiconnue repahdue danS la matiere organlsee , et analogue anx forces elactrique , inagnelique , gravi- fique de la niatitre non/organisee. Brownes a avance une autre opinion , qui a beaucoup de par- tisans. Franck , celebre professeur de Vienne, la sentient avec beaucoup d'art. \^iiicif.ahilite , ou exci tahilite est , suivant Erowms,le caractere essentit>l de tons les etres vivans. C'est la proprictc quont tous les etres vii'ans orp;nnises , d'exercer les mon-veinens qui leiir sont propres ,par suite de limpressioji r/ue les ohjcts e.xterieiirs ont faite sur eux. Cette excitabilite appartient a toutes les parii^^s sensibles' de I'animal , en quoi elle dilfere de l'irritabilite de HaHer , qui n'appartient qu'a la fibre niusculaire. Ainsi , re:^* itabilite e.^t propre aux parties qui ont de I'irrilaljili'e , et a celhs qui ont de la sensibilite , lels que les visceres , et elle est une et la meme dans toutes les parties du corps. Mais elle est a nn degre plus con- siderable dans I'une que dans I'antre , par exemple dans I'estomac que dans le poumon. File varie egalemeat pour le degre d'intensite dans les difleicns individus. Cette excitabilite n'est jamais mise en action que par des stimulans. II en resulte un excitement , qui est la vie. 32 JOURNAL DE PHYSIQUE, BE CHIMIE Lorsque ces stimulans n'ont que I'activite ou la duree neces-' saires, ils pTOduisent un excitement modere , qui est I'etat de sante. Si ces stimulans ont trop d'activite, I'excitement devient irop fort; ce qui constitue les maladies steniques (i). Si les stimulans ne sont pas assez actifs , ils produisent un exci- tement trop foible ; ce qui constitue les maladies asteniques (2}. Cependant Brownes a ete oblige d'admettre deux especes d'as- tenie. Uast.enie directs est produite par I'absence des stimulus ou puissances excitantes. Telle est la foiblesse qui provient du defaut de nourriture. Uastenie inclirecte a lieu lorsque les forces excitantes ont agi trop long-tems ou avec trop de violence , et ont d'abord produit un grand excitement. G'est ainsi que le vin , apres avoir donne de la force , produit de la foiblesse , lorsqu'on le prend en trop grande quantite. Brownes ne considere par consequent tons les remedes que sous un seul point de vue , c'est-c'i-dire , comme des corps capables de mettre IVxcitabilite en jeu, comme des stimulans ou excitans. Mais quel est le principe de cette excitabilite ? Voici A-peu-pres la maniere doiit Brovs'nes I'envisage. Un homme cease de vivre ; les stimulus qui agissoient sur son corps un instant avant sa raort , n'y font plus aucune impression. C'est la cessation de Taction de ces stimulus qui constitue la mort. La vie , ou le principe vital , n'est done que la farulte qu'a le corps vivant de recevoir les impressions des stimulus , et de re- pondre k cette action. Cette faculte peut etre regardee comme une force particuliere , qui est la force intale. La phisiologie a ete envisagee dune maniere differente par d'autres physiciens. Ils cherchent a expliquer les phenomenes de Feconomie atiimale par les combinaisons des differens principes t'ont sont composes ces corps , et ils demontrent la formation des solides et des fluides par un petit nombre de premiers prin^ cipcs , tels que I'oxigene , I'hidrogene , I'azote , le carbone , le pliosphore GaJlini , celeljre professeur h. Padoue , donna les premieres fi) Snxi't , Steno'! , force. (3) a Privalif , aslcniijuus , defaulde force. idees ET D'HISTOIRE NATURELLE, 33 idees de oette marclie il y a plus de quinze ans , dans un ou- vrage interessant sur les inoiivemens musculaires. Il dit qu'oii pounoit les expliquer par les principes de la chimie ; mais il ne tenta aucuiie experience pour appuyer son opinion. Reil , professeur a Hall , a suivi les memes principes ; mais il n'a egalemeut fair aucune experience. Gauthier , Batiner , Aladni , Vait . . . , ont marches sur les memes traces. Fontana , dans .son excellent ouvrage sur le venin de la vipcire , a fait bcaucoup d'experieuces qui ont prouvees ce que peuvent dif- ferens virus sur la fibre aniniale. Girtanner dit ensuite( dans ce Journal de 1788) , que Voxigene titoit le prill cipe de I'irrltabiUtti ^ et juuoit , par ses combinai- sons , le plus grand role dans I'economie animale. Gaillard pretend , au contraire, que c'est le phosphore ou radi- cal pliosphorique , qui est le principe de I'irritabiliie. Goodwin croit que c'est le calorique qui est le principe de I'irritabilite. II est certain qu'une pirtie tres-irriiable, telle que le coeur d'une greuouille , la jambe d'une araignce faucheur dont I'irritabilite et les mouvemens ont cesses, lesrecouvre parla simple chaleur , sans le secours de Toxigene ; au lieu que I'oxigene ne pourroit agir sans le concours du calorique. Humboldt a embrasse la doctrine des phisiologistes-chimistes. Il a fait un grand nombre d'experiences pour decouvrir les combi- naisons differentes qui s'operent dans le corps de Tanimal. II a profite de la decouverte du fUiide galvanique , sur lequel il a fait un beau travail , et qui lui a presente des residtats tres-interessans. li s'est principalement occupe de I'irritabilite de la fibre nerveuse et de la fibre musculaire. « Je crois , dit-il, pouvoir demontrer « que I'irritabilite de la matiere animale ne depend pas de la » quantite d'oxigene que le corps contient , mais que Tazote et » I'hidrogene y jouent un role tout aussi important , et que le « degre de vitalite ne depend que de la balance reciproque des » affinites chimiques de tous les elemens dont la matiere animale » et vegetale est composee. 11 a ensuite recherche par I'experience , quels etaient les corps qui augmentoient ou diminuoient cette irritabilite. 11 a vu que I'irritabilite des nerfs etoit augmentee par I'acide muriatique uxigene , par I'oxide d'arsenic et par tous les corps qui contiennent de I'oxigene. Cette meme irritabilite est diminuee pai les corps qui absorbent Tome F. N I YO S E a« 7. E 34 JOURNAL D E P H I S Y Q U E , D K C H I M I E roxigeue , tels que les sulfures de potasse, le gaz nitreiix, Ja disso- lution de potasse Si on decouvre ungros nerf , tel que le crural, et qu'on le toiielie avec des suljstances qui contiennent de I'oxigene , tel que des acides, il niontre de I'irritabilite. Les raemes experiences reussissent avec des muscles tres - irrl- tables , tels que le coeur d'une grenouille , lorsque ses mouvemens commencent i diminuer, on les ranime en le plongeant dans urie liqueur acide, tel que lacide muriatique oxigene. Mais si ce coeur denieure irop long - temps dans I'acide , son irritabilite est trop augmentee, et les mouvemens cessent. Pour les faire reparoitre , il faut employer des substances qui puissent absorber cet exces d'oxigene. G'est ce que font les sulRires de po- tasse , les alcalis Aiusi, en irempant ce coeur dans du sulfure de potasse, ses mouvemens recommencent , si son irritabilite n'a pas ete epuisee. Mais I'absorbtion de I'oxigene ote bientot toute irritabilite. Le mouvement cesse done de nouveau. Pour le faire reparoitre , il faut lui redonner de I'oxigene, en le trempant de nouveau dans I'acide muriatique oxigene. La chaleur , I'alcool raniment egalement les mouvemens du coeur. Le sang arteriel produit les memes effets, parce qu'il contient de I'oxigene ; ce que ne fait pas le sang veineux. Si on lie Ic nerf d'une partie , elle perd son irritabilite. . Elle cesse egalement si on liel'artere qui lui porte le sang, comme I'a fait voir Haller. Void la maniere dont Humboldt explique ces faits. II y a trois principes , dit-il , qui paroissent necessaires pour exciter I'irritabilite. 1°. \J oxigene , qui forme des combinaisons avec differentes bases acidifiables. a". Les bases aciclifiahles de la fibre avec lesquelles I'oxigene fieut se combiner. Ges bases acidifiables sont a , le carbone avec equel il forme I'acide carbonique , ou des oxides de carbone ; b , rhidrogeneaveclequel il forme dereau,ou des oxides d'hidrogene; c , V azote avec lequel il forme des oxides d'azote; d , le phgspore avec lequel il forme des oxides de phosphore 3". Le fliiide galvanique. Mais ces combinaisons de I'oxigene avec ces bases acidifiables ne peuvent se iaire seules : de meme que I'azote et I'oxigene melange*. ET D'HISTOIRE NATURELLE. 35 seuls ne produisent point de I'acide nitrique. Mais si on fait passer a travers ce melange leteincelle electrique , il y a combinaison d'azote et de I'oxigene, et production d'acide nitrique. Le lliiide galvaniqne prodult dans I'economie anjmale , suivant Humboldt , les memes effets que prodult le fluide electrique dans le melange d'azote et d'oxig<';ne. Le liuide galvanique favorise ega- ment les combin^isons de I'oxigene avec les differentes bases aci- difiables de la fibre. Le fluide galvanique est apporte par les nerfs : voila la raison pour laquelle line partie dont le nerf est lie n'a plus d'irritalDilite. L'oxigene est apporte par le sang arteriel. G'est la raison pour laquelle la ligature de I'artere detruit I'iiTitabilite. Enfin les bases acidifiables telles que le carbone, I'azote , I'hidro- gene , le phosphore se trouvent dans la fibre. Tout ce qui augmente trop la quantite de ces bases acidifiables diminue lirritabilite. Tout ce qui augmente trop la quantite de I'oxigene , la diminue egalement. Il en doit etre vraisemblablement de meme du fluide galvanique. Ce n'est que dans vui juste equilibre de ces principes que con- sJste I'irritabilite necessaire des parties. "V'oici la maniere dont on peut concevolr qu'elle s'opere. Supposons , clit Humboldt, ime fibre composee des molecules suivantes , o . o . o . o. o . o .... qui sont des bases acidifiables , azote , hidrogene, carbone , phosphore.. . . Le sang arteriel apporte de I'oxigene. Le fluide galvanique , apporte par les nerfs , fait une decharge dans les muscles. Les bases acidifiables se combinent avec I'oxigene par le moyen du fluide galvanique ; elles se rapprochent , parce que leur affinite devient plui forte. La fibre est done racourcie et eontractee. Mais comment concevoir la decharge du fluide galvanique dans I'interieurducorps? Rappelons d'abord la maniere dont elle s'opere a I'exterieur. Soit le nerf rt p in^ qui se distribue dans le muscle o o. La por- tion m du nerf qui se distribue dans le muscle o o ,lui communique une portion de son fluide galvanique ; tandis que la portion p a, supposee detachee du muscle , et environnee d'air qui n'est pas con- ducteur de ce fluide , le conserve tout entier. Cette portion/^ a eon- tient done plus de fluide galvanique que le muscle o. Si on met en contact ces deux portions dUcriement en les faisant toucher il y aura decharge du fluide galvanique , qui passera du nerf « dans E -2. 36 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CTIIMIE le muscle o. G'est une des belles experiences de Humboldt. On voit qu'ici on n'a pas besoin de conducteur meiallique. On peut encore excirer I'irritabilite en ctablissant la communica- tion du nerf aux muscles , par des substances animales , telles que des raorceaux de chair, on de nerf. — En mettant un metal homo- gene enduit d'un cote d'un fluide evaporable , telle que I'eau La meme chose doit avoir lieu a I'interieur pour les mouvemens musculaires. « Dans I'etat de repos, dit-il , le nerf etant insere dans » les muscles, le fluide galvanique se met en equililore dans les )' organes qui se touchent. Ge mouvement spontane se fait par >> une surcharge de fluide galvanique dans le nerf. II paroit que » dans Finstant que nous voulons faire un mouvement, le fluide >> galvanique , produit dans le cerveau, se porte en masse vers la » partie qui doit se mouvoir , et surcharge les fibres nerveuses. II se » fait une decharge du nerf dans les muscles. Les molecules de ce » dernier , animees par des afilnites exhaussees , se rapprochent : « et c'est ce rapprochement que preseute le phenomene de la con- » traction. Les elemens acidifiables ( I'azote , I'hidrogene , le phos- » phore, le carbone . . . .) dont la fdjre musculaire est composee, » se combinent entr'eux et Toxigene du sang arteriel. Le mouve- » ment musculaire produit par consequent de I'eau (lasueur), » de I'acide carbonique , souvent de I'acide nitrique , de I'oxide " de phosphore , de I'ammoniaque , de la soude Lt fluide » galvanique etant decompose ou rendu latent par contraction , >' et les phenomenes chimiques qui I'accompagnent , les molecules » du muscle s'ecartent de nouveau , c'est-&-dire , ils rentrent dans la « sphere de leur attraction primitive Si dans les maladies le » fluide galvanique se porte, sans notre volonte, en trop grande » quantite dans une partie , il y a spasme et convulsion » On a fiftit cesser des convulsions par rattouchement de subs- • tances metalliques qui sont conductrices du fluide galvanique et le dissipent. Cest sur ce principe qu'est fonde le perldnisme , ou la maniere de guerir quelques maladies par des pointes metalliques. Le docteur Radje , de Gopenhague,a donne un ouvrage sur cette matiere. II fait coustruii-e des pointes metalliques , qui sont ordinairement d'acier , d'argent On presente ces pointes de differentes ma- hieres k la partie malade , et on croit avoir du soulagement. Si reellement le malade a ete soulage, et s'il I'a ete par Feffet des pointes , on peut supposer que c'est en diminuant ou en augmen- tant le fluide galvanique dans telle partie ou dans telle autre. Peut-etre les plaques magnetiques , qu'on a cru egalement pro- E-T D'HISTOIRE NATURELLE. 3/ duire de bons effets en les appliquant sur des parties malades , n'agissent-elles que de la meme maniere. Le haqiiet mesincrique etoii aussi arme de pointes. iS"/7 n prodiiit des effet.s , et que ces effets fussent iiidepeudans do rimaginadon , le galvanisme en pourroit etre la cause. On voit que le mouvement musculaire suppose toujours un abon- dant envoi du Huide galvaniqne. II en est de meme de routes les autres fonctions. La digestion ne s'opere que par du fluide galva- niqne qui active les forces gastriques. La pensee exige egalement dii Huide galvanique , qui se porte au lieu ou elle s'execute. G'est pour- quoi , dans le temps de la digestion, on ne sauroit penser , ou au moins la pensee detourneroit ailleurs le fluide galvanique, et la digestion seroit troubliie. De meme que la pensee exigeant beaucoup de fluide galvanique dans I'organe pensant , il faut , pour que la pensee se fiisse libre- ment, que tous les autres mouvemens ( excepte les vitaux ) soient suspendus. Les differentes fonctions animates, dans cettehypolliese, sont done line suite de combinaisons continuelles qui se font dans le corps. Les differentes bases acidifiables , telles que I'azote, le carbone , riiidrogene, le phosphore,le soufre se combinent avec I'oxi- gene par I'intermede du Huide galvanique, et formcnt de I'acide carbonique , de I'eau , de I'acide phosphorique , de I'acide sulfu- rique s'il y a une assez grande quantite d'oxigene. Mais lors- qu'il n'y a pas assez d'oxigene , on n'a que des oxides d'azotc , de carbone, d'hidrogene, de phosphore, de soufre Le carbone et Ihidrogene , combines par I'intermede du fluide galvanique , forment des liuiles ou des oxides. L'hidrogene , combine avec I'azote, forme I'ammoniac, la sonde ou des oxides. Le carbone et l'hidrogene combines avec I'oxigene , forment les acides animaux , ou des oxides. Quant aux terres et aux substances metalliques qu'on trouve chez les animaux, Humboldt suppose qu'elles ne sont pas des pro- duits nouveaux, et qu'elles sont fournies par les alimens. Ceux-ci, dans cette hypothese, fourniront done, i'. la terre calcaire; 2°. la silice; 3'. la magnesie; 4". le fer; b". le manganese &. le [car- bone; 7' le soufre; 8^ le phosphore; 9°. I'azote; 10'. l'hidrogene ; 11°. I'oxigene. L'eau , en se decomposant , fournit de I'oxigene et de l'hidrogene. 38 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE Enfiu , la respiration de I'air atmospherique fouriiit de loxigiine , de I'azote , do I'aride carboniqne. Mais plusieuis autres pliysifit'ns pensent , ainsi que moi , que les forces vitales ,chez les etres organises , peuvent pruduire des terres, (lu carbone , du fer Le phosphore agit puissamment sur leconomie animale : aussi 'jaillord a-t-ilavance que le radical del'acide phosphorii|iie etoit le principe de I'irritabilite : qnoiqu'il en soil de cette idee qui n'est pas pronvee , Alphonse Leroi a fait un grand nombre d'experiences qui constatpnt toute Taction du phosphore dans le corps des ani- maux. II prit lui-meme deux k trois grains de phosphore , rneles avec de la tiierinque. Ilfuthorribleraenttourmente toute la journee. Le lendemain il se developpa , par toute I'liabitude du corps , une force musculaire etonnante , accompagnee de jjriapisme II a donne ,avec sucees, de petjtes quantites de phosphore aux personnes epuisees parlesplaisirsderamour. I'elletier a observe que del'eau qui avoit sejourne dans un vaisseau de cuivre dans lequel avoit etc du phos- jthore , jetee dans un endroit oii alloient des canards , ces animaux en rirent tons , mais que le male cocha les femelles jusqu'au dernier moment. Un autre particulier, a} ant jete , dans une basse - cour , de I'eau ou avoit ete du phosphore, toute la volaille qui en but , perit dans des convulsions vicjlentes. Le phosphore se dissout dans I'azote et dans I'oxigene, et forme des phosphures d'azoie oxides , qui doivent se retrouver dans leconomie animate , et y exercer beaucoup d'action. Les matieres animates conticnnent une grande quantite de phos- jiliore, on acide phosphorique, ainsi que la mariere glutineusedu fromentct autres plantes cereales , et quelques cruciferes G'est s;ms douleune de ces raisons qui rend ces substances si nutritives. VAXes donncnt beaucoup plus de force a lanimal que les autres substances nutritives qui ne contiennent ni phosphore , ni acide phos- phorique. Le poisson contient beaucoup de phosphore , les peuples qui s'en nourrissent ,multiplient beaucoup. On voit quelle influence le fluidegnlvanique doit avoir dans leco- nomie animale , suivant Humboldt ; mais nous ignorons sa nature. Il pense que c'est le fluide nerveux. Il oljserve que le quart de tout le sang se rend au cerveau : qu'il y arrive floride et qu'il en sort tres-noir , qu'il y depose, par consequent , beaucoup de son oxieene. II deuumde «si cet oxi"ene contribueroit k la formation du iluide galvanique ». Le sang veineux est noiraire, tandis f[ue le sang arteriel est floride. 11 parol t que I'oxig.'iue de celui-ciqui luiest fourni par la respiration, ET D'HISTOIRE NATUREL LE. 89 se combine clans le torrent de la circulation , comme nous Tavons vu. Le carbone y pt edomine done : ce qui donne la couleur noire au sang veineux. G'est encore la raison qui fait que les hommes , ainsi que les animaux , qui font laeaucoup d'exercice, ont la chair noire. L'oxi- gene du sang arteriel se combine dans les moiivemens musculaires; et le carbone demeure predominant. La chaleur c ms les climats chauds, et la kimiere, en donnant de I'energie aux forces vitales , produiseut les memes effets. Dans les climats froids, au contraire, et a Fobsrurite , dans des cachots , meme dans des appartemens feimes, on il n'y a point de lumiere, ou peu, la chair est blancJie et decoloree par la sura- bondance d'oxigune. Barthez a donne des explications des divers mouvemens des animaux. Le docteur Chiarenti a fait un grand nombre d'experiences qui lui ont prouve qii'on pouvoit faire penetier, dans le cor[)S humain, les remedes les plus actifs par la simple friction exterieure. 11 triture ces remedes avec le sue gastrique d'animaux , et melange le tout avec de la graisse ; il en forme une pommade dont il frotte I'abdomen , la region de I'estomac Les docteurs Brera, Guilo et Rossi , ont repeie ces experiences avec le meme succes. Ces experiences prouvent qu'il existe , a la surface du corps , des vaisseaux absorbans , qui font passer a I'iiiterieur tous ces remedes , lesquels produisent les memes effets que si on les eut porte directe- nient dans I'estomac. DE l' A NATO M IE DES PLANTES. Desfontaines a donne un beaumemoire s\u I'anatomie des mono- cotyledons, ou plantes qui n'ont qu'une scale feuille seminale ; mais pour I'entendre , il faut rapporter les notions qu'on a dans ce moment sur la structure vegetale. On distingue dans les plantes, ainsi que dans les animaux, les solides et les liquides. Parmi les solides on observe specialement, i". les vaisseaux seveux ; 2°. les vaisseaux de sue propre ; 3^ la moelle; 4^- les vaisseaux excretoires;6'. les vaisseaux aeriens; 6". les glandes ; 7°. les poils. 1°. Les vaisseaux seveux sont appeles par Hedwig, cliimiferes , vasa chimifera. Suivant lui il y en a d'arteriels , et d'autres sont veineux. On connoit les arteriels, en faisant une ligature a pne 4o JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE tendre branclie ; on voit se former un bourrelet au-dessous de la liiianu'e; ce qui aiinonce que la seve raonte desracines, etsetrouve arreiee par la ligature. Si la li"ature se fait aux vaisseaux veinenx, le bourrelet se forme au-dessus^'de la ligature ; te qui prouve que la seve , qui redescend du sommet de la'plante aux racines , est arn- tee par la ligature. Ces arteres et ces veines se trouveut egalement dans la tige de Ja plante. 1°. Les vaisseaitx du sue propre sont ceux qui renferment le sue propre de la plante, tel est le sue laiteux des euphorbes 2°. La inoiillc ou les vnisseaux inediillaires se trouveut tou- jours au centre de la plante. Elle est compose d'un grand nombfe de vaisseaux spougieux. Dans les dieoiiledons, la moelle est en assez petite quantite , excepte dans quelques espi'-ees telles que le .sureau. . . . . Elle est renfermee dans un canal , et paroit fbrmee d'un grand nombre de vaisseaux qui se portent a angle droite du centre de la plante a sa circonference en raj ons divergents , comme les lignes horaires d'un cadrau. On lesappercoit facilement dans la trancFie dun-arbre, faite perpendiculairement a I'axe. Mais dans les monocotiledons , tels quo les joncs , les asperges , les palmiers, les foiigeres , les gramens, les liliacees Desfontaines a fait voir que la moelle est tres-abondante dans toute la plante ; tout I'interieur est spongieux , compose de fibres ligneuses , placees sans ordre les unes a cote des autres , sans former de couches con- centriques distinctes , et enveloppees par la moelle qui en remplic tous les intervalles, et qui ne jette jamais de rayons divergens. Elles se rapprochent en allant du centre a la circonference •, en- sorte que la tige a beaucoup plus de force et de solidite aupres de sa surface que dans I'interieur. Cette organisation est differente de celles des plantes decotile- dones , dont le centre de la tige a plus de solidite que la surface ; de sorte que sur la coupe d'une tige ligneuse,on peut savoir a iaquelle des deux divisions precedentes la plante appartient. L'usage de ces vaisseaux medullaires est encore inconnu. 3". Les vaisseaux excretoires. Brugmanns a prouve que le lollium (ray-grass) et la plupart des plantes avoient des excretions par les racines. Ce qui suppose des vaisseaux excretoires. La' surface des plantes est encore remplie de vaisseaux excre- toires , ET D'HISTOIRE NATURE LLE, 41 toires , qui exsudent differentes liqueurs. On sail combien les j)lantes perdent par la transpiration. D'autres vaisseaux de la surfoce de la plante absorbent des sues propres a la nourrir. C est ce qua fait voir Gandolles , qui a prouve que plusieurs plantes ne se nourrissoient que par la surface. 5'. Un autre ordre considerable de vaisseaux chez les plantes , sent les vaisseaux aeriens. Hedwig les appelle pneumato - cliimi- feres , -vasa pneumato -chiniifera. Les trachees , ou vaisseaux spi- i-aux (^vasa spiralia , vel cocfdnata de Malpiglii ), sont com- poses de lames spirales contournees eti tirreboiirres. II suppose que la seve coule dans ces spires : tandis que I'interieur de cette spire , ou son axe , est aussi un vaisseau dans lequel circulc I'air. Par consequent ces trachees serviroient a la circulation de I'air et du chime ; c'est pourquoi il les appelle vaisseaux pneumato-chi- miferes. Les trachees se trouvent dans le bois et I'ecorce ; mais elles ne se deroulent que dans la premiere couche ligneuse de I'annee. Ces vaisseaux s'appercoivent facilement dans les feuilles , dans les tendre- raraeaux ;. . . .et on a lieu de croire qu'ils se trouvent egalement dans toutes les parties de la plante. On les voit distinc- tement dans les tiges des cucurbitacees. Daubenton est le premier qui les ait appercu dans I'ecorce. 6^ Les glandes paroissent assez nombreuses dans les vegetaux. On distingue pareillement les suivantes. Les glandes milliaires qui sont sous I'epiderme. Elles sont tres- visibles dans le bouleau , le noisetier. Les nectaires sont des glandes qui filtrent une liqueur sucree et mielleuse , laquelle les abeilles recoltent pour en faire le miel. Les glandes qui filtrent la propolis. Les antheres peuvent etre regardees comme des glandes qui fdtrent la liqueur reproductive 7°. Les poils sont tres-abondans sur un grand nombre deplantes. lis paroissent contenir , a leur origine , des glandes , lesquelles filtrent des liqueurs particulieres. Deyeux a prouve que ceux du lois chiche filtrent I'acide oxalique , lequel iln'a pas retrouve dans e reste de la plante. La glaciale , le rossolis ont des poils qui filtrent aussi des liqueurs particulieres. Boucher a fait voir que les plantes glauques sont enduites d'une Tome F.^IYOS^ any. V I 4^ JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CIIIMIE liqueur particiiliere , qui les empoche d'etre mouillees. Sans cloute celie liqueur est Jiltree par ties glandes particulieres. Les parties de la fructilicatiou paroissent, cliez le vegetal comme cliez I'aniinal , etre le principal objet que la nature a eu en vue. Linrie a dit ( gcmm. arb. ) « que le calice etoit le piolongeim'nt de » recorce; les petales le prolongement dii liljer ; les antlieres le » prolongement du bois ; le pistille et le germe le prolongement » de la subjtanoe meduUaire ». Call-: Jit e.v corrice , corolla ex llhrQ , stamina ex snbstancla llgnea , plstllbiin c.v propria substaticia meclitll'cni Hedwig croit que cette opinion n'est pas fondee. Springel , qui a donne , sur la construction des corollies , iin ouvrage aussi interessant que celui de Gartner sur les fruits, sou- tientquelaplupart des plaiitessont fecondeespar lemoyen desinsec- tes ,■ et que le pollen d'urie plante ne feconde point le germe qui est le plus voisin. Mais rinsecte , en passant sur I'anthere , se charge du pollen ; allant ensuite vers le stile , ce pollen se detaclie des pattes et du corps de I'iusecte , et penetre jusqu'au stile. L'au- tcur s'est assure que chez la plupart des plantes, les antheres sont plao^es de maniere que le pollen ne sauroit penetrer jusqu'au stile. 11 faut done qu'il y soit porte par una cause etrangere. Ces suppositions de Springel doivent etre restreintes k des limites assez etroites. On sait que dans les plantes dioiques , une plante femelle se trouvant a vuie grande distance du male , quelquefois i» plusieurs lieues , a ete fecondee, parce r[uele pollen du male est arrive jusqu'a elle , transporte par les vents. A plus forte raison cela doit-il avoir lieu dans les fleurs hermaphrodites, et dans les mohbi'ques. De la Phisioiogie Vegetal e. . On s'occupe beaucoup de cette phisiologie , qui eclairera celle des animaux. Irrltahllite. Plusieurs experiences nouvelles prouvent que les plantes ont , comme les animaux , une veritable irritabilite. Humboldt a fait voir que des graines mises dans I'acide niuria- tique oxigene , et ensuite mises en terre , germoient tres-promp- tement. II est meme parvenu , par ce moyen , a faire germer des graines qui avoient cent vingt ans , celles de I'herbier de Boccone,' lesquelles on ne pouvoit faire germer par aucune autre moyen. L'oxide de manganese produit le jiieme effec , par la meme raison. ET D'HISTOIRE NATURELLE. 43 Differcns sels , tels que rammoniaque , sont aussi des preuves de riiritabilite dcs plantes. Si on met dans dc I'eau pjure et cdloree par line infusion vrgetale, une jeune tige , on voit I'eau y nionter a une certaine hauteur. Mais si dans un vaisseau , h cote, on ajoute un peu d'ammoniaquc k la pareiile eau , et qu'on y mette une autre tige semblable , on verra I'eau y monter a une hauteur double que dans la premiere experienee. Ces faits supposent que Tenergie des forces vitales est excitee par ces diverses substances. Les plantes ont done une veritable irriiahUiLe on excitabiliCe ^ dont les excitemens sont I'oxjqene, le- substance.', qui coniiennent I'oxigene , les substances salines , la clialeur , Fcleclricite. Van Marum avojt deja prouve (dans re Journal, 1792), que les j^lantes avoient une veritable irritabilite , et que leurs vais- seau.x se contractoient et se dilatoient alternativement par une espece de sistole et de diastole. G'est ce qui produit les mouvemens vitaux. Humboldt a adopte cette opinion , quil appuie par une mul- titude d'experienccs. II regarde les parois des differens vaisseaux que nous venons de decrire comme composes de fibres circu- laires musculaires , tres -irritables ; peut- etre meme contiennent- elles des nerfs. Cependant il n'ose I'assurer. II faut done chercher la cause de ces mouvemens , on dans des causes externes , ou dans des causes internes. II distingue ensuite les mouvemens particuliers des plantes en trois classes. Les uns , tels que ceux de Vhcdisarinn gyrans , ne peuvent etre suspendus par aucuns stimulus , mais ils s'arretent souvent d'eux-memes a midi. Les autres naissent et sont provoqu(!;3 par un stimulus. Tels sont les mouvemens des organes sexuels d'un grand nombre de plantes lors de la fecondation , comme I'a prouve Desfontaines. Les troiPiemes sont provoques par des stimulus exterieurs. Tels sont ceux de la sensilive, de la dionee Tons ces mouvemens , ainsi que les mouvemens vitaux , sont produits par I'irritabilite des solides, et cette irritabiliilite est exci- tee , soit par des causes internes, suit par des causes externes. 1°. Les causes externes sont les stimulus dont nous avons parle. L'oxigene , les acides , les sels , la clialeur Mais si ces stimulus ont trop de force , ils detruisent Tirritabilite. G'est ce que font a , ■ une trop grande chaleur ; l> , une trop forte electricite ; c , des acides Fa 44 JOU'RNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE trop concentres ; d , des oxides meialliques trop actifs , tels que celiii d'arsenic; e , de I'opiinn. , 2'. Une partie de ces memes stimulus pent agir a rinteriour, et ce sont les causes internes de Tirritabilite de la fibre vegetale , et qui la font contracter. Les liqueurs des plantes ont beaucoup de rapport avec les li- queurs des animaux a sang blanc. Ceriains licliens , tels que la morille , donnent les memes produits cliiniiques que les animaux. Elles peiivent done produire sur la fibre vegetale la meme irri- tabilite que les liqueurs animales produisent sur la fibre animale. ■ Nourritures. Les plantes prennent de la nourriture comme les animaux. Elles ont egalemont deux manieres de se nourrir. a , elles prennent des alimens par les racines , comme les animaux par la bouche; h ,ipar absorbtion. Les principes qui nourrissent les plantes sont ; a , I'eau ; h , I'oxi- gene; c , I'hidrogene ; d , I'azote ; e , le carbone; /', le soufre ; g , le phospbore ; /« , la terre ; i , des parties metalliques et les alkalis. L'eau leur est fournie, soit par les racines , soit par I'absorbtion. L'oxigene est apporte avec la seve , et il s'en introduit par le& feuilles. L'liidrogene est fourni par les engrais. La decomposition de l'eau fournit egalement de I'hidrogene et de l'oxigene. L'azote est fourni par I'air atniospherique. Le carbone est fourni par les engrais , et par la decomposition de I'acide carbonique. Les soufres , les pliosphores , les terres , les parties metalliques , les alkalis , sent fournies par les terres , suivant les uns , et suivans les autres , ils sont des produits des forces vegetales Humboldt pense que l'eau est plutot decompoosee dans i'hu- mus , oil se trouve la plante, que dans la plante elle-meme. Toutes ces differentes substances se combinent par Taction des forces vitales , et formenf les divers produits , tels qu'acides , huiles , parties colorantes , . . . qui se trouvent chez les vegetaux. La plus grande partie des animaux prend sa nourriture par la bouche , soit en mangeant , soit par succion ; tels sont les in- sectes qui ont une trompe. La plus grande partie des plantes se nourrit par la succion que font les racines. Les autres se nourrissent par I'absorbtion des feuilles. Quelques animaux peuvent se nourrir par absorbtion. On tient des serpents , par exemple , enfermes des mois entiers dans des tonneaux. Les polypes qu'on a coupes par morceaux , ne sauroien* plus se nourrir que par absorbtion. LT D'H ISTOIRE NATURELLE. 4J II y a egalement des plantes , telles que des lichens , qui no se nourrissent que par absorbtion. Excretions. Les animaux se debarrassent par des excretions du snrperflu "de leurs alimens. Les plantes en font autant. Respiration. Les plantes respirent de loxigene ainsi que les animaux. C'est Priestley qui le premier a demontre celte verite, entrevue par Bonnet. Ingenhousz, Senebier , Tont mis hors de tout doute. Saussure fils a prouve que les plantes, ainsi que les animaux exposes au soleil , expirent constammeni; de I'acide carboninue ; inais elles I'absorbent promptement pour le decomposer. L'acide carbonique paroit meme leur etre nece.'^saire , car elles perissent si on les place sur I'eau de chaux qui absorbe cet acide. Mais les plantes qui ne sont pas au soleil, expirent de I'azote et de l'acide carbonique. Les corolles des plantes n'expirent que de I'azote et de Tacide carbonique, et elles retiennent I'oxigene. II faut done en regarder les couleurs vives et variees comme celles des oxides metalliques, qui donnent toutes les couleurs les plus varices , suivant qu'elles contiennent plus ou moins d'oxigene. Les feuilles et les tiges , au contraire , sont vertes , paree qu'elles expirent I'oxigene , et qu'elles conservent dii carbone et de I'hi- drogene , qui forment la couleur verte. II est quelques plantes , telles que les champignons , qui expirent de I'hidrogene. Humboldt croit qu'on a ete trop loin , lorsqu'on a dit que les plantes purifioient beaucoup I'air de I'atmosphere. 11 pense que c'est plutot parce qu'elles decomposent I'eau , dont elles versent I'oxi- gene dans I'atmosphere. Etiolement. L'etiolement des plantes paroit un effet de leur respiration. Plusieurs pensent C|ue la coideur des plantes provient de ce que la lumiere se combinant reelleraent dans les plantes , augmente I'energie de leurs forces vitales , et y forme par con- sequent, une plus grande quantite de parties colorantes. C'est en- core I'opinion de Tingry. Mais si la plante ne recoit pas les rayons solaires , la lumiere ne s'y combinant plus , il y a etiolement ; la plante languit et devient blanche, Humboldt explique l'etiolement d'une autre maniere. II pense qu'il est du a une surabondance d'oxigene retenu dans la plante , iequella blanchit, comme le fait l'acide muriatique oxigene. Les> 4^ JOrPiNAL DE PHYSIQUE, DE CHIIMIE ]>lantes exposees i la lumiere, expirent de I'oxigene ; exposees k I'oinbre , tiles expirent de I'azote , de I'acide carboaique et peu d'oxigene. 11 demeure done dans la plante beaucoup d'oxigene qui lu blaiichit ; et ce qui le prouve , c'est que si una plante a rombie se trouve dans vine nioffctc qui ne contienne point , on peu d'oxi- gene , elie ne blanehira pas , parce que ceite molfcte la soliicite ^i \ LTser d(? I'oxigene , qui se conibinera avec ces bases acidifiables , lazote , I'iiidrogene. 11 arrive menie qu'une portion de I'oxigene se rnelangeant avee FJiidrogene, la moffete devient fulminante , si on en approche une bougie allumee. La lumiere, dans cette liypothese, n'agit done que comme sti- mulus en soliicitant ractiou des forces vitales , et elle ne se com- Ijjne point elle-meme ; la lumiere des lampes produit des effets analogues a ceux de la lumiere solaire. Sojjiineil. Le sommeil des plantesest encore nne de leurs fonc- lions analogues 'a une des fonctions des animaux. La plupart des plantes paroissent dormir I'hiver , comme certains animaux dor- ment. Mais on appelle plus particulierementio/«7?^e^7 des plaiites, cette espece d'engourdisscment de certaines plantes qui leur fajt fermer leurs feuilles pendant la nuit , telles que les accacias , les pseudo-accacia , ou leurs corolles , comme les convolvulus , le jalap. Himiboldt croit que ce sommeil h beaucoup de rapport avec la respiration. II est des plantes qui dans leur jeunesse n'ont point la force d'expirer de I'oxigene, telles que la broivuea graiidiceps. lilies demeurent toujours fermees ; mais aussitut que les forces vitales sont assez considerables pour expirer de I'oxigene , elle sort de son sommeil, et les feuilles s'ouvrent dans le jour, et de rouge qu'elles etoient , elles verdissent. G'est dans le jeu de toutes ces fonctions des plantes que nous trouverons les causes internes de leur irritabilite , car I'oxigene s'y combine avec differentes bases acidifiables ; i". le carbone , pour former I'acide carbonique ; a", avec le carbone et I'hidro- gene , pour fonner tous les acides vegetaux ; 3 . avec fhidrogene , pour former de I'eau. . . . L'hidrogene se combine , i°. avec le carbone , pour former les huiles , le principe colorant. ... 2°. Avec I'azote , pour former les alkalis. L'oxigene est fourni, i". par les trachees des vaisseaux aeriens; 9P par la seve ; ?)°. par la decomposition de I'eau ou des acides Les bases acidiliables sont dans la fibre vegetale. 11 doit done arriver , a la fibre vegetale , la ineme chose qu'ci la ET D'HISTO IRE NATUR ELLE. ^j fil)re atiiinale. Suiiiiosoiis-la egalement forinee iles molecules o o o o o clans I'iiistant f[iie I'oxigene se comljirie avec f|viel(iues - uiies cle ces molectiles , la fibre est racourcie , et par coiiSL'fjuent , elle se contracte. Elle se relaclie riristant suivant , pour recominencor a. se contractcr uii troisieine moment. II est vrai qu'on ne connoit point cliez les plantes tie llulde analogue au galvanicpie qui se trouve chez les aniniaux pour favoriser ces coniijinaisons. Mais il est vraisemblablc qu'elles en coutiennent rpielques-iins , etpeut-etre le fluide galvanique lui- meme est-il une modilication d'un autre lluide qui se trouve chez les vegetaux et cliez les animaux. DE LA CIIALEUR DES VeCETADX ET DES AxiiMAUX. Tous les faits que nous venons de rapporter notjs donnent de nouveaux- eclaircissemens sur la chaleur des corps organises. On avoit soutenu , contre mon opinion , que la chaleur des animaux venoit uni(piement du calorit[ue degage de Toxi- gene dans la respiration ; mais ilest bien reconnn aujourd'liui , comme je I'avois dit , qu'il y a plusieurs autres causes de cette chaleur. 1°. Celle qui se degage de I'oxigene dans I'acte de la respi- ration. 2°. Celle qui se degage de la fermentation de toutes les liqueurs animales , parce qu'il y a decomposition et reconiposition conti- uuelles.Or, dans toutes ces operations, il y adegageuiontdecalo- rique , et tpielquelois absorbtion. 3". La forraalion d'un grand noinljre de substances, tels que les acides animaux , le ]3hosphorique , les liuiles , ramnioniaque , la soude , I'eau Tous ces nouveaux composes se fonnent par la combinaison de I'oxigene , de I'hldrogene , de i 'azote , du carlione , du phosphore. ... Or , dans toutes ces conibinaisons , il y a une cpianlite plus on nioins considerable de calorique , de- gage de ces dii'l'erentes substances. 4". Le mouvement musculaire prodult toujours de la chaleur, ainsi que je I'ai dit : il est presque toujours accompagne de nou- velles combinaisons , savoir , de la combinaison de I'oxigene avec I'hidrogene , le carbone ce (jui produit la sueur On expliquera de meme la chaleur des vegetiux. 1°. lis aspirent de i'oxigene : et cet oxigene se combine avec dif'ferentes substances , I'hidrogene , I'azote , le carbone pour former tous les produits vegetaux. II y a done une grande q^uantite de calorique degage. a°. Les vegetaux contiennent aussi de I'hidrogene , soit 48 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CIIIMIE qu'ils ralciit ahsorte , soit qu'il proviennc do la decomposition de I'eau. Orcet hidro^ene se coniljinesans cesse ;a:,avecroxigene pour Ibrnicr de I'eau; h , avec le carljone pour f'oiiner les hiiiles ; c ,\\ se coinliine avec le carbone et avec I'oxigene poiu- former des acides vegetaux. o". Les vegctaux contiennent aussi de I'azote qui se combine avec riiidrogenc pour I'orraer les alcalis. . . . Toutcs knirs liqueurs sent dans un etat continuel de fermen- tation comme chez les aiiiniaux. Toutes ces comljinaisons doiventetreaccompagneesde produc- tions de calori(pie. Pour concevoir plus facilement la quantlte de caloriqtie qui doit se degiger dans toutes ces combinaisons des diflerens prin- cijies des etres organises , rappelons des faits bien connns. Un canon de vingt -quatre, charge de liuit livres de poudre , cliasse le boulet de 24 livres de pesanteur avec una Vitesse de douze \ treize cents pieds par secondes, et telles qu'il parcour- roit huit lieues perperdiculairement sans la resistance de I'air. Dans le moment de I'explosion , qui ii'estpasle ~ d'une seconde, le canon est ecliaulfe d'une maniere tres-sensible. Or, qu'on cal- cule la quantlte de calorique qu'il faut pour echauff'er cette masse. On la rempliroit de melal fondu , on I'exposerolt au bra- sier le plus ardent qu'ellene.seroit pas ecliauffee au meme point en aussi peu de temps. Cette clialeur iui est done communiquee par la masse immense de calorique qui se degage de la poudre; savoir: de I'oxigene du nitre , du charljon , da souire , de 1 liidrogene contenu dans le charbon ; pent - etrc de celui degage de Ja decomposition de I'eau. Les memes combinaisons out lieu sans cesse dans les corps organises. Qu'on juge par-la de la quantite de calorique qu'ils doivent en recevoir, et dont ils doivent ^tre pen^tres. Mais le calorique paroit produire , dans les corps organises, d'autres elf'ets qui meritent toute 1' attention du philosophe. Le degagement du calorique , dans la poudre a canon , est accompagne d'une violente explosion, produite par la combustion de I'hidrogeiie, de I'oxigene , du carbone La meme chose a lieu dans les corps organises. II y a reelle- ment comlnnaisoii d'oxigenc..., d'hidrogene, d'azote , de car- bone, de souf're Pourrolt-on dire que cette combinaisony est aussi accompagnee d' explosion , ct que cette explosion prodiiit le mouvement niusculaiie ? Un ET D'HIS TOIRE NATU RELLF. 49 Un honiine est fatigue et epiiise ; un malade est accable dans son lit, ils sont liors d'etat de faire aucun rnouvement : le feu se metil a leur appartement , ils recoirvrent assez de force pour se sawver. Dans tons ccs cas, le sentiment snbit et inopine est si vif, qu'il cause un envoi prompt de I'esprit moteur ; que ce soit le fluide galvanique ou tout autre il se forme des coinbinaisons nouvelles ; il y a grand degagement de calorique , accorapagne d'explosion : ce qui raniine les forces et produit ces mnuvemeiis violens et inattendus, une sueur abondaiite Mais il s'en- sult un tel epuiseraent, que quelques momens apres le malade toinbe le plus souvent en foiblesse et perd connoissance. On volt que ces gi'ands degagetnens de caloricjue doiventinfluer Leaucoup sur I'irritabilite et 1 excitabilite , si meme ils n'en sont pas la cause principale. I.a chaleur augmente la capacite des metaux pour conduire le fluide gal vanique. Ilendoitetre de meme dans les corps organises. Ainsi , en supposant qu'il soit le principe moteur , on voit toute I'influence que doit avoir le calorique. Nous avons deji vu qu'une parrie irritable, telle que le cceur d'une grenouille , qui a cessee de battre, est ranimeepar la seule chaleur. Lorsque I'animal est tres-fatigue et qu'il s'approche du feu , la chaleur le delasse. La chaleur appaise et modere , si elle re calme les grandes douleurs, telles qvxe les maux de dents, les coliques Mais examinoiis plus particulierement les forces motriccs de* C'tres organises. Les grands anlmaux,tels queceuxa sang ronge, ont des forces motrices tres- actives : un cceur musculeux , des arteres et des veines, impriment un rnouvement general au sang et a toutes les liqueurs. Le rnouvement de la respiration , celui des intestins , et enfin le rnouvement general des muscles cooperent avec celui du coeur. BoerliaavG rapporte une experience qui n'cst pent - etr3 pas assez connue. Ce celebre physiclen remplit d'eau tiede I'estomac d'un chicn nouvellement mort. II pressa doucenient les visceres ; I'eau lutaljsorbee par les veines, passa dans la grande veins gastrl- que, de-la dans la veine porte et traversa le foie, elle arriva a la veine cave , a I'oreillette gauche et an ventricule droit du cceur. II lia la veine cave pres du cceur, il y lit une petite inci- sion ;il en sortit d'aljord une eau un peu teinte, ensuife de I'eau Tome V. NIVOSE an-j. G - •5o JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE pure. En continuant d'introduire de I'eau dans I'estomac et de le coinpruner, il y eut assez d'eau absorbee poiir faire palir tous les visceres du bas-veiitre. . . On sent que ce qu'operoit icl la pression , le mouvement du diaphragme par la respiration, lemouvement poriestliquedes intes- tliis,celnldes muscles dubas-ventre... en font autant dans Tanimal vivant , et aiden t slngidierement la circtdation de toutes les licpieurs. Chez les aniniaux a sang blanc , il n'y a que les nioiluscjues qui aient un coRur et un systeme de vaisseaux saiiouins bien carac- terises. C'est une decouverte de Cuvier. Les niemes causes y doivent done faire circuler les liqueurs. Mais dans les autres animaux de cette classe , on ne peut pas assurer qu'ils aient de coeur. On ayoit cru voir cliez eixs. , le long du dos , un gros vaisseau que Ton regardoit comme une artere faisant fonction de coeur ; inais c'est une simple conjecture. Cuvier ne regarde point ces vaisseaux , cliez les insectes , m comme un coeur , ni comme une artere ; il pense que I'organi- sation de ces animaux est absolument differente de celle des autres especes. . L'insecte prend ses allmens par la bouche , soit qu'il y ait vraie mastication, ou seulement succion : ils arrivent dans i'estomac et les intestins. Le chime en est absorbe par un systeme quelconque. Les intestins contiennent un ties-grand norabre de caecum ou appendices coeciformes, dans lesquels les alimens sejouriient, ce qui favorise I'absorbtion du chime. Le foie est tres-volumineux et contient beaucoup de vaisseaux d^lies. Le cerveau est divise en plusieurs parties ; ou plutot ce sont des ganglions qui tiennent lieu de cerveau. Le systeme nerveux part de ces ganglions, pour se disti'ibuer dans tout le corps. On distingue les parties de la generation dont les vaisseaux sont tres-delies. On n'appercoit point de glandes , proprement elites , cliez les insectes. On n'y decouvre ni cosur , ni vaisseaux sangulns. Mais , ce qu'on distingue plus particulierement chez l'insecte , ce sont les trachecs ou vaisseaux aeriens, f[ui sont tres-inultiplies et tres-considerables. lis font la plus grande partie dvi corps de ranimal. C'est dans ces trachees que I'auteur crolt trouver particuliere- ment le principe actif , ou la cause de la circtdation des liqueurs thez l'insecte. ET D'HISTOIRE NATURELLE. 5i II pense que le cliinie est absorbe par des vaisseaux particu- liers (]iii accompagnent les tracliees. L'action de I'alr cjvii doit ej)roiiver un mouvement continuel de dilatation et de coiidcu- sation , sollicile le nioiiveinent de ce chime. On pent ajouter cpie la portion de I'oxigene de cet air se com- bine avec dilFerentes bases acidifiables , pour former les dif'ferens principes de I'animal. Cos combinaisons produisent de I'irrita- bilite dans les vaisseaux aeriens. lis se contracteront et dilatcront alteniativement , ce qui donnera du mouvement a toutes les liqueurs. Les vers jjaroissseiit avoir une organisation semblable a celle des insectes. L'organisation des plantcs paroit se rapjiroclier beaucoup de celle que nous venoiis de voir cliez les insectes. Elles n'ont, comme eux, aucun organe qiu reponde au cceur *les grands animaux. Mais elles ont, comme eux, des tracliees qui paroissent repan- dues dans toute la plante. Les vaisseaux seveux accompagnent par - tout les vaisseaux aeriens ou tracliees , comuie les vaisseaux cliimiferes chez rinsecte. Neanmoins il y aune difference entre les trachees des vcgetaux et celles des insectes ; elles sont placees , clicz le vegetal , longi- tudinalement , au lieu que cliez rinsecte elles le sont transver- salement. II est encore un autre point commun entre les plantes et quel- ques. insectes. Les plantes ne paroissent jioint avoir de centre d'unite d'ac- tion. Cnaque partie de la plante peutdeveiiir une plante parfaite par la grelfe, ou par la Ijouture , ou par provins. Plusieurs insectes , tels que les polypes , ne paroissent e<^ale-. ment pas avoir de centre d'action. On pent les couper en ])lu- sieurs luorceaux , et chaque partie devient un animal complet. Dauhenton regarde les champignons comme des especes inter- mediaires enlre i'animal et le vegetal On sait que Humboldt a retire , de quelques champignons ,, la meme matiere grasse qu'on retire des substances aniniaies. Tel est a-peu-pies le precis de nos connoissances actuelles sur l'organisation des vegetaux et des animaux. Onvoittout ce qu'ellcs laissent a desirer. Gx Si JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE MEDECINE. La nomelle maniei-e d'envisager les principes des corps orga- nises et leurs fonctioiis vitales , devoit faire iiaitre de novivelles Tues siir la cause des maladies, et siir la methodc de les traitor. Aussi la theorie des maladies a-t-elle cliangee eiitierement. Le corps Iminain ( aiiisi <|ne celiu des autres animaux ) n'etant compose que d'oxigene , d'hidrogene , d' azote , de carbone , de pliosphore , de fluide galvanique et la sante iie consistant mxe dans le juste equilibre de ces diverses substances , il y aura done lesion , si une ovi plusieurs de ces substances se trouvent en trop grande quantite ; si une ou plusieurs se trouvent en trop petite quantite. C'est a ces principes qu'on rapporte toutes les maladies et leurs traitemens. Baumes a propose de notivelles vues generales sur la mede- cine, d'apres ces id(^es. II y a, dit-il, cinq substances principales tjiii se trouvent dans r«5conomie animale. Ce sera leur exces en plus , ou leur defaut en mains , qui seront les causes de toutes les maladies. 1^''''. Classe. l^es ox'rsSndses. Ce sont les maladies oil I'oxio-ene se trouve en plus ou eu mouis. 2'". Classe. Les calorindses. Ce sont les maladies ou le calo- rique se trouve en plus ou en moins. 3«. Classe. Les hidrogeneses. Ce sont les maladies ou I'Mdro- £ene se trouve en plus ou en moins. 4^ . Classe. Les azoteneses. Ce sont les maladies oil I'azote se trouve en plus ou en moins. 5<^. Classe. Les phosphoreneses. Ce sont les maladies oii le phosphore se trouve en plus oix en moins. II auroit encore pu aj outer, d'apres ces principes : Les carbonenkses. Les maladies oil le carbone est en trop grande ou en trop petite quantite. Les galvaneneses. Les maladies oii le fluide galvanique est en trop grande ou en trop petite quantite. Les sulfuren^ses , les calconkses, les magnen^ses Les maladies oil il se tfouve trop ou trop peu de soulre, de terre (jalcaire , de magnesle, de ler, d'ammoniaque. . . . Girtanner , regardant I'oxigene comme le principe de I'irri- tabilite , a ciii que ])lusleurs maladies venoient d'un defaut d'oxigene. 11 a avance qu'on pouri'oit , par exemple, traiter les uialadies veneriennes par I'oxigene. II supposoit que le mezxure ET D'HISTOIRE NATURELLE. 53 n'aglssolt qii'en s'oxidant , et que c'etoit en lalssant degager son oxigene qii'il guerissoit. C'est d'ou venoit I'acrion si vive du Bublime corrosii' , ou muriate suroxigene du mercure. L'acide nitrique (et les autrcs acides ) qu'oiit employe Scott E-ollo , Ciiiskrank n'agissent qu'en founiissaiit de I'oxi- gene par leur decomposition. Une pommade faite avec la graisse et l'acide nitrique , guerit ces maladies ; parce que l'acide , en se decomposant , fournit de I'oxigene. Des bains , ou on a fait dissoudre du sublime , out paru pro- duii'e de bons efYets. Beddoes , d'apres ces notions , a recherche les principes qui f)Ouvoient se trouver trop abondamment dans telles ou telles ma- adies; il pense , par exemple , que I'oxigene est trop abondant chez les phtisiques , parce que le sang est trop floride II fait, en consequence , respirer a ces malades , un air qui con- tient moins d'oxigene que I'air atraospherique , mais plus d'azote et un pen d'hidrogene. II a observe qu'en melant beaucoup d'oxigene a I'air atmos- pheri(|iie qu'on respire , les forces \itales sont augmentees iunsi que la chaleur , le sang devlent plus floride. De I'eau, impregnee d'oxigene , produit de tres-bons effets dans les maladies astemques , ou la fibre est relacliee , comma le cachexies , les chloroses , les paralysies. . . , L'hidrogene , mele au meme air atmospherique , calme, et meme assoupit. I^es eaux suLfiireuses agissentde mdme par l'hidrogene qu'elles contieniient. Monch donnoit le carbone dans les fievres putrides ; c'est que sans doute , il y a trop d'azote ou d'hidrogene. Coindet a donne un Memoire sur I'obesite , ou un trop grand embonpoint. II croit que cette surabondance de graisse est pro- duite par un exces d'hidrogene et de carbone. Le sang est noi- ratre dans ces personnes. Pour gueiir cette maladie, iffaut don- ner des remedes qui puissent fournir de I'oxigene , tels que les acides vegetaux , les legumes Le scorbut est du a un defaut d'oxigene : le sang est noiratre Sar la surabondance de carbone , d'hidrogene II faut one donner des acides vegetaux , qui , en se decomposant dans I'economie animale , fournissent de I'oxigene Toutes les maladies putrides sont egaiement dues au defaut d'oxigene 54 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE Lafievre jaime, qui fait taut de ravages en Araerique , est uno fievre nialigne tie inauvais genre. Dans les maladies inflammatoircs , il y a, an contraire ,exces d'oxigenc C'est d'apres ces principes qu'on calcide I'effet de tons les re- medes , svuvant qu'ils augmentent I'irritabiiite de laflbre ,ou qu'ils la diniinuent ; car ils rentrent dans une des classes suivantes: 1°. les acides ; 2.°. les alcalis; 3°. les sels neiitres ; 4°- les muci- lages ; 5". les luiiles donees ; 6°. les huiles acres on essentielles ; 7". ralcool ; 8''. les sulfures ; 9". les oxides metalliques ; 10°. les difl'erens gaz Nous a^ ons vu les effets que produisent ces diverses substances sur les nerf's mis a nud , on snr le cosur de la grenouille. On suppose qu'ils agissent de meme dans le corps de I'animal vivant. Les oxides metalliques , les acides vegetaux agissent par I'oxigene qu'ils Iburnissent. Les alcalis sont aussi stimulans. Les sels neutres sont egalement stimulans. L'alcool , les huiles acres sont tres-ii-ritans. Les huiles donees , les mucilages , les gelees animales. . . . ; sont caimans , parce qu'ils fournissent de I'azote , de I'hidro- gene , du carbone qui absorbent I'oxigene surabondant , en se combinant avec lui. Les suli'ures , les hidrogenes sulfures , agissent par I'hidrogene qu'ils fournissent , et cet hidrogene est astenique ou deprimant, Aussi sont-ils caimans Michaclis est parvenu a. gu^rir les convulsions des enfans par les alcalis donnes a une certaine quantite. Ils agissent dans ces cas comnie astdniques , en produisant une ddbilitd indirecte s c'est-a-dire qu'ils augmentent trop letoii de la fibre , et la privent ainsi de son excitabiTite. Car, lorsqtuls sont pris en petite quantite , ils sont sidniques. Le vin , l'alcool , I'opium produisent les memes effets. Pris en petite quantite , ils sont stenic[ues , mais ils deviennent asteiiiques lorsque I'on en prend une trop grande quantite. Les acides vegetaux , tels que le vinaigre, la limonade . . . pris en jietite quantite , sont steniques , parcc qu'en se decoraposant jls fournissent de I'oxigene. Mais les acides qui se forment dans les premieres voies ne pa^ roissent pas se decomposer avec la meme iacilite j c'est pourquoi ils sont asteniques ou deprimans. Le fiiiide seminal est stenique et donne beaucoup de force ^ ET D'HISTOIRE NATURE LLE. 55 la fibre. On salt combien les animanx mntiles ont la filjrc lache. Peiit-etre cette (|tialite stenicjue est-elle due a I'alcali do. la sonde qu'ou salt etre contemi dans ce flnide : peut-etre aglt - il aussi comme les liuiles volatiles ct I'alcool. L'ecoiilement des larnies , dans les ^randes doulenrs , soidage beauconp et dimliiue le spasme qui se fait ressentir particidiex-t- ment dans le plexus du lias-ventre , et dans ceux de I'viterus elles contiennent aussi du natron. Pent - ^tre agissent - elles en evacuant une partie de ce natron qui stimule trop les nerls. . . Telles sont les nouvelles vues qu'on projiose actuelleinent sur I'art de guerir. On sent f(ue le praticien ne sauroit etre trop circonspect en voulant regler sa pratique d'apres ces notions. Mais il ne doit pas les negliger. Pinela donne une nouvelle distribution methodique des mala- dies. II a suivi la niethode des naturalistes. DE LA MINERALOGIE. La mineralo£iie a fidt de brillantes decouvertes cette annoe. 1°. Le tellurluin ou tellure. Muller de Reichensteiii , dans I'analyse de la mine de Nagyag , qui contient de I'or , avoitdit y avoir reconnu une nouvelle sul)s- tance metallique ; mais il ne donna pas de suite u cette expe- rience qui demeura dans I'oubli. Klaproth vient de la repeter , et il I'a trouvee parfaitment exacte. II a retire une substance metallique a laquelle il a donne le nom de tellariuni. Sa couleur est d'lm blanc d'etain , approchant du plomb. 11 est aigre , cassant. Sa pesanteur specilique est 6.ii5. La mine d'or gris de Nagyag contient. Tellariuni o,33. Plomlj 8,.5o. Or ; ; . ; . O,o8.5. Soufre o,o7.5. Argent ct cuivre. oo.i. Le tellurium est la vingt-nnieme substance metallique connUe. On a, 1°. le platine ; 2". i'or ; 3". I'argent ; \°. le mercure ; 5°. le cuivre ; 60. le I'er ; 7°. le plomb; 8". i'etain ; 9°. le zinc; 10. le bismuth ; ii". I'arsenic ; 12". I'antimoine ; iS". le cobalt; i4". le nickel; 15°. le manganese; 16°. le molydene; 17°. le tunstene ; 18°. I'urane ; irjo. Jq titane ; 20°. le chrome; 21". le telluriuin. 56 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE 2°. La glucine. Vaiiqtielui , dans I'analyse du beril ou aigiiemarine de Siberie, a reconnu uiie noiivelle terre qui , combiiiee avec les acides , donne des sels doiix et siicres. Cette terre est blanche , legere , dissoluble dans les alcalis. Dissoute dans I'acide sulfurique , elle cristallise seule , au lieu que ralumine ne cristallise pas sans une addition de potasse. . . Vauquelln a retire du beril ou aiguemarine , Silice 0.64. Alumine 0.30. Glucine o.i5. Fer oxide 0.01. L'eraeraude lui a donne , Silice 64.60. Alumine \^. Glucine , . . . i3. Cliaux %.S6. Chrome oxide 3.5o. Humidite 2. L'eraeraude cristallise d'ailleurs comme le beril. Haiiy a rd- connu qu'elles avoient les memes lois de decroisseraent. On doit done regarder ces deux pierres comme des varietcs ds la m6me espece. La glucine est la huitieme terre connue; on a i". la calcaire ; a", la magnesie; 3°. I'alumine ; i°. la silice ; 5". la baryte j 6". la circonienne ; 7°. la strontiane ; 8°. la glucine, 3°. Le chrome. Vauquelin a etendu ses experiences sur le chrome ; il a fait voir quil se trouvoit dans un grand nombre de min^raux , et qu'il les coloroit taiitot en rouge , tantot en.verd. Nous venons de voir qu'il I'a retiree de I'emeraude. Rubls. Le vrai rubis , celui qui cristallise en octaedre , analysi par Vauquelin, lui a donne du chrome. II en a retire , Alumine. . . . , , . 0,94.8. Chrome 0,0,4.7. Smaragdlne , ou smaragdite , a donne k Vauquelin huit ccn- tlemes de chrome. Zeolites. La Mineralogie est obligee aujourd'hnl de faire plu- sieurs sous-divisions de ce qu'on a appele jusqu'ici zdolite. Zeolite , proprement dite , est celle de Faroe , qui cristallise en rayons divergens. Ces rayons , examines avec soin , sont des petits prismes rectriangulaires tres - allonges , termines par une pyramid* ET D'HISTOIRE NATURELLE, 5/ jjyramlde tetraedre k faces triangulaires , dont les deux angles iateraux sont isoceles. Vaiiquelin a retire de cette zeolite , Silice 50.24. Aluiuine 29.00. Chaux . 9.46. Eau . 10. Stilbite est la zeolite nacree. Sa durete est moins grande que ceUe de-la zeolite de Ferroe" qui la raie. Sa dureto est 2,5oo. EUe n'est pas pyro-electriquc , comme celle de Ferroe. EUe ne icut pas gelee avec les acides. . . Vauquelin a retire de la stilbite , Silice 5-2.. Alumine 17.5. Chaux. 9. Eau 18.5. Perte. .-.....-.. 3. Analcime. On appelle analcime la zeolite qu'atrouve Dolomieit dans les laves de I'Etna. C'est un cube dont chacun des huit angles est tronque par trois facettes triangulaires qui naissent sur les i'aces du cube. II y en a une seconde variete, nommee trapezo'idale , dont la cristailisatlon est comme cellc du leucite,, a 34 facettes trupe- zo'idales. C'est la precedente dont les vingt - quatre faces trian- guhures ont fait disparoitre les faces du cube. Lepidolite. On I'avoit tou jours regardee. comme une especo tie zeolite. Klaprotli en a retire , Silice 54.50. Alumine » 38.25. Potasse 4- Oxide de fer et de manganese. . 0.75. Chlorite. La chlorite verte pulverulente a donne aVauquelin, Silice c 26. Alumine iS.5o. Magnesie 8. Oxide de fer i^i. Muriate ds souJe ou de potasse. 2. Eau 2. Cette analyse diftere de celles qu'ont donne les autres cliimistes| Tome F. NIV0SEa«7. ■ H h ,58 JOURNAL DE.PHYSIQVE, DE CHIMIE mais Vauqueliii regai'de cette terre cojuiue un suiij^)la uwilaiige , qui par coiise(|iicjit peut yaiuer. P>yroj:enedc Haiiy, on vqlcanite tie Lamotlierie. Ci tte substance' paroissoit jjarticuMere aux.vylcuiis ; juais Doloiuieu I'a relroiivee aux Pyrenees. ^ . . Vauiiuelin. a a.nalyse cehu dps volcans, qui lui a donne, Silice. '. ....... 52,. Cliaux '. • • 3. Alumine 3.33, Magnesie lo. Oxicle de f'er. 14.66. . Oxide, deiamiigf)4ies,e. 2. Sulfate de strontiane. Mathieu de Nauci tronva cette subs- tance cristallisee confnscment en prisxnes eoinprimes; ii la prit potir du sulfate de bai-yte. M"ais Lelievre et Vautjuelhi I'ayant examine , recoimurent que c'etoitde la strontiauc. Vaiiqxiellu en a retire , Srtlfate de strontiane. ...... o.83. Chaux carbonatee. ........ 0.10. Eau. r o.o5. Le sulfate de strontiane est compose Terre strontiane • . . : . 0.54. Acide sulfurique 0.46. Gillet-Laiunont avoit deja vu cette substance depuis long-teflips, il I'a exainiae , et y a vu de petits cristaux semblables i cenx du pretendu spath pesant , ou sulfate de baryte de Sicile. On a exa» tnin^ pour lors ces beaux spatlis , qu'on trouve avec le soufre h Mazzara en Sicile ; et I'analyse afait voir qu'ils etoientvraiiaeii£ du suliate de strontiane. On sait qu'ils se presentent comrae des prismes rliomboi- daux , termines par des sommets diedres. Haiiy en a mesure les angles ; il les a troiive de \oS° , tandis que dans le suliate de baryte ils sont de 101" 2.8'. On cormoissoit , aupres de Paris , une pierre grlsatre , pe- ' sante, qu'on regardolt comrae un suliate de baryte. Vauquelin I'a analyse , et il a reconnu que c'etoit en cffet du sulfate de stron- tiane compoe(^. Grunstein de fferner (1). Cette pierre paroit composee de hornblende verte et de petrosilex. \\) Grun , «n alUmand , Terd. Stein , pierre j piwxt TWU. Sa coiileur est ardmairement verte. Sa durcte est comnie celle de la comcenire. Elle donne I'odeur terreuse en soufflant dessus. Elle fond i!i un degre de chaleur ^-peu-pres egal k celui dcs corneennes. Son verre est noir, comnie rbbsidienne. Forphire h base de n-runsieiti. :' ,.'l' <^ • ■; - > Qudquefois cette pierre contient de "bqaux cristaux de feld- *patli. Elle forme pour lors des porphires a base de grunstein. Aus;its de Werner , des terreins volcaniques. Cest une subs- tance qui se trouvc le plus souveut avec i'olivine dcAWQlcans, , VoicJ les caracleres qui les distin^ent. .; .f'^iOirtoliafiH Oi'.ribo 1'. L'olivine est d'un jaune verdatie,seinblable ^ Is cl?rys<^te dee AUemanus , ou ce que les mineralogistes fran<>ais ont; appeM jus- qviicl peridot. ■uiaan a: , a-tunai rr. L'augite est d'un vert beaucoup plus fonc^ ; et se presehte ordinairement en laiiies. Napione nous a fait connoitre les dernief s' travaux de Klaprotlt 9ur I'analyse d€S sM'bstances mindrales . La pJupart ayoient deji-.ete publiees en franc ais, mais avec quelque inexactitude. PagoditS. Cest la pierre dont les Chinoi's font leurs pagodes ; c'est pourquoi Napione I'appelle pagodite. Klaproth eix a retire d'une espece. -,. ^ S•^• ~ , • - 1 "Tfjiiio'efr; _ r-/ - ; ' ■ .■ Aluinme,, » ..^^,.r* .t,. i ..[P^, ,. 6.36. '"" "f^*^ J ., ,v . Oxide defer. .^.,. . .i- . .■. . 000.75. • ' ■ ^^"'^'"^Eau. . . . i V'[^:^•;■:"^7^if'/f'-do5.5^l■ Une seconde lui a donne , Silice. . . '. 62. Alumine 24. , Ch^ux. .'. . . . .' . . .'..'. . . 1.,"' Oxide de fer 6.5b> Eau. . . .' .'.".. 10. '._ On ne peut voir sans surprise que , cette pierre, qui est si grasse a.ii toucher , n'ait point donue de magnesie. Pierre ponce, KUprotli ^i retire de; la pierre;B*',fl'ce de I^pari, Silice. »,aj,:;ii(..;piL,ii*''St^- • . !77-4?'-!:., Alumine. . «->:.* -^r ^ •■if-'-^'.Aa'.h j-PiZ-^P- o Oxide de fer. ... .■'* •I«^^p;^'?;^Jf^li•^o/ Un peu de maiiganese. .3. -. Ha 66 JOURNAL DE PHYSIQUE, DECHIMIE Terra australe. Klaprotli n reconnii qii'dlc ii'etoit point nne terre particiiliore. C'est un merAiigc dc 66 Je silicc , de :j.8 d'aJu- mine ct de 3 de fer. ,. , .<", ' i x Melanite. "Klapro'th a donne ce nom an grenat noir qui se troiive dans les terreins volcajiiqixes^de Frescati, II est a 36 I'a- cettcs , c'est-a-dire , que c'est ledpdecaedre du grenat ti'onque sur ses vingt-quatre aretes. Sa pesanteurspecifirpie ,. pnse pa^ Chezi , est 36,5oo. Celle du grenat ordinaire: est de /^o a 4?->ooo- . " Sa duret^ me pai"oit un pen nioins graiide que celle du grenat ordiriaire. • • II casse f'acilement. Sa cassure est.'tres-YiSreuse. Ses eclats sent transparens , e,X de COuJeur de bouteille I'oncee. lAu clialuiiieau 11. ;loi)d un peu plus difficilenieiit que le s,renat ordinaire , mais sans aucuiie eouiition. Soil verre est noir. ^ , ; II u'y a que I'analyse qui puisse prononcer si cette, substance est dii'lerente d,u gren^.;,,.,jj, ,,j .,.-jj,jjjjj, , : ■ ,. Gj'enat noir des Pyrenees. 'Picot'-rl/apey rouse m'a envoye dejg- puis long - temps des igren^ts- pairs , trouves au Pic de Drelitz , >iux Pyrenees , iqui par9;i,l!roi<:nt avoir quelques rapports avec le melanite; mais ceux - ci ■ ,sont tou jours a douze facetteSj rhoia?- boidales. Leur pesaii^eur specLfique , prise par Cliezi , est^6,25o. Leur durefl lie s'eldigne pas de delle du melanite. Dans sa ca'At^ affaissement , quoique je ne penso pas qu'une masse, telle que le Mont-Blanc, I'ait jamais pu etre d'unede ces deuxdernieresmanieres.... Mais il me paroit que la majeure partie des montagnes de nos continens a ete I'ormee telles que nous les voyons ; il laut en excepter les degradations qu'elles ont eprouvees posterieurement. Les terrains primitil's , tels ijue granits , gneis , scliistes micaces , serpentines , Iremolites , hornblendes , asbestes , sont cris- tallises distinctement ; ce qui annoncc une dissolution complette et une cristallisation a-peu-pr^s tranqviUle. Les calcaires primitits et les secondaires ( mittelkalkestein ) , sont egalement assez bien cristallises , ont une certaine regularite dans la cristallisation. Mais les calcaires tertiaires ne sont assez souvent que des especes de tul's, ainsi que la craie ; plusieurs de ces pierrcs sont memes porreuses Ce sont des cristallisations tres-confuses. Mais qui est-ce qui a pu f'aire incliner aussi generalement les couches primitives au nor-nord-ouest , et les secondaires au sud-sud-est ? Klugel pretend que la terre est plus applatie au nord-ouest ; mais cette supposition n'est pas prouvee ; d'ailleurs elle n'auroit aucune influence sur I'inclinaison des couches primitives. L' aiguille aimantee decline aussi au nord-ouest ; mais cette inclinaison ne pent avoir aucun rapport avec celle des couches primitives : d'ailleurs , la direction de TaigiuUe varie j elle 66 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE ^toit au norcl , ii y a deux siecles ; nous igiiorons quelle auroit ete sa declinaisou lors des cristallisations primitives. En supposant que cette inclinaison des couches primitives au nord-ouest soit bien constatee, ne pouri'oit-on pas plutot I'attri- buer h la cause suivante? J'ai fait voir qu'il y a des centres gineraux d' attraction pour les cristallisations geologiques. Toutes les couches , par exemple , des moiitagnes qui avoisi- nent le Mont-Blanc , tendent vers cette masse principale , comme centre. II en est de meme dans toutes les grandes chaines de montagnes. Je pense que la partle sphero'idale de la terre qui se releve sous requateur de plus de dix raille toises, doit etre regardee comme lormant un grand centre prolonge tout le long de I'equateur. Toutes les cotiches piimitives des deux hemispheres pourroient tcndre vers ce centre , comme les couches des terrains primitil's qui environnent le Mont-Blanc , tendent vers ce point central ; ainsi toutes les couches des terrains primitil's de cliaque hemisphere se releveroient done vers I'equateur depuis chaqtie r)61e , comme vers un grand centre d'attraction pour les cristal- isations geologiijues. Quant a la cristallisatlon des montagnes secondaires , clle a ete posterieure h. celle des terrains primilils ; les memes causes n'ont pu agir ; leur inclinaison a done du etre dillerente ; mals il me paroit difficile d'assigner la cause qui a fait incliner leuis cou- ches au sud-est. Sans doute on la trouvera. > Deluc, dans son nouvel ouvrage geologiqtie , insiste sur la cristallisatlon des granits en couches. Cest une question de fait qui divise les geologues, et que cepeatlant la vue seule doit decider. La cristallisation des vrais grathts presente-elle des couches'? Personne ne doute qvie les granits vcinds, les kneis , les sc/iistes micacds , ne soient par couches ; mais les vrais granits f'or- ment-ils des couches ? C'cst ce qui est un objet de discussion. Je puis assurer que ceux de la Bourgogne, du Beaujolois , du Foret , de I'Auvergne ne m'orit point paru former de couches ; j'en dis autant de ceux des Alpes de la Savoie... Pini pense egalement que ceux des Alpes Pi^montaises ne forment point de couches. J'ai recherche I'avis , a cet egard , de jeunes mlneraloglstes tres-instruits , mais n'ayant point encore d'opinion arretee sur cesobjets, et qui out voyage dans les Alpes, dans les Pyrenees, ... et je leur ai demande leur maniere de voir. Plusieurs in'ont dit : Nous n'vvons point vu de couches dans les vrais granits j ET D'H ISTOIRE NATUREL LE. 67 d'autres m'oiit dit : Nous avons cru voir des couches dans quel- ques granits. . . . II me paroit qu'oii pent en conclure que les vrais granits ne forment point de couches ; car personne n'a de doute , par exemple , sur les couches dcs pierres calcaires, sur celles des gypses, sur celles des scliistes , pourquol y en auroit-il davan- tage sur celles des vrais granits ? Je persiste done a croire que dans la cristallisation des vrais granits , 11 n'y a point da vraies couches , mais seulement des rentes plus ou moins irre- gulieres , plus oii moins considerables Au reste , cette question me paroit d'un assez foible interet. pour la geologie ; car, que la cristallisation des vrais granits ait ete faite en grandes masses, comme je le pense, ouen couches , comma les granits veines ,leskneis, les scliistes micaces c'est toujours una cristallisation reguliere. DES FILONS METALLIQCES. J'al fait voir que plusleurs lilons metalliques acqueroiant de la puissance , c'est-a-dire, devenoient plus ^pais en s'eloignant de la surface de la terre , et s'cnfon^ant vers le centre du globe j tels sent ceux Kuhcaclit k Freyberg , de Goldcronach en Franconie On appelle en general ^/o/j une veine quelconque , differente du terrain ou elle se trouve. II y a des filons pierraux, des filons bitumineux, des filons metalliques. Deux opinions principales partagent les geologues sur cette question. 1°, L'une, qui a ete embrassee par Werner, suppose que tout filon a d'abordeteproduit par une fente faite dans un terrain quelconque , et que cette fente a ete remplie posterieurement , scit par d'autres substances pierreuses , solt par des bitumes , soit par des substances metalliques. Ce celebre mineralogiste a rapporte Tin grand nombre de raits a I'appui de son sentiment. 2°. La seconde opinion que ja soutiens, est differente de cella-ci. C'est iin fait que la plupart des filons sont plus ou moins inclines. Si on supposoit qu'il ait exlste des fentes ant^- rieures aux filons, le toit ( c'est-il-dire la partie superieiire) , seroit retombe sur le mur (ou la partie inferieure, ).... Je pense done qu'il n'a point existe de parellles fentes , et qua la plupart des filons ont ete produits en mema-tems que la montagne. Je suppose que les substances iiititalliques ^toient inelangees avec las autres portions qui out forme les montagnas : les premieres se sont separees des autres par les lois des afEnites , et ont I a ^8 JOURNAL DE PHYSIQUE, BE CHIMIE ete ionner les lilons par cristallisation. Dans la masse des filons , la ciistalllsailon a ete confuse, mais elle a ete regiillere dans les geodesoii vides , dans lesquelles outiovive de beaux cristeaiix de dillerentcs suljstances Werner, pour appnyer son opinion, dit que les lilons ont toujouis ]j1us de puissance a la surface de la terre qu'a I'inte- rieur ; mais les faits que j'ai rapporte prouvent le contraire. Je ne pretends pas nier (jue quelques lilons n'aient pu etre formes de la maniere dont le pause Weruer j mais je crois qu'ils sent en tres-petlt nombre. BES BITUMES. Faujas a donne un Memoire interessant sur la terre d'orabre qui se trouve aupres d'Andernack. Cet auias immense occupe plusienrs lieues de surf ace j il forme des coviclies qvu ont douze pieds d'epaisseurs du cote de Bruhl ; mais du cole de Liblan , elles sont beaucoup plus epaisses ; car on y a creuse des puits lie plus de quarante pieds de profondeur , sans s'appercevoir de la plus les^ere interruption de cette terre. L'on n'est pas alle plus avant , parce que I'eau {^agnoit. Cette terre est recouverte de cailloux roules , dont plusleurs ont meme penetres dans des I'entes faites entre ces couches de terre. Cette terre brule, et tous les habitans des environs s'en ser- vant k cet usage. Elle est, suivant Faujas, le jiroduit de la decomposition d'un immense an:as d'arbres : on y en trouve encore qui ont jxiS(pra ([uinz.e pieds de longueur , et plus de deux pieds de diametre ; il y aussi des fruits qui paroissent avoir beaucoup de rapport avec cehii du palmier areca « La disposition locale , dit-il, la masse enorme de ces bols qui ne sont ])as melangt^s d'aucune terre etrangere , et la coticJie horizontale de cailloux , annoncent que ce depot immense de bois est I'effet d'un torrent de mer y^. On ne pent plus gueresdouter que les vraisbitumes,les charbons n'aient ete dans un veritable etat de fluidite, comme je I'ai dit... lis se sont ensuite deposes , suivant les lois des afiinites , pour former les couches de charbon mineral ; ils ont un tissu parti- culier, qu'on pent regarder corame une veritable cristallisation. DES VOLCANS. Breislak a donn^un ouvrage interessant sur les volcans de la Campanie. II est accompagne de deux belles cartes. On y voit ET D'HISTOI RE NATU REL LF; 69 tons les volcans ou crateres aiiciens des volcans qui y ont ete si aboiidans. Ccs cojitrees fameiises parolssent avoir ete le berceau de la mytliologie des ancieus , puisqu'on y retrouve tous les lieux qu'elle a celebre. On voit a. I'ouest de la solfature , du cote de Pouzzol et de Cume , I'entree de la grotte de la sybille de Cuine , qui est une caverne par laquelle on descendoit aiix enfers. On trouve ensuite I'Aclieron , le lac Averne-, qui est un lac suliu- reux, le lac Agnano II sortoit autrefois des flammes de tous ces cndroits...; c'etoit le Tartare ; eniin plus loin , sur les bords de la mer , on trouve les Champs-Elysees , qui sont de superbes jardins , et un des lieux les plus delicieux qu'on puisse imaginer. Vaiseniblablement dans ces temps on ne pouvoit y aborder qu'apres avoir traverse tous ces lieux volcaniques , ces pays enflaranies, ces lacs de souf're On disoit qu'on descendoit aux enfers , ad inferos locos , ou lieux inf erieurs , parce qu'on entroit par la grotte de la sybille, qui etoit une caverne. Ces lieux infe- rieurs , ou enfer, iitfera loca , etoient en opposition avec les hauts lieux , les lieux superieurs , siipera loca , ou montagnes , sur lesquels on s'assembloit pour le culte....j telle paroit avoir ete rorigine de cette mythologie si fameuse qui a fait tant de bruit. Dolomieu , en parcourant la ci-devant Auvergne et le Viva- xais , a vu que la. plupari des volcans de ces regions se trou- vent dans les pays granitlques.,.. Cependant , dit-il , les laves qu'ils ont rejetes , ne sont pas composees de granits : de ces deux faits generaux , il tire les consequences suivantes : 1". Les produits volcaniques de ces contrees appartiennent h. un ainas de matikres qui different des granits , et qui reposent au-dessous d'eux. 2°. Les agens volcanic[ues ont ici reside sous le granit 5 leurs £oyers etoient a. des profondeurs au-dessous de lui. 3". Le granit n'est pas ici la roche primordiale , puisqu'il est n^cessairenient posterieur aux matieres qui supportent ses masses, quoiqu'il ait lui-meme I'anteriorite de situation sur tout ce qui est venu ensuite le recouvrir. 4°. Dans cet amas de substances ant^rieures au granit, doivent se trouver les matieres qui produisent imm^diatement , ou qui concourent pour une part quelconque aux ph6nomenes volcaniques. 5°. Ces substances , que nous n'avoiis poiat encore atteint par uos travaux , peuvent ressembler 4 quelques-unes de celles 70 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE que nous connolssons ; mais elles peuvent aussi en dii'fercr , et leur nature doit demeurer long-terns conjecturale. 6°. Enfiu , la base des laves appartenant k des masses les plus ancicnnes de toutes celles dont nous pouvons avoir rjtiel- ques notions, elles conserveront pour nous le genre de dignite aue donne la priinordialite , jusqu'^ ce que nous ayons occasion e savoir ce qui repose au-dessons d'elles , et aussi long-teins que nous admettrons la supposition quec'est surun noyau solide que se sont successivement placees les couches de roches ( pri- mitives ) comme les couches coqnillieres. Ces faits me paroissent prouver, ajoute I'auteur, une opinion, que je sovitiens depuis long-temps, que les foyers volcaniques ne sont point dans les couches seconclaires , et qu'ils ne resident point dans les couches de houillieres ou autres matieres combus- tibles , yegetales ou animales. tc Je presenterai de nouveau , dit-il, mes doutes sur I'exis- tence d'une vraie inflammation dans le§^ prof'ondeurs d'ou sortent les laves , et ou I'air necessaire pour entretenir une com- bustion aussi active , ne pent avoir aucun acces , ainsi que mon oj)inion sur I'effet pyrophorique que produit cette inflammation , senlement lorsque les laves soulevees par des fluides elastiques jusipi'au contact de I'air atmospherique , sont pretes i etre vomies , et qne des gerbes de fumee se changeant en gerbes de feu , annoncent au milieu d'uii fracas epouvantable I'approche d'une erruption.... n cc J'ajouterai m^rae que si je ne puis pas douter que notre glolje ait et(^ fluide , rien ne peut me prouver qu'll ait autre .chose de consolidd qu'une dcorce plus ou mains epaisse. ■Rien ne' peut m'apprendre si la consolidation , laquelle a du necessairement etre progressive , a dejk atteint le centre de ce sphero'ide. » cc Je regarde I'opinion generale qui admet un noyau solide k notre globe, ccinme une hypothese gratulte , et I'hypothese opposee me paroit beaucoup plus vi'aisemblable — ; en I'admet- tant ,| tons les {)henomenes relatifs aux volcans deviennent de I'explicatlon fa plus simple, Les agens volcaniques se redtd- roient a n'etre que des fliudes elastiques ; ils ne f'eroient que ■soulever cette matiere de tout temps pateuse et visqueuse , sur laquelle reposent nos continens , et qui les supporte sans cesse , parce qii'elle a ]ikis de densite que cette croiite cxterieure j alors il ne seroit plus besoin de chercher le genre et I'inimen- site des matieres qui peiivent aliraentcr les feux souterrains vpendant des milliers d'ann^es.... » ET D'HISTOIRE N A T U R E L L E. 71 On voit que I'autexir suppose : 1°. Que le centre duglolae est compose d'une matiere pateuse , visqueuse , qui a un grand degre de clialeur ; 2°. Que dans les erruptions volcaniqvies , des fluides elastiques soulevent cette pate qxii fait la matiere des laves , et qui prend feu aussi-tot qu'elle ale contact de I'air atmospherique... 3°. Que cette matiere pateuse differe des granits ; 4°. Que les granits se trouvent au-dessus de cette matiere pateuse... Deluc , dans ses lettres geologiques , donne aussi son opinion sur la nature des laves. « J'assigne ces laves , dit-il , k la vase qui , ainsi que je I'ai dit, se deposa d'abord sur les pulvicules au fond du liquide primordial , et sur laquelle se deposerent nos couches a partir du granit Differentes operations dans cette vase ou bouillie epaisse , produisirent le degagement de divers lluides.... EUe \int a s'echauffer par le degagement d'une grande quantite de feu , suite d'operations cliimiques dans sa masse , qui I'amenerent h. I'etat d'incandescence en meme- temps qu'elle prodiusoit differens fluides expansibles C'est Taction de ces fluides expansibles qui projeta ensulte ces laves incandescentes au dehors. " Je vais presenter quelques reflexions sur les opinions que nous venons de voir. 1°. Un grand nombre de laves est de granit et de porphyrc j ainsi il n'est point exact de dire que la matiere des laves est toujours au-dessous des granits , ni qu'elles soient d'une nature differente des pierres que nous connoissons. 2°. II n'est j)as non plus exactde dire que les volcansd'Auvergne et du Vivarais soient toujours dans les pays primitifs. J'ai vu ceux dvi Coiron qui sont dans le calcaire.... Le Puy-de-D6me lui-meme ne pent etre dit se trouver dans le primltif. II est entre le primitif et le calcaire ; car , Clermont qui est precisement au pied de cette montagne, est dans le calcaire. La grande quantite de pisaphalte qui sort de tons les terrains qui sont aux environs de Clermont , doit meme faire presumer qu'ilssontun reste des bitumes qui ont autrefois servi a alimenter les volcans. Car , stipposons que les couches dece bitume fussent contigues au granit, comme nous voyons au Creuzot, pres Mont- Cenis , des masses immenses de bitumes appuyees contre le granit, et que ces bitumes se fussent enflammes , le volcan se sera eleve , comme il est, entre le calcaire et le primitif.... II n'est done pas prouve que le volcan du Puy-de-Dume n'ait pas pu etre entreteuu par des bitumes ou pisaphaltes. 7^ JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIJVIIE La meme cliose a pii avoir lieu dans plusieurs aiitres volcans. Quant k ropiiiion qui suppose que le centre du globe ou une portion, sont composes d'une matierepateuse, incandescente..., elle a deja ete avancee par Descartes, Leibnitz , Beccher et plu- sieurs autres savans, qui out suppose qu'il n'y avoit que la croiite du glolie consolidee a une profondeur plus ou nioins grande , et que le centre etoit encore dans un ^tat de fluidite ou de mollesse.... On sent toute la dlfficulte qvic pr^sentent ces sortes de questions. Le globe a ete liqtiide. C'est une \erite rcconnue. La jiartie que nous connoissons est toute cristallisee par le moyen de I'eau , comine je I'ai prouve, k I'exception des por- tions Yolcaniqucs. C'est encore une verite avotiee. Mais la liqvudite du globe entier a-t-elle ete aqueuse , comme je le pense ? ou ignee, comme on I'avance ici ? Si on la suppose aqueuse , la consolidation a du se falre par- tiellement dans le principe. II se sera forme dans ce liqulde des masses immenscs de cristaux ; ils se seront precipites au centre qui , par consequent , a du le premier atqu^rir de la solidite. On pourroit objecter que lorsqu'on fait evaporer des dissolu- tions salines, il se forme a la surface des pellicules, des croutes : mais elles sont legercs , et elles se precipitent aussi-tot qu'elles out acquises une certaine epaisseur. Si la liquidite du globe a ete ignee, et qu'on le consldere comme vine masse viti'ifiee , ou seulcment en fusion , sa croute exterieure a du etre consolidee la premiere , et le centre a dA demeurcrliquide long-tems apres ,en conservant une tres-grande chaleur ; mais le plus grand n ombre des plienomenes jirouve que la liquidite du globe a ete aqueuse , et rieu ne pent porter k croire qu'elle a ete ignee d'ailleurs. Le centre du globe terrestre ne pent etre actuellement incan- descent. Car , si un pareil globe avoit encore son centre dans une liqui- dite ignee , la densite de cette partie centrale etant prouvee ^tre cinq a six fois plus grande que celle de I'eau , d n'est pas douteux que la chaleur de la surface du globe et de celle des lleux oti nous avons penetre , seroit , dans cette hypothese , beaucoup plus considerable qu'elles ne sont.... : c'est ce qu'il seroit facile de prouver par le calcul. Car , supposons ce centre liqiiide encore de chaleur , ou la croute consolidee k I'exterieur aura beaucoup d'epaisseur , ou elle en aura peu. Si on suppose k la croute exterieure peu d'epais- seur , ET D'HISTOIRE NATUUELLE. 70 seiir , par exemple , ciiiquante ou meme ceiitlieues, le noyau Ijrulant auroit aeiix iiiille six ou sept cents lieues de diamctre , des-lors la surface du globe sei'oit brulante. Si on suppose a la croute uiie epaisseur de mille lieues , par exemple , le noyau brulant et liquide auroit encore uu diametre de huit cents trcnte-deux lieues et demie , et (jui conimiini(pie- roit k la croute une chaleur beaucoup plus graude que celle qui est k la surface du glolje. Mais en admettaut cpie cette croute eut mlllo lieues d'epais- seur , comment concevoir ])our-lors que des fluides cxpansils pussent projeter d'une aussi grande profondeur la matiere des laves ? Quelle force Immense ne faudroit-il pas supposer a de pareils fliudes ? Comment de ])areils efforts ne briseroient-ils pas eu mlUe endroits cette croi\te ? Comment y auroit-il si peu de volcans en activite? Car, dans toute I'Europe, ilii'y en a ])lus que cpiatre , I'Etna , le Stroraboli et les lies- Ponces , le Vesuve, et I'liecla , tandis qu'il y en a des milliersd'eteints.... II en estde meme sur le reste du globe... II faudroit done dire que ce sont seulement les chcininees ou Sou]uraux qid se sont fermes , tandis fju'au contraire des efforts aussi violens auroient du en faire ouvrir par-tout.... II me semble done plus conforme aux analogies de dire que le centre duglolie est solide , et que les f'eux volcaniques sont de la meme nature que ceux des pyrites, des niine|Mde iiouille que nous voyons s'enflammer cliaque jour. J'ai attribue ces feux souterrains a quatre causes princij)ales : 1°. A des matieres sulfureuses , telles que des pyrites ; 2°. A du soufre. La quantite etonnante d'acide sulf'ureux qui se degage des crateres, et le soufre qui y est volatilise , deposent en favour de ces deux opinions ; 3°. A de I'antracite ; 40. A des bitumes. Spallanzani atrouve a Lipari des laves qui contenoient beaiiconp de liitumes. Les volcans projettent aussi du sel ammoniaque. 50. Peut-etre la decomposition de I'eau peut-elle contribiier a ces feux — II reste une aiitre question a examiner. La nature des pierres volcaniques est-elle rtiellenient d'tffe- rente des pierres que nous retrouvons ailleurs ? Je ne le crois Y>^s. Tome r. NIVOSE an 7. K 7A JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE 1°. Nous avons vii qu'il y a un grand iiombre de laves grani- tiqiies et de porphyriques. 20. Des scnistes rnicaces , tels qu'on en troiive souvent sur les bitiimes,donnai]t an fen des produits analogues ;i plusleurs laves. 3°. Lcs v\'akes , les corneeunes , les trapps , les grnnsleins I'oiidns donnent des prodnits absolunient analogues h. ceux des volcans. Pictet ni'a fait voir des prodnits de grunsteins fondus. Une bonne fusion a donne nn verre noir, tel ([ue les picrres obsidiennes. Ce verre demeurant plus long-temps aii feu , donne une lave porreuse , sendolable k celle des volcans. Quant aux svibstances particuHeres a certaines laves , on les a presque tontesretrouveesdanslcs terrains que nousconnoissons. a. Le leucite a ete trouve dans des terrains priniitifs aux Pyrenees, aix Perou.,.. b. Le volcanite ou pyroxene a ete trouve par Dolomieu aux Pyrenees. c. L'ampliibole ou hornblende se trouve par-tout. d. La zeolite , la stilbite.... se trouvent dans les terrains non volcaniqnes. e. L'olivine paroit etre notre peridot ou clirysolite des Alle- mands ; qui se trouve dans les terrains non volcaniques.... J". L'angite paroit une variete de rolivine. g. La m61anite paroit avoir beaucoup de rapports avec le granit noir des Pyrenees. Quant ;i riiyacintbine ou idocrase, a la sommlte , fi la melilite et (juelques amres substances qu'on n'a encore trouve que dans les matieres volcaniqnes , il est vraisemblable qu'on les rencon- trera ailleurs. Rien ne peiit done nous fiire supposer fine les matieres , qui ont forme les laves , sont d'une matiere diiferente des pierres que nous connolssons. Les granits sont-i/s lapierre la plus ancirnne ? La plus grande partie des geologues I'avoit toujours suppose , parce qiie nous les retrouvons dans les lieux les plus prolbnds ou on ait penetre. lis supposent en consequence que le centre du globe est compose de granit et autros matieres primitives , melantrets avec les substances nietalllques , ce qui donne la grande density qu'a I'interieur du globe.. .. Rien ne prouve que cette opinion ne soit pas la veritable. La pierre calca'ire est elle due uniqueiricnt au travail des etres organises ? aux coqullles , aux madrepores.... , comme le prdtendent Buff on , Hutton ?... Les analyses ont fait retrouver la terre calcaire dans toutes ET D'HISTOIRE NATUREL LE. jS les suljstances des terrains primitifs bien anterieurs a la forma- tion (les etres organises. DES FOSSILES. Spallanzani pense qne les os fossilcs qui se trouvent en abon- dance a Cerigo , ou Cithere , sont dcs os humains. Fortis a anssi trouve en Dalmatic beaucoup d'os fossiles qu'il a cru etre des os humains ; niais il convient aujourd'hni nu'il iaudroit qu'il revit les lieux. Cuvier a examine Ijeaucoup d'os fossiles. II pense que la plupart appartiennent a des especes qui n'exitent plus. 1°. L'animal dont on troiive les debris en Siberie , et qu'on nomme ni'ammonth , est, suivantlui, voisin de I'elephant d'Asie ; mais il en differe ; son veritable analogue n'existe plus. o?. L'animal dont on trouve les deijris a I'Oliio et dans differentes parties del'Europe, lui paroit une espece d'elepliant qui n'existe plus. 3°. L'animal dont on trouve les ddpouilles a Simore en Lan- guedoc et dans d'aiitres parties de la France , lui paroit se rap- procher de celui de I'Ohio , et ne plus exister. 4". L'hippopotame fossile ne lui paroit pas differer de celui que nous connoissons. 5°. Les depoullies fossUes des rhinoceros lui paroissent Indi- quer des animaux difl'erens des animaux vlvans. 6". On a trouve au Paraguai le squelette d'un animal de douze pieds de longueur sur six de hauteur , enfoui ^ une certaine profondeur. II lui paroit etre du genre des paresseux , et nous n'en connoissons point I'analogue vivant. 7°. On trouve dans les cavernes de Gailenreuth et de Mug- gendorf les depouUles d'un animal qu'on a cru etre I'ours blanc. Cuvier pretend que ce n'est point I'ours Ijlanc. 8°. L'animal dont la maclioire a ete trouvee pres de Verone, et qu'on a cru une portion du crane de la vache marine , paroit a Cuvier se rapproclier du mammouth , quoiqu'd en differe reellement. 9°. L'animal, du genre des cerfs , dont on trouve les depouilles en Angleterre , en Irlande... lui pcroit differer reellement de nos cerfs et de nos elans. lo. Les boeufs dont on trouve les os fossiles en Siberie et ailleurs , liu paroissent differer de nos boeufs connus. 11°. Dree a , dans sa belle collection de fossiles , la maclioire inferieure d'un quadrupede , trouvee en Languedoc. Cuvier pense que c'estcelle d'un tapir qui , gomme I'ou sait , ne vitaujourd'hui tiu'au Perou. K a 7*5 JOURNAL D E P H I S Y Q U E , D E, C 11 1 M I E 12,". Les OS fosslcs do Moiitinartie , (jni so tiouvoient dans la colleclion de Dree ct ailleurs , paroissent indujuer a Cuvier trois esp^ces d'aiiinianx qui out beaucoiip de rapports avcc le tapir ; I'un est de la grossciir d'un cheval , I'aiitre est de la grossenr tl'^ui) coclion , ie troisieine est de la grosscnr d'un lievre. II Suit de cet cx[)ose que les os lossiles exanilues par Cuvier , liii paroissent indicpier : a, des aiiimaux doiit les analogues sont exlstans , tels que riiippopotame , le ta])ir ; I) , d'autres qui different tres-peu des animaiix existans , tels que le mammouth , le rliinoceros, I'ours l)lanc... c , de troisienies qui en different beaucoiip , tel que I'animal du Paraguai. On trouve beaucoup de reptiles fossUcs , principalement des ■crocodQes , des tortues ; i°. les uiis sont alisolumout semblables a. ceux qui existent ; tel est le gavial ou crocodile du Gauge , cabinet de Lamarck. c, Murex lanipas, Lin. , trouve ^ Grignon , pres Versailles , cabinet de Faujas. dy Murex trlpteris , liln. , de Courtagnon, cabinet de Lamarck et de Faujas. e , jSIurex hrundaris y Lin. du Pleniont , ca1)inet de Faujas. f, Bula ficus , Lin., Lamarck , Faujas , coininun a Courtagnon. g, Nautl/us pomp'dhis , Lin., le grand iiaulllle nacre des InJes trouve a Courtagnon , avec son email, cabinet de Faujas. ET D'HISTOIRE NATURELLE. rjj On en voit aiissi plnsieurs exem])laires a Rhelms , cliez Drouet qui a acquis le cabinet de niatlanie de Courtngnon. h, Tatidlafornicata, Lin. , Courtagnon, Lamarck et Fanjas. j , Stromlius pespelecani , Lin. , Pieniont , cabinet de Favijas. k , Trocus ngluthians , Viilgo la Frippiere , chargee encore de coquilles adiierentes , Courtagnon , cabinet de Faujas. /, Solen cultelhis , Lin. , Vuigo , le nianche de couteau , Courtagnon , cabinet de Faujas. Nous pourrions en citer d'autres ; niais coinme Fanjas s'occupe ji les f'aire graver , on les trouvera dans ses le(^ons elementaires d'Histoire Naturelle, apjijj^aljlos a la theorie de la terre. Fabroni m'a assure que dans le beau cabinet de Florence il y a un grand nombre de coquilles Ibssiles absolument sem- blables a. dcs analogues vivans. 2,°. D'autres coquilles f'ossiles different plus ou raoins des ana- logues vivans. 3". Eniin , il en est qui n'ont aucun rapport avec les analogues vivans ; mais lorsqu'on connoitra inieux les coquilles , et s^r-tout celles dcs hautes uiers , il n'est pas douteux qu'on y en reti'ouvera plusieurs d'analogues aux fossiles. On doit dire ia menie chose des autrcs especes d'aniinaux fossiles ; les uns ont leurs analogues vivans, les autres en different peu , et de troisi^mes en different beauconp. II y a line espece de madrepore fossilc qu'on appelle figue de mer. Desfontaines a vu pecher I'analogue dans la MtJditerranee sur les cotes de Barbarie. Parmi les vegetaux fossiles , les botanistes en reconnoissent 1". plusieurs dont les analogues sont vivans ; 2°. d'autres different tres-peu des analogues vivans 5 '6°. enfinde troisiemes en different beaucoup. Nous devons conclure de tous ces falts que parnil les fossiles soit animaux , soit vegetaux , 1". quelques-uns sont semblables k des analogues vivans • 2°. Quelques autres en different legerement , et j'observerai que ces differences sont souvent assez foibles pour qu'on puisse les regarder comnie nullcs 5 car nous Savons comljien nos ani- maux et nos vegetaux peuvent varier , par le climat , la nourri- ture, la domesiicitCj le croissement des races II y a plus de difference de la tete d'un dogue angloisa celle d'un petit levrier que de celle de tel animal ou vegetal fossile a tel autre qu'on ue lui croit pas analogue. Je ne serai done pas eloigue de regarder ces fossiles , tels que j8 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE ceux cTes cerfs , des booufs , des elephans , des rhinoceros comme analofines aux rivans. 3°. Enfin , ii y a des fossiles qui n'ont aiicun rapport avec les aniniaux ou vegetaux qne nous connoissons. Mais en general les os fossiles sont d'un plus grand volume que ceux des animaux analogues. On avoit cru qiie tons les poissons fossiles se trouvoient parti- culi^rement dans les pays volcaniqnes. On supposoit done qu'un volcan ayant fait une grande explosion , avoit ciillnite des ter- rains partiellement, et que des poissons s'y etoient trouves en- f'ermes et avoient peri — jl^ Mais on a dorine trop d'extenslon a cette idee j car on trouve beaucoup de poissons fossiles dans des pays qui ne sont nulle- luent volcaniques. Dans le pays de Mansfeld en Saxe , il y a des schlstes cui- vreux qui contiennent du calcaire , et qui sont reconverts de couches de gypse. Ces schistes contiennent des quantites im- menses de poissons fossiles, et cependant le pays n'offre rien de volcanique. On trouve h Pampenheini en Franconie , les memes poissons qu'a Verone , et cependant Panipenheim n'est point region volcanique. Du cute de Suez en Egypte , il y a aussl beaucoup de poissons fossiles , quoique ce pays ne soit point volcanique. A Glariz on trouve dans des ardoises egalement beaucoup de poissons. Aupres de Cadix , il y a aussi beaucoup de poissons fossiles dans des schistes qui se trouvent avec les gypses et le soufre de Conilla. Cette question de la nature des debris fossiles des vegetaux et aniniaux qn'on trouve par-tout , inerite toute I'attention des voyageurs geologues , et va devenir un objet de recherches cu- rieus.ts et inepuisables pour toutes les classes de naturalistes. Mais il en est une autre qui tient peut-etre k celle-ci, et qui n'est pas moins interessante. Les couches de la surface du globe sont-elles trds-anciennes , ou sont-elles nouvelles ? C'est une question que Deluc traile dans ses Lettrcs geologi- cjues. II croit , avec Saussure , Dolomieu... , que I'etat present ae notre globe n'est pas fort ancien ; mais plusieurs faits ne paroissent pas d'accord avec cette hypothcse. i», II est certain que les terrains que nous appelons primitils , ET D'HISTOIR E NATU RELLE. -9 sont anterieurs a la f'orraation cles etres organises : on en convient. 2". Lcs terrains secondaires ( meltelkalkestein ) , sont anterien.rs a la formation des animanx des continens ; car on n'y trouve que des coqniUes , et en tres-pptit nombre. 3°. Les terrains tertiaires sont posterieurs a la formation des animaux et des vegetaux des continens ; car ils sont remplis de leurs debris. Or , nous ne pouvons pas douter que la formation des etres organises des continens ne remontent 11 une tres-haute antiquite. Car, quelle prodigieuse quantite de vegetaux n'a-t-il pas fallu pour former les Intumes ? Les pierres calcaires contieivient une enorme quantite de coquilles ^ d'os fbssiles Les schistes sont remplis de poissons — Quelle longue periode n'a-t-il pas lallu pour faire vivre ces vegetaiix , ces animaux.... ? Jugeons-en par ce qui se passe sous nos yeux. Calculoiis maintenant le temps qui a etc necessaire pour former toutes ces couches schisteuses, bitumineuses , calcaires — , qui recouvrent la plus grande partie de la surface du globe , et sou- vent de plusieurs centaines de toises d'epalsseur , nous verrons k quelle haute antiquite ces dpoques remontent. Mais puisque le granit et les autres terrains prlmitifs sont encore bien anterieurs u toutes ces epoques , quelle doit done etre leur anciennete ! Quant a I'opinion de ceux qui pretendent quo la formation de I'homme n'est point aussi ancienne que celle des autres mammaux , parce qu'on ne trouve pas des os humains fossiles , elle ne me ])aroit pas Ibndee. 1°. Nous venous de voir que Spal- lansani , Foi tis pretendent en avoir observe ; 2°. et qiiand ineme on n'en trouveroit pas, on n'en pourroit rien conclure. On seroit done egalement aurorise k dire que toutes les plantes, tous les animaux, dont on ne trouve pas de debris fossiles, sont des productions nouvelles C'est une consequence qu'on ne sauroit tirer des faits. II me paroit done bien etabli q\ie la plupart des terrains qui lorment la surface du globe, remontent a une tres-haute anti- quite. II seroit difficile sans doute d'en fixer la date. Nous n'avons aucune donnee relativement aux terrains pri- mitils; mais quant aux secondaires, nous pouriions avoir quel- ques approximations. II est certain que ces couches sont poste- rieures aux etres organises. Or, ces etres n'ont pti exister que 8o JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE lorsque la surface de la terre a eu la temperature necessaire. D'un autre cote , la clialeur centrale diininue continuellemeiit. II f'atulroit pouvoir , i". apprecier cette diminution de clialeur ; 2". determiner le de<^re de chaleur a la surface de la terre , ou les etres ore;aiiises ont pu commeiicer il exister.... Avecces donnees, qu'il ne seroit pas impossiljle d'olitcnir, on poiirroit supposer , par approximation , I'epocpie de la formation de nos couches secondalres. II sc presente iine troisieme question , dont la solution n'cst pas moins difficile que celle des (juestions precedeiites. La 7'etiaite des eaux s'est elle opdree lentement ou succes- sivcnient ? Ou sont-ce de grandes catastrophes qui ont operd cette retraite ? Deluc , Dolomieu, Bertrand , soutiennent que ]a mcr s'est retiree sulntement par plusicurs grandes catastrophes ; et que dcpuis la derni(^re catastrophe qui I'a araeiiee au point o\x elle est , le niveau de scs eaux n'a pas change sensiblemejit. II est yrai- que le niveau actuel des eaux ne jiaroit pas changer senslblement de])ui#^ environ deux mille aiis ; et s'il se trouve dans les continens quelques terrains que I'Histoire nous assure avoir ete sous les eaux , il y a peu de siecles , tout prouve que ce ne sont point les eaux qui se sent retirees ; mais les fleuves ou d'autres causes ont amoncele des saljles sur les bords de la mer , et en ont refbide les eaiix ; c'est ce qu'on voit aux embouchures duRhin, duPo , du Nil .. , dont les atterrissemens ont etendu les continens en refoulant les eaux des mers , sans que leur niveau paroisse s'etre abaisse senslblement Je dis sensiblenLcnt ; car j'ai presente dans la theorie de la terre , plusieurs laits qui ]iaroissent prouver que les eaux de la Moditerran^e se sont un peu elevees ; et Dolomieu , qui se refu- soit a CCS faits , vient de reconnoitre qu'a Alexandrie , les eaux de la mer se sont elevees d'un pied depuis les Ptolemees. Pallas , Saussure.... , ont suppose' trois grandes catastropli^s principales , dont chacune avoit abbaisse d'une grande quantite le niveau des mers. Des cavitcs immenses', dans le globe, se sont aflaissecs subitement , et les eaux s'y sont precipitees. On s'appuie toujours , pour soutenir cette opinion , de I'affais- setiient de la graude ile Ailantique , dont parle Platon ; mais j'ai fait voir dans ma T.'iieoric de la Terre , « qu'en supposant r> que cette ile eut deux cents soixante mille liemes quarrees , » c'est-a-dlre , un centieme de la surface de la terre, ou dix ibis ■y> plus d'etendue que la France , et qu'elle se fut affaissee de >» trois ET D'PIISTOIRE NATUK.ELLE. 81 >» trois cents pieds, elle n'auroit produitj dans les eaux des " mers , qii'un aliaiss^nient de six pieds « : et cependant , quelle caverne n'eiit-il pas fallu supposer pour un pareil aflaissenient ! Quand on supposeroit un affaissetnent merue de trois cents toises, il n'opereroit, dans le niveau des eaux. des mers, qu'une diminution de trente-six pieds. ' ' Mais supposoiis ces grandcs catastrophes dont on parle , el ces abaissemens subits et considerables des eaux, et calculous quelle caverne il I'audroit faire affiilsser pour que le niveau des eaux diminuat, par exemple , suhitement de quatre cents cin- quante toises, c'est-a-dire , d'un cinquieme d'une lieue.La sur- face de la terre a plus devingt-cinq millions de lieues quarrees, ( 25,773,900 ); Si on supposoit qne les eaux couvroient a-peu- pres toute la terre , et qu'elles se soient abaissees subitement d'un cinquieme de lieue, il laudroit une ou des cavernes de cinq millions de lieues cubiques pour les recevoir. On sent qu'il est contraire a toutes les probabilites que de pareilles cavernes se fussent al'faissees subitement II me paroitdonc plus vraisemblable que les eaux ^e sont retirees successivement, 1". paries fentes particulieres ; 2°. par les scis- sures occasionnees a la surface du globe pjr son relroidissemeui ; 3". par I'affaissement de quelques terrains, tels que 1 lie Atlantique.-..i Car , je ne nie point qu'il n'y ait eu , a la surfixce de notre globe, plusieurs affaisseinens assez etendus , de grandes montagnes , par exemple. Les treml)lemens de terre... en off'rent des exemples f'requens ; mais ces affaissemens ne me paroIsseHt point aussi considerables qu'on le suppose ici. Les eaux des mers abandonnent-elles un continent pour en envahir d'autres ? qulttent-elles les rdi^ions polaires pour se porter a I'equateur ? Par quels moyens la Nature a-t-elle pu enfouir dans les cou- ches mindrales une si grande qiutntite de debris d'etres organises ? Comment les debris d'animaux analogues a I'eL'phant , au rhinoceros {si cs ne sont pas des dldphans eux-menies , des rhinoceros ), se trouvent-ils en Siberie , en Languedoc , k I'Oh'io, au Perou ? Comment les debris du tapir , qui habite aujourd'hui le Perou , se trouve-t- il en France ? Pourquoi ne trouvet on pas parmi les Jbssiles , les debris de Tome F.'NIYOSE any. L 82 JOTlRNAr, DE I'lIYSIQIir, DE CHIMIE tons nos grands aniniaux ? Enpeut-ori conclure qu'iLs n'exis- toient pas a cftte epoque ? Comment a t-il dhparii line si grande quantite de v^gt^taux et d' aniniaux dont nous ictrouvons les debris Joassiles ? Toutes ces questions et plusieurs avitrcs jie peuvent etre eclairr cies que par de nouveaux laits , par do uouveaux travaux. . '. . " Nous Savons que les mers du Nord sont couvertes en certains endroits idc Iiois , lesquels sont charries par les grands ileuves (|ui y ahoutissent des difierens continens. Ces liois peuvent cnsuite etre portes a de graudes distanj^es par les vents , les cottrans.... ' ' ■"^' Les cocos qu'on trouve snuvent anx" Maldives, paroissent y etre apportes des lies Secliellos , a plus do quatre cents lieues de distance. On y retrouve les arbres qui portent ces Iruits — Ce sont des fairs qu'il ne liiut pas negliger dans la recherche des causes de ces grands phenouienes. La dernierc question que nous- allons examiner , est de §avoir , ■ ,,^, , ..,^,^;,,';( ' • Comment se sont operJes les cristaUi sa tions geoJogiques ? Comment les ddbris des animaux et des vi'gdtaux se trouvent enfermSs dans ces cristallisations geologiqves ? Runifbrd rapporfe vine experience qui pent jeter hea.ucoup de ^'our sur cct objet. II prit un l^ocal de 4 i polices de diametre , ^t de I de haut , et le logea dans nn autre bocal im pen plus grand. 1-es deux bocaux f'urent jilaces an milieu d'un grand bassln de terre cuite plein d'eau et de glace pilee. La tempera- ture de I'appartement etoit i |. II prit une forte solution de sel transparente , et dont la temperature etoit a zero. On prit a la Illume temperature de I'eau co!or<'.e en rouge , et de I'huile d'olive. On versa, dans le bocal interieur , de I'eau rougie , a la hauteur de deux ponces ; puis, au moyen d'un entonoir h long col , qui plongeoit jusqu'au fonddu vase , on versa la dissolution de sel qui occnpa le fond dii vase , sans se meler a I'eau rougie , laquelle surnageolt j et au-dessns de cette eau, on mit de I'huile. On versa dans le bocal exterieur de Iciu a la glace avcc de la glace pilee. L'appareil deraeura ainsi pendant quatre jours , sans que les liqueurs se melangeassent. Mais ay.int enk-ve le bocal interieur, et mis dans un apparte- ment echauffe par un poele , I'eau s ilea se inela bientot avec I'eau rougie. ETD'HISTOIRENATURELLE. 83 II en conclut que," tlans les lacs ou mers profondes, I'eau de la surface peut elre douce et le fond sale. Pictet , en rapportaut cette exiierierice dans la Bibllotlieriue Eritanniqiie (fructidor, pag. 234 )j observe qu'un hoiiime insiruit et employe dans Its salines , lui avoit assure que le fond du lac de Geneve , vers son extreuiite oiienraleou il est tres- pro- fond, etoit sal^ , quoique ses eaiix soient absolument donees a. sa surface. II se ])ri)pose de faire constater ce fait. 11 peut done se faire tous les jours des cristallisations geolo- glques dans les liautes ruers , quoique leurs eaux, a la suriace, paroissen; limpides. Les lleuves et les autres courans entrainent dans les bassins des mers, les bois etles debris des animaux morts Toutes ces sulistdnces se trouvent enfermees dans ces couches minerales qui se foinient. Dans toutes ces cristallisations , les lois des affinites y exercent leur empire ordinaire. La , se forinent des couches calcaires j ici J des gypseuses; alUuurs , des schisteuses L'expose des fails que nous venons de rapporter, prouve que nous pouvons regirder corame certain, quelques-uns des points de geologic que j'ai assignes , tels sont la cristaliisation aqueuse du globe , la Ibrmation de la plus grande partie des montagnes' primitives dans la place qu'elles occupent DE LA CnilM'lE DES MINERAITX. Nous avons dcja vu les brillantes decouvertes dont la cliiinie a enrichi la mineralogie. BerthoUet a donne des observations sitr I'liidrogene sulfure , travail qu'il a fait avec Welter. Pour obtenir cet hidrogene sul- fure , ils ont employe ordinaircment le sulfure de fer, qu'ils out decompose par I'acide sulfurique. II s'en degage beaucoup de gaz , dont une partie est de I'liidrogene pur , et le reste est de riudrogene srdfure , c'est-a-dire de I'hidrogene qui est combine avec du soufre. « L'liidrogene sulfure , dit-il , dissout dans I'eau , rougit la tein- ture de tournesol , le papier qui en est teint et la teiiiture de raves. II se combine avec les alcalis , la baryte , la cliaux , la magnesie. II forme, avec ces substances , des combiualsons qui, melees avec les dissolutions laetalliques, cliangent de bases , et on a des coni- binaisons des metaux avec I'liidrogene sulfure. II decompose lo savon, et prend la place de I'huile aujnes des alcalis. II precipite - en grande partie le souire des dissolutions des suifures de potassc La 84 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIIMIE ou de clianx,etil tend a former , avec le reste,uiie comljintdson triple J3. \j'h\ 'il^ ^^^ planches fixes avec des caracteres moljiles. Non typis mobUlbiis ut fieri soJet , sed tabeUis sen laminis fusis. Ce sont ses propres paroles. 11 impriina un Salluste par ce precede. Firmln Didot a allie egalement les deux metlxode^ II a com- ET D'H ISTO IR E NATU RELLE. c)i) mence par composer a rordinaire en caracleres metalliques mo- biles ; il les soudoit ensuite tons dans le derrriere de la planche. II a imagine posterieurement un autre precede. II compose line premiere planche en caracteres mobiles a I'ordinaire. Ces caractercs sont d'une matiere assez dure. Cette planche lui sort alrapper d'antres planches comj>oseesderalliage ordinaire d'anti- moine et dc plomlj , comme le coin sert a f'rapper une medaille. Ces secondes planches sont celles qui servental'impression. C'est ce qu'on appelle edition sU'reutypes (i). On a, par ce mo\en , des planches fixes , et qu'ou pent renouveller u volonte , avec les- quelles onpeuj: tirer un grand nombre d'exeitiplaires , sans craindre que des kttres se deplacent, et produiseut des fautes typogra- phiques. ERRATA. Page 7 , ligne 38. La longueur du metre n'est pas encore determiiiee exacte- ment. II paroit qiie sa longueur sera au-dessous de 36 pouces 11 ligucs 44 centiemes. Pag. 38, jig. i9 a 7 tS •+ 1,1 + 5.!' a 7him- i7.io,j a 9'\is.. . 17- 9,1 17. 10, 1 a midi. . -f- a midi. . + 7.8 6^6 a 8 m..+ a 9 i S.+ <,7 4,9 + 7,8 6,6 a 8h. m. . 17. 6.1 a 17. 6, J 17- 4,9 1 8 a 9h.{ s... 17. 5,8 a Sh.i m.. • 17. ;.5' a midi.. -\- a ih.i s. 4- 7.3 8,7 + + 7j1 a midi. . . 7,8 a io'\ s.. • 17- 7,5 17.. 8,1 a 8h,i m. 17. 7.4 7,9 17- 7,5 lo a lo 5..-f- ),3 a 7''.-fin.. 17- 17- 7,4 1 1 a ih. s.. + 7,S a 7 m..+ 3,« + 6,7 a 7''. m. . 17.10,1 a I oh, is. 17- 7,4| 17. 9,9 if a yh.^in. -f- a ill 7 s. -f a midi. . -j- 9. J 7.8 4J + 8 J. u Ih, s. . . . 17. 6,4 17. 7,8 17. i 1,1 17- 7,8 17- <^,5 a 7h,| m. a7".is.. 17. *,5 7.7 17- 4,4 1 ■ I? 16 a 7 im.-l- 3,9 + + 7,'' 4,5 |a 8 .i m. a. 8l;.i m. a yli.i 111,. a midi, . . 17- 17- 7,8 17-",1 17- 6,3 \ a 7 {m.-f- a 7 + 3,9 5,5 a Sh.i s. . a 9''.'m.. 17- 17- 6.5 6,0 9,8 I', 7 10,8 a i'\ s. . 4- 0,4 + 9,3 k £-7 a midi... + 8,1 a 8 + 3,5 + 8,1 a Si^ \ m. a 9i„i m. i7.I>-,8 a Sh. m . 17- 17- 'o,i| !8 a i'\ s. . + '•,7 a 8 + 1,5 + i,<; 17. 10,8 17.10,71 '9 a ih. s.. + If a S i — 0,5 + iji a midi.... iS. 0,1 a 6h.im. 17. 18. 0,1 " ^0 a midi. . -f- K^ a i,is.- o,o + 3,1 a midi.. . 17. 10,3 a 7^im.. 17. 17.10,8 j 1- - 1 a midi.. + 0,6 a 7 im. - 1,3 + Oj; a 8h.i m.. 17. 10,0 a 8'\is.. 17- 9.6 17,10,5 . 11 1 ; a midi... + a midi.. + 3 7 4 — i7i - 4,0 ',3 Ojj a lo''. m.. iji a Sh. m.. 17. 7,8 17. 4,6 17. 6,9 17- 4,5 1,1 + a 8h. s.. . 17- 4,0 5,0 '■4 a 9".! s. + 1,5^ 3 7 5 — o,6 + 0,4 a 9". s. .. 17. h-.O a l'^\ra.. • 17- 17- 5,5 If .1 midi... -\- 9.1 a 7 i + 5,1 + 9_i a midi.. . . •Li. 6,6 a 8Km. . 17- 6,0 17, (-.6 16 3 iKi s. + 8,7 a 8 -H 6,5 + 8j5 a midi.. . . 17- 7.4 a 8\m,. 17- 7,5 17- 7.4 a ih. s.. + .a midi... -\- S 1 + + 17. 5,5 17- 5,4 17- 5,3 , 17- 4,5 18 6,8 a S + 5,' 6,8 a ?'\ s a 8h. m. . 17- 4,0 1^^ 19 a midi... + «,i a 1 f S..+ 5,91 + 6,1 a ih.ls. .. 17- 7,9 a 8I1. m. . 17. 6,5 17. lA " -1° i ih.s.. + 3.7 a lo — 0/, + S,*^ a loii. s . i8. 3,7 a 8l\im. 18. 1,0 18. i,o| ' RECAPITULATION. Plus grande elevation dii mcrcure 18. 3,7 le 30 Moindre elevation du merciiie 17. 1,8 le ; Elevation raoyenne 27 .8,8j P!ii5 grand dtgre dc clialeur + 9,5 le ii Moindre dcgrii de cha'.eur — 4.0 ^'^ n Cluleur moyenns 4~ i,7 Nombre dc jours beaux 8 de cniivcits 11 de pliiie ,. 9 ! . L'OBSERVATOIRE NATIONAL DE PARIS, ,.\riniaire mi rii. r ^ Hyg. 7!, I so,? So, 7 78,0 84,1 loS.o Vents. s 9 97, )■ lOf.O 94,6 !- IOJ,0 I \ 94,^ '4 94,5 16 91,5 ■- 88, y 88, J 70,5 " 51. y f4,o ; - 48,0 «9,o 101,0 - 1=4,0 -" ic+,o , N ■05,5 -9 185,0 y-\ 76,0 Calme. S. N-E. fort. N. Calme. s-s-o. S. fort. S. S-S.O.foit. S-S-O. o. Calme. S-O. Calme. S. S-E. Calme. Cdlrac. N. N-E. N-E. E-N-E. E. Calme. S. S. s. o. Calme. N. POINTS LL'NAIRES. Pleiae Lune. Lunc perigee. Equin.iicsccnd Dcrn. Quart. A'ARIATIONS DE I ATMOSPHERE Noav. Lunc. Equin. ascend. Lune apogej. Prcra. Quart. Beaucoup d'eclaircis; ncigecntre 7 et lo heures du soir. Eclaircis vers miJi ; brouillard cpais le matin. Cici couvert ec brumeux. Couvert ct brouillard; nei^e par intervalle ilepuis midi. Beau avaot midi ; ciel legeiemeiit couvert le soir. Ciel couvert ; pluie le soir. I'luie presc]ue continuelle. Pluie avant midi et le soir. Ciel convert; quelques eclaircis par iiite.rvalles. I'luie une paitie du jour. •■ Eclaircis avant midi; pluie le soir. Pluie presque continuelle ; brouillard Ic matin. Ciel a demi-couvert. Brouillard epais le matin ; beau ciel. Ciel couvert. Cic! a demi-couvert; supctbe route la soiree. Superbe ; Ic'gcr brouillard le matin. Ciel couvcit , brouillard epais toute la journee. Superbe ; legcr brouillard le soir. Ciclnuageux par intervallcs; forte gelee. Ciel trouble ; quclcjues nuages vers a\\.\\. Ciel nuageux- avant midi ; couvert dcpuis 4 heutes du soir. Quelqucs eclaircis vers midi. Brume; la rcrre couverte de glace. Pluie presque continuelle avant midi ; beaucoup d'eclaircis Ic soir. Quelques eclaircis. Ciel couverr. Brouillard epais; pline presque continuelle. Temps pluvieux et brouillard toute la journee. Ciel a demi-couvert ; beau le soir. Pi E C A P I T U L A T I O N. de vent 11 de gtcle o de tonnerre o de brouillard 9 de neige 2. Le vent a fojffli du N 5 fois N-E 4 E I S-E I S 9 S-O 1 1 N-O o io:i JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE "'■'■ = 't NOUVELLES LITTERAIRES. Dictlonn aire elSmrntairc de Botanique , par Bulltjrd , revii. et prcsque enttt'rement rejbndu par L,ouis-Claude Kl c H A RD , projhsseur de Botanique a I'Ecole de JSIedecine. Outrage ou toutcs les parties des planlcs , leurs diverses affec- tions , les tef'mes usitfJs , et ceux qii'oii pent introduire dans les descriptions botanujnes, sont definis, interpretes avec plus de precision qn'ils nc font ete jusqn'a ce Jour ; Suivi d'une exposition inethodique de ces raeraes terraes , au moyen de laquelle, et a I'aide du Dictionnaire , I'etudiant peat prendre une lecjon suivie sin- cliaque partie de la plante ; Precede d'un Dictionnaire botanique latin-franrais ; Orne de vingt planches, gravees en taille-donce avec le plus grand soin : i vol. in'&'. A Paris , cliez A, J. Dugour et Durand , Libraires , rue et h6tel Serpente. On voit , par le tltre de cet ouvr;t-ge , qu'il n'est pas un simple Dictionnaire de quelques terines de botanique ; uiais c'est im Precis tres-bien fait, dos notions les plus elenientaires des ternies de liotanique , des differcntes jnethodes pour etudier cette science, et des principales fonctions pliysiologiques des vegetaux, Les belles planches , dont il est orne , ea angmentent le raerite , parce qu'elles repr^sentent les princpaux objets qui y sont traites. Les Merveilles du corps humain., ou notions familidres d' Anatomie , a I' usage des enfans et des adolescens , par L. F. Jadffret. a Paris , chez A. J Dugour et Durand , Libraires , rue et liotel Serpente. i vol. in-\6. L' Anatomie devroit entrer essentiellement dans les plans de I'education : qui est ce qui int^resse plus Thonune que de se connoitre soi-meine. r»»Ti ,-«j-o». Connois-toitoi-ineme, disoit I'lns- cription dn Temple de Delphes ! ( Dlogene-Laerce attribue cette sentence a. Solon ). La connoissance de I'hoinme renierme deux objets princlpaux ; celle de son coi'ps , ou Tanatoniie ; et celle de son coeur , ou Yhomme moral. ET DHISTOIRE NATURELLE. io3 Histolre Naturelle ahrdgee du Ciel , de t Air et de La Terre , on notion, de Physique gdnerale , contenant ce qu'il n'est pas perinis d'ignorer sur le systeme du moiide , ]es astres , I'air, I'eau , le feu et la lumiere ; I'electricite et le magnetistne ; les meteores , la geoCTraphie physitjvie de I'air, et les cpir.ions des philosophes et des savans sur sa formation ; onvrage mis a la porlee des gens du monde , et traite d'apres I'eiat actiiel des connoissauces, avcc onze plauches, dont une carte du ciel, par Philiekrt. a Paris, de I'lmprimerie de Digeot , grande rue Verte , faul^ourg Ilonore , n". 1126 ; et se trouve , i Paris , chez Debcjhe I'aine , rue Serpente , n°. 6 ; Plassan , rue du Cimetiere- Andre-des-ArtS; ii°. 10; Deterville , rue du Eattoir ; Fuchs , rue des Mathurins , hotel de Cluny , n^. 3345 Villiebs j rue des Mathurins , n'. jp6. 1 vol. grand i«-8°. Cet Duvrage, d'une belle execution typographique , paroit remplir le but de I'auleur. II off re un precis de la physique generalr- , de rastroiiomie et de la gdologie. C'est \m service que de mettre ces sciences h. la portee de la plupart des lecteurs. Reflexions sur la Sculpture , laPeinture, laGravure, /'Archi- tecture , suivies des Institutions projires a les f aire Jleurir en France , et d'un Stat des objets d'art dont ses JMusees ont ete enrichis depuis I'an, 2 , par le gdneral Pomereuil , seconde ddition. A Paris , chez Bernard , libraire pour les mathemati- ques , sciences et arts , quai des Augustiiis , n°. oj. Le d^bit rapide de la premiere edition de ces ouvrage , jjrouve qu'il a interesse le public. Cette seconde edition est encore plus digne de lui plaire par les additions qu'y a faites I'auteur. io4 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE ' ■■•"■ "■"■■■ ■■■"' TABLE DES ARTICLES CONTENUS DANS CE CAHIER. IVl ATHEMATIQUES. Pag- I \Astronoinie. 2 Physique. 8 Mecanique. 10 Musique. Ibid. Calorique. 11. Fluide luniineux. "j^ 12 Fliiide electrique. ■ i5 y^//- atmosplieriqiie. i4 Meteorologie. i5 Fluide galvanique. 18 Zoologie. 20 Anatomie des animaux. zj Botanique. Ibid. Phisiologie animale. 3o yiiia torn ie des plajites. 3g P/iisiologie vegetale. 4^ Chaleur des vegetaux ct des animaux. 47 Medecine. 5 a Tvlineralogie. 55 Cristallographie. 63 Geologic. Ibid. Filons metalliques. 67 Bitumes. 68 Volcans. Ibid. Fossiles. ^ 75 Chimie des miiieraux. * 85 Chimie des vegetaux. 87 Chimie des animaux. 88 ./^ri^. 97 Observations metSorologiques. loo^ioi NouDelles litteraires. 102 ^me,rtcan,i/cne- 'JlacQi eJuiZayv/cAe. ^jlace I I CcLucasiscL. J^cLce, aMongadifcio. ,f^ac& cAjAio/jtJ^cht JicLce viim^rtcMiifcL 'Acu:& cJCala^jifiAa ,%x:e A^ii^i>Jt' ijn 7 - m. •%">- ^ JOURNAL DEPHYSIQUE, D E C H I M I E ET D'HISTOIRE NATURELLE. P LU V J O S E an 7. "TTTl^CS'=^tV" EXPERIENCES Fakes stir I'lildrogene carLone pour decider si le carbone est un element on line substance composee ; Far le D. Goillannie H e n r t , memhr/i de la societi rojyale des sciences de Londi'es , de la societS philosophique Litteraire de Manchester , etc. J-Jes consequences que le docteur Austin tiroit de ses expe- riences sur le j^az hldrogene pesant (1) par rapport au melange du carbone, occasionnoient un si grand changeraent dans I'ex- plication d'une suite indelinie des phenomenes les ])lus impor- tans , qu'elles ne poiivoient plus etre ado|itees sans un examen severe de la mctliode que ce iiaturaliste avoit suivie, et la rdpS- tition la plus soignee de ses experiences. Je me ilatte de montrer aussi aiscment la source de I'erreur dans la premiere, que la pegligence des accessoires dans la seconde. Le docteur Austin trouva qu'au moven des commotions elec- triques sur le nierrure , le gnz hidrogene carbone augmentoit precisenicnt du double son volume primitit'. Cette ex!ension snrprenante ne lui parut avoir d'autre cause connue , que celle du degagement dii gnz hidrogene. Le gaz electrise , mis en combusrion par le gaz oxigene, exi- gooit plus d'oxigene pour en etre sature avant , qu'apres I'elfet ■ i~ ' [\) ^ oyez. les cxprrionces d'Austin , sur cc giz , frans, Phil. vol. 80 , pi. 1 , pag. 5i a 73 , et dansle Jourii. de PhysiijtieicGienf 3 vol. p. 247 a 253. Tome r. P LU V 10 S E c/i 7. O io« JOUR NAT, DE PHYSIQUE, DE CH IMl'E do reuncciloolcciri(jue ;. ainsi la quanritd oxulabls ang;;.\cnte par' cette operation. Le gaz hidroSi^ne^ qiu se degnge en electiisant , scmMe prn- Tenir de la decouiiiosition de ceri^iuies sulistaiic.es par re!ccii-i- cite , et non pas soulfiineni do rexpansion de rehii que contient le gaz liidrogcne c.ai'luiiie ; car, si la quaiitite d'liidrogene ne sottil'roit aiicune alteration , el; que le rntode d'aggregation Itlt senlement change, il ne pourrolt se conomiier iine plus grande quantite d'oxigene npres i'electi-isation. Outre riiydrogeiie du gaz hidrogcnio carbone, il n'y avoit , dans celte experience en contact avec les tnhes de verre et le- inercin-e , que dn carbone ot de lean , dont la derniei'e , quoique non partie constituaiite desgaz, s'y trouve souvcnt meliie. Si le gaz Imlroa^eiie qu'on bbtient , provenoit de la decompo- sition de la ])reiTiiere de ces substances , il sei-6lt evident qu'une quantite determlnee de gaz lildrogeiie carbone, electrise, don- neroit nioins d'aclde cai boniqiie , par la combustion avec I'oxi- gene , que pareille quantite de gaz non electrise. D'apres.ce qni a ete dit ci-dessns , qn'ii. y a nne phis grande •absorption de gaz oxigene, en eraployant du gaz electrise, il resulte que , pour determiner le contenn du carbone pur la com- Lustion , on ajoute au gaz , avant I'eff'etde I'etiiicelle electrique, nne phis grande portion fl'oxigene qu'il n'en i'aut pour saturer rhi(lroe,e e qui se degnge. L'on doit s'attendre, en negligeant cette precaution, ([ue le produit en acide earbonique sera moin- dre, puisqu'une partie du gaz hidrogene carbone , echappera k la coiulinstion. Le carbone ayant line grande ailinite avec I'oxi- gene, ctliu que contient le gaz hidrogene carbone, sera sature- et converti en acide earbonique , avant que I'attraction de I'lii- drngene pour I'oxigene alt ]iu produire de I'eau. J'ai trouve cependant que le resldu de la comliustion dn gaz- liidrogcne carbone avec nne petite quantite d'oxigene , n''ctoit priS siiiqjlemeut du gaa hidrogene , inals encoie du gaz hidrogene ear bone. Dans les deuxieme , cinquienie et sixieme experiences du D. Avjstln, oil la quantite de giz electrise fut examinee en I'em- brasant avec I'oxigene, la combustion ne fut qu'imparlaite , parce qu'il n'y avoit point assez d'oxigene. II est ariEsi tres-reitiarqualile que plus la comlmstion etoit par- fftite, plus le gaz electrise produisoitd'acidecarbonifpie. II seroit done tres-proliahlc que si elle s'etoit fiiite pbis par'aitement , non-seu!ement il n'y auroit point Vjnanque de gaz acide carbo- ET D'HISTOIRE N A T U R E L L F. ioy Clique , mais aussi on n'auroit pu supposer que le carbonc se ful decompose. 11 y a une tres-^rande objection h. I'aire , tant sur cette expe- rience , que snr piesque toutes ccllesdii D. Austin , c'esf que les rcsiJus nc f'lirent jamais examines avec assez de soin. Cette ol;jection devient encore plus valable contre les Imiiieme ct neu- ■vieine experiences, ou au lieu d'augmenter la tpiantite cl'oxic,e'ie pour embraser le gaz electrise, il I'avoit au contraire dimiuuee. Ainsi , par exemple , dans la liuitieme experience , il mit en com- bustion 2,83 pintes de g!Z hidroi^ene cirbone , avec ^,5'& j^intes de gaz oxigene; et dans la neuvieme experience, la ([uaniite de gaz oxigene n'etoit que de /\,oc) pintes , qnoique les 2,83 pintes eussent ete dilatees jusqu'a 5, i 6 , et avolent, par co!is6quen[ , beaucoup anginenie leur masse oxjdalilo On pent faire la nieme objection k I'egard des autres exjSeriences du D. Austin. Le point principal et decisif'i determiner, en repetant ces expe- riences, est doncde savoir, si le carbone qneconrient le gaz hidro- ;gene carlione , soidiVe nne diuiinivtion pur les commotions ele(?- Tiiques. Si cela ne se confirnioit pas, cela jetteroit un grand jour sui- rorigine dn gT/S liidrogene qu''il a obtenu. Les experiences suivantes ont ele f'aites pour -y parvenir, et on a eu grand soin de ne pas tomber dans la I'aute du D. Austin, en eraployant trop peu d'oxig^ue (i). PREMIERE EXPERIENCE. On mit dans nne corntia et d ms I'appareil du mercure, 94,5 pintes do gaz liidrogene carboiK^ ( extrait de I'acetite de potasse), avec 107,5 pintes de gaz oxigene. Ces 202 pintes ihrent rjduites, par une explosion, a 128,5, et par I'eau de cliaux, k 5/{ : la disso- lution de suU'ure de potasse les diminua jusqu'a 23 pintes 5 la (j ; Je me servis , dans ces experiences , de rapp.iieil d^'crit par Caveri'lish, dars le 75=. volume des Trunsuctions plulosnpliiqnes. I'lmr ['expansion du i.'aE .,. je fis usage d'lin condi;cteur an-anpe suivant ta methoJe de Piiesiley. f Sar les Gaz , tome 10'. , planche 1 ". , fiijuie 16 '. i e volume dcs gaz (|ii'on j avcit inti'oduit fut determine, apres" plu^i'urs experiences, lant par une crlielle niouvante qu'eii pesant clia(|iie fois le mercure tjui remplissoit le tubs, jn3(|u'a la marrjue de I'echel'e; par ce moyen , je ra'evitoi.s la peine de prajluer le Inbe. Un grain d« mercure rcinplissoit, precis nient une pine. QuoLju^on puisse objsclcr conire 1* petite qua mile (pi'on em pi ova dans ces eKperiericc!, j'avoiscej;end\nt I'avantage de, pouvoir cmbiuser Ic ^na ^lecirise par une explosion , corunie cela a eu lien dans If s 4 , 6 et 3'J. experl'TtcPS. Totitos les erreurs(juc les cb&ngemens de tempera- ture , ou le poids de^i'atEiospIicrc , auroient pu o'jcasionnar, furcnt evilees avec Ic ]j1:i> ^''^i^'^ soin. O3 lo8 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE dimlnulion de 74j5i piiites c[u'occasionna I'eau de chaux , rous indiqiie la quantiie de I'acide carlionique qu'on obtliit par la: eombvistion de 94,5 pinles .d'liidrogene car bone ; les ?3 pintes restanies, apres I'efTct dii sull'ure de potasse , nous indiqiient Li quantii^ d'iizote que contenoit le gaz liidrogene carbone. Le giz oxig^ne , employe dans cette experience , etoit extrait dii niuate de potasse , et si pur , qu'il est impossible qne la pelitc qnantil^. dont on s'etolt servi, eiit pu contenir autant d'azotc. DEUXIEME EXPERIENCE. c)4,5 pintes de gaz liidrogene carbone furent, par des commo- tions repelees, reduites a ib8 pintes. L'augmentation du gaz hidro- gejie etoit done de 90,5 pintes ;ce gaz ainsiangjnente lutenibnlsea jjlusieurs reprises par 892,5 ])intes degaz oxigene. Le residu , a]iies ces diiierentes explosions , lut de 2o3 pintes ; I'eau de chaux les di- juinupc jnsqu'a 128,5, et le sulfure de potasse, jusqu'a 19,5; la qiiantite d'acide carbonlqiie fut done la rneme que dans ['expe- rience precedente, c'est-a-dire, de 7416 pintes. Ayant trouve jc Irouvai que I'expansion. n'alloit pas au-clclii cUi 7^(1) du voluine pruuitif; et cela n'eut lieu (lu'apres 160 commotions ties-forles , et 80 aiitres apres ji'eii pro- duisirent pas davantage, rjxioique les premieres commotions 'aiiroient certain emeiit snfli pour dilator le gaz dans son premier etat au double de son volume j^rimitifv Mais des <[iie j'eus ajoute au gaz tine ou ,dcux gouttes d'eau , rcx:)ai!sion, aiiguienta comiiie i i'ordiuaire. Jedois oljscrver i<;i que s'il s'insiimej par hasard, quelque ]icit d'eau daiis .le tube ( ce qui m'est souvent arrive avant d'etre cxerce dans la mauiere de mettre le gaz hors de I'eau pour le transporter dans I'appareil au nierciire), la dilatation, augmente bcaucoup. D'a])res la decouverte de Monge, les commotions ^lectriques produissnt les raemes eflets sur le gaz acide carbonique , que coux que nous vcuons de voir sur le gaz hidrogene carbone. Landrlani et Van Marum ont attribue de m^me cette expan- sion au deaag-ement du H;az liidrooeue ; et Moiijie a parfaitenient demontre que cette expansion provenoit de la decomposition de I'eau qiii se trouve en dissolution dans tous les g;iz , dont Toxi- gene, ainsi qu'il le rapporte dans ses experien'ces , s'etoit reuiii au me re are J mais ce ipii rend tres-vraiseniljlable que j dans iiies experiences , ce menstrue de I'eau n'est pas un corps metal- lique , c'est la presence de -la substance qui -oxide ie carbone , outre qu'il a plus d'affliiite avec I'oxigene qu'avec les metatix. Les experiences suivantes prouveronC encore inieux , que le mercure qui etoit reni'erme avec le gaz, ne ponvoit avoir aucuiie part h. la Droductlon de ce plienomene. N E U V I E M E EXPERIENCE. Une partie de gaz hidrogene carbone fut mise dans un tube de verre, I'erme a une de sesextremiies , au travcrsduquelpassoit un ill d'or , de sorte qu'une partie tie ce fil etoit eudedaiis, et I'autre en-dehors. L'autre extremite , qui etoit ouverte , i'ut ferinee avec nn bou- clion, au travels duqucl passoit pareUleraent un lil d'or, de nia- niere a poiivolr donuer f'acilementune commotion electrique au gaz (pii> etoit rcnf'erme , sans qu'il lut eu contact avec uu met:il capaljle do decomposer I'eau ; eii ouvraiit le tube sous I'eaa , il eii sortit aiissi-tot une quaiUiie de gaz. (j) Dans la i-ccapitii!alion , il porte cette expansion a J. E T D • ni S T O I U F. N A T U R E L L E. 1 3 1 D I -\ I E j\l E E X P E R 1 E N C E. Comme j'ayois remarrpe cjne I'expansion du gaz aiigmentoit BoaiTcoiip, quand il se troiivoit expose sur I'ean a riiiflticnce de relcctricite introduite par les couducteurs d'or , j'avois mis , dans Ics deux experiences fpii precedent , tin corps en contact a\ec le giz (pi a la propr.'ete de decomposer I'ean ; savoir, le carbone. Le melange de ce dernier , avec I'oxigene , est tres-sensILlc dans la formation de I'acide carbonicjue. Le D. Austin ne rcmarqua pas qu'on oijtieiit un precinite en' remnant le gaz electrise avec lean do cinux. La coulenr du syrop de yioleites ne I'lit pas changes ( comme je m'y attendois ,-■ d'apres les experiences duD. Austin ),de maniere ;i indiquer la presence de I'auimonlaque , quoicju'il f ut tres-pur et tres-st ns'blc.- Voulant examiner s il se feroit un changement dans le volume du gaz, tn I'exposant plus longtemps a i'infhiencs de ce liquidc,.. je trouvai que , snr 739 pintes, il en absorboit loo. J'imaginai que cette absorption devoit etre attribute a la ])resence de I'acide carboni([ue : je mis, a cet el't'et, de l''eau cla cliaux dans 556 pintes de gaz ([ui etoit dilate ; ce qui le reduisit k Sii.- Cette absorption auroit ete encore plus f'rappante , si le gaz e\it ete plus dilate avant cette operation. L'eau de chaux n'etoit que fort peu troublee ; cependant mon ami , M. Rupp, qui assista h ces experiences et a plusieurs autres , et qui est tres- exerce dans les recherches chimiipies , I'ut satisfait, lorsqii'il vit tomber, quelques instans aprcs , de petits flocons^i la siqierficie' du mercure. Cette contraction da gaz ne pent £'tre attribuee qu'a' I'alisorption de I'acide carbonique ; car ,. outre qtie la couleur du" syrop de violettes et d' la racine de curcuma dont je me ser\i? anssi, ne f'ut nidlement char^geepar Ic giz electrise, je crois pou- voir alleguer contre I'opinion, que le gaz absorbe fut de rammo- niaque J qu'on ne remarqua aucune diminution de volume, iii cpielc gaz electrise se Kit tronble , lorsqu'on ymSla du gaz aciile laurlatique qui auroit dA i'ormer un sel ami!ioniac':en rijout,i; t de l'eau aux deux saz, non-seniement elle absorboit le eaz acide muriatique, mais queifpierois plus.- LcD. Austin convr.incu que rentiere decomposition du carbone ctoit prouvee , p-ir ses experiences , d'une maniere irrevocable, donne I'hidrogene qiii s'est dogage comme ure de ses parties,, et i'azote pnur I'nutrc. Mais cette conclusion repose entierc- !ncnt sur luie f'auts d'otservatlon qui I'a cntratne dans les:- plus grandes erreurs. Le gaz liidrogcne quo le D. Aiistin cm-- iia JOURNAL D E P H Y S I Q TJ E, DE CHIMIE ploya dans ses'cxperiences , etoit,aiusl qu'il ravouc lui-niume, niele avec beauctjup d'azote : il en indique lui-meaie la raison , eu disant que ce gaz avoit sejoiinie long-teuips sur Veiiu ; et ainsi qucle D. Higgiiis la pi ouve , il adu donner, lorsdela coinb.istion , line plus gi-uiule quaiuite d'azote, que si on i'cui employe des iiu'il nil iniipuie. 1 y X Il paroit done tres-vraisemljlable que le rapport de 1' azote aug.- uieute eu raiion du teznps qu'il a sejourue sur I'eau : ceci fait coiinoitrela cause principale de I'erreur qui paroit avoir ccliappe a I'attention du D. Austin. Je tacliai done, en repetant ses expe- iieuces, d'eri i'aire deux comparatives eutre une egale portion de gnz electrise et non electrise , en mettaut si pen d'intervalle tntr'ellesj que la proportion de I'azote iie put avoir cliange dans aucune des deux. Quant a. la 9''. experience oil 1^ azote semLloIt s'etre angmente par Tolectrisation , je repete Tobservatlon c|ue J'ai dt^ji f'aite, qu'il y avoit employe trop peu do gaz oxigeiie. Dims la 8'". , apres que ■jjOo piiites de gaz 110x1 electrise eurent ete uiises en combustion ];>ar q^^y pintes de ^az oxl^ene , il ne resta qiie o,i5 pintes de ca dernier, outre ce qui etoit necessaire, pour la saturation; dans I3. 9^ ., au contraire, la quantite de gaz oxigene etoit de 0,08 pintes uioiiidre , malgre que les 2,83 pintes eussent cte diiatees jusqu'a 5,16. D'apres cela, on pent bien admettre qu'une petite portion du gaz liidrogene etoit restee unie au gaz azote sans s'etre alteree. Dans la 8<=. experience , oii il eiiiploya plus de gaz oxigene qu'il i;i'en f'alloit, il etoit possible qu'elle restut unie eu partie au gaii azote , comnie dans les experiences des D. Illggins et Priestley. Dans la 9''. il g-voit employe precisement la (piantite necessaire de gaz ox:gene, pour satui'er les deux especes de gaz inflamma- bles , apres relectrisatioii. Si, au contraire, on augii;\ente le rapport du gaz oxigene, et qu'on allume le gaz electrise sevdemeiit par petites portions , on remarquei'a, au lieu d'une' augmentation , une diminution dans I'azote, coiinue cela a eie demontre par ines deux premieres experiences. II me resto encore a. rajjpcler deux clrconstances des expe- riences du D. Austin, doiU je n'ai ])u i'aire mention jusqn ici , savoir du precipite a])parent du gaz liidrogene carbone pendant relectrisatioii, et de la formation de rammoniaque pendant ce je preparai depuis. Je dus naturellement attribuer la non-reus- slte ■ET D'HISTOIRE NATURELLE. n3 ^ite de cesphenoraenes, au grand desagenicut de gaz azote dans la seconde portion de ce gaz. Je fis alois passer des commotions .electriques au travers d'lxii melange de gaz lildrogene carbone et du quart de son volume de gaz azote jce (pii me donna un precipite qui auroit peut-etre montre une coulcur blanche, s'il n'eiit ete oLscurci par les petites bvdles de mercure qui fiirent dispersees ]jar la violence des commotions. Une infusion de violettes, introduite dans ce gaz electrise, fiit teinte en vert; cependant ce changement de couleur ne se fit pas aussi promptement que dans I'absorjrtion de raminoniaque , mais .exigea qu'on repandjt ce liquide sur toute la superlicle interieure du tube. D'apres cela , nous pouvons conclui^e que ce precipite €toit nn alcali , peut-etre du carbonate d'ammoniaque ; mais la qnantite en etoit trop petite pour etre examinee avecsoin. Je tcnnine ce memolre par une courte recapitulation des f'aits qit'on y a discutes (i). 1". Le gaz liidrogene carLone , dans son etat natural , auffmente ■ du double son' volume priinitif par des commotions electriques ; .et comme le gaz inllammaljle est la sevde substance connue qui puisse produire line si grande augmentation, ainsique lesplieno- nienes qu'ou remarque lors de ia combustion du gaz electrise avec le gaz oxigene , nous pouvons attribuex cette dilatation a Ij. naissance du gaz hidrogene. 2°. Le gaz hidrogene qui est prodult, ne provient point de la decomposition du carbone , puisqu'on retrouve la m^me quan- tite de celui-ci avant qu'i-.pres I'operation. ,30. Le gaz hidrogene doit son origine a la decomposition de Teau , parce que la dilatation du gaz Jiidrogene carbone, depouille autant que possible de ce lluide avant relectrisation,ne pent ^tre portee'v au-dela du ^ de son volume ordinaire (2). 4". Le menstrue de I'eau n'est ]>as un metal , le gaz n'etant dilate et en contact qu'avec un tube de verre et de i'or qui ne pent decomposer I'eau. 5". L' oxigene de I'eau , qui se trouve en dissolution dans le gaz hidrogene carbone, s'unit pendant Telectrisation au carbone. fi) Lorsquc j'eus atheve ce traite , j' lis Ics m^mcs recherclies sur'le ga-i hidrogene pliospliore fjue sur le gaz hiilrugene carbone ; il se dilate conime le gaz hidrogine carbone , et perd son inflaiiiiiiahilitc par le contact Je I'oxigcne ; on appercoii alors iiueiqucs trac'S d'aride pliospliorit^iie i|ui se forme. (2. !l ne porle ccilc espaiiiion , dans la U«. txpencnLc, (ju'u — . To'me F. PLUVIOSE c« 7. p iv4 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHrMra et forme de I'acitle carhoinqne dont In pressnce an<2;mcnte Fex— paTision qui se i'ait deja par le deg:!gemeiit dit s,ci7, Imlroti^ejie. 60. II Tie se prodnit point de gaz azote pendant Felee-trisattGn' clii gaz hidrofiene carlione. 7". D'apres la liaison de ces faits, il resulte que le carbone pent encore ^tre regarde comme un element, c'est-;\-dire , comme un corps dont la composition nous est jusqii'ici inconnne, mais- dont I'a d(^composition est peut-etre reservee aux travaux d'uu- chimiste futur et plus heureux. E S S A I S Sur la teinture par les dissolutions d'dtain ct Ics oxides^- , colords da ce mdtal ; Par J.-M. H A u s s M A N w. Xjks nombreiises experiences qiie j'ai faites snr les dissolution s- d'citain , relativement ;i la teinture , m'ont couduit a des resultats cnrieitx et assez intercssans , a ce qu'il me semhle , pour meriter d'etre publies. Pent - etre parviendra-t-on h. les periectionner , a les multiplier et a les rendre plus iitilcs a cet art. Je ne repeterai pas ici ^ en detail, les experiences "fliites dans I'lntentiond'obtenirlasolitllte du rouge de Turquie, par la fixation', de I'oxide d'etain sur le coton et le liii ; elles se trouvent inserees- flnx Annales de Chimie de Tan 1792. II seroit meme inutile d'en faire mention , ayant trouve depuis uii rouge aussi sim])le que beau et solide , sans employer I'etain ,,dont k precede sera peiU- . Stie public incessamment.. Je me Ijornerai , quant ;\ present, tl exposer les expeiienccs (\v.v. m'a suf.gerees I'id^e de coiiccntrer les jiartles coloraiites do la garance, de la coclienille et de toutc-s les drogues de tein- ture , an moyen de I'etain , jiour les rendre immediatement appll- cables aux etoffes , par la vole de la dissolution et de la preci- pitation.. Commentjant par le procede aiTquel je dus , dans le temps, la conleur prune-monsieur , je ferai voir que la variete et la soll- dite des couleurs ,. cpii ont pour liase I'oxide d'etain , depen- dent autant de la quantite d'oxigene combine avec ce metal , tine des circonstances ou cette combinaison a lieu. J'ienoiois ET D'HISTOIRE NATIIRELLE. ii5^ cette verite lorsque j'employois cette couleur prune - monsieur pour les indieunes ; car aii lieu de la dissolution nitro - muria- rique , j'aurois employe le miiriate d'etaiu , qui ne contient que •la portion d*oxis,ene necessaire k sa dissokition. Comme ])our la couleur en question , je me suis servi en tres- prande quantito de la dissolution iiitro-aiuriatiqvie d'etain, je !a I'lisois de la nianiere la ]5lus promptc ct la moin-S dispendieuse , dnns de grands matras a longs cols , de six a huit ])intes , sans inettre, clans I'un oul'autre, plus de qnatre livres d'eau-forte de commerce , avec qnatre onces de sel de cuisine. Cette proportion qui, si toutefois I'acide n'est pas trop foiljle, s'echauffe an point de devenir Ijouillante sans le secours du feu , produit , en ajmitant deux onces d'etain apres la disparitiou de la premiere ouantite , une cfiervescence ou degagement momentane cle gaz nitrenx , qui nc se repete plus, bien que i on <:ontinue la dissolution , once par once , apres que cliaque por- tion a disparu. L'on peut , d' apres la force de Pacide nitrlnue, augmentfer et dimi- nuer la (piajitite de seize onces d'etain destuiee a chatnie matras, et prendre ])lus on moins de dissolution, selon lescouleurs que Ton veiit jn-oduire. La dissolution faite sans ttre Ijrusquee, rcste tou- jours transjiarente , ne depose point d'oxide , et se laisse etendie dans plus ou moins d'eau , sans se troubler, selon qu'il s'y trouve plus ou moins d'acide en exces ; il s'y forme de rammonlaque , en raison de I'acide nuiriatifpie pur ou combine avec des aloalis que Ton ajoute k I'.icide nitrique. La proportion intliquee d'acide nitrique et de muriate de sonde J est celle qui sans se trouiiler ct sans ahandonner son oxide , ni'a constamment oxigene , au plus haut degre , la disso- lution d'etain. U faut u'ser de lenteur et ne dissoudre que peu d'etain a-la-fois ; par cette precaution Ton evite le desagrcment de la transvasiou , et Ton ohtient une dissolution dont I'acide jikritpie n'a pas cade trop d'oxigjsne , par consequent cajjable d'etre etendue dans une grande masse d'eau sans se precipiter. Cette methode de fairela dissolution nitro-muriatique d'etaiu, forine un depot noir (pii, au dire des cliimistes (jui I'ont examine, est un regide d'arsenic, dont I'etain , scion eux , n'est jamais exempt. Les dissolutions nitro-murlatlques d'etain pcuvent done varier, par le degre d'oxigenation , en raison du plus ou moins de len- teur que l'on aura mis dans leur preparation , ainsi qu'en raison de la ((uantite d'acide umrlatiqiie pur ou combine que Ton auni iiielc avec I'acide nitrique. Pi llmiue le ijuiriate d'etain , et nullcmeiit c(juiiue la dissolution, ultro-muriiitiqae de la couleur prune - monsieur , dans kupielle retain se trouve tro]) oxigene , pour jiouvoir se comlnner inti- meiueut avec Ics parties coloraiites , et produire des coideurs solides. L'acide suli'urique etendu d'eau , dissout .egalenient l'oxide precipite de son dissolvant muriatiipie , et produit de inenie un < xide d'etain colore en violet , niais tpii se change plus pronip- icnient en caruiin. C'est probablenient parce que cet acide, facile a se decompose!' , cede une portion de son oxigeue k l'oxide d'etain , et attire en meme temps celui de ratmospliere , transmis jiar la liqueur qui Fentoitre. Cette I'aculte de transniettre I'oxigene aux oxides metalliipies qui en sont avides^ me J'ait sou-|iconner que Toau ne se charge (jue de I'oxigcne , et point du tout du nitrogenc ou azote de I'atmosphere. Ce seroit v.n fait interessant a constater. L'infiision de cochenille , nielee avec. la lirjueur qui conlient le precipite (Fniie dissolution nitro- nmi'iatique , faite en evitaut 1' exces, an nioyend''nne liqueiir de carljonato de potasse, fournit ini oxide d'ettiln violet d'eveque ; piccipltaiit par contre de la meme nianiftre, la d';,-;solution muriatirjue d'etain etendue d'eau, .et y aj;iutant l"'infusion_«le cochenille, t'on obtient un violet cha- iioine. L'luie etl'aucre couk'iir indique a-peu-pres la meme scii.- jdite par la liqueur d'amnionia(pxe. Ccs denx precipites , bien edulcores avec de I'eau cliamle , ne ]5roduisent plus d'efferves- jcenCii , et ne se coioreut plus dans I'infusioii de cochenille ; cc lET D'lIISTO IRE NATURELLir. iif> qui' prouve que I'ackle carhoniqne a fort -pev d'arfiiiite nvec ^oxide d'etain qui iif peut fournir ces violets , qii'autnnt rni'ji retic'iit uue jiorliou de son prccijiitant de carbonate de potassc , de ineiue qu'il f'aut qu'il retieniie line portion d'acide , pour' paroitre sous la nuance de carmin. Quoique I'oxide d'etain , precipite rccemment de son dissolvant- muriatique , et avant qu'il ait eu le temy)s d'absorljcr de I'oxi- gene , soit facile a dissoiulro par racido PceLi(pie , j'ai neaninoii;s prelere , alin tl'avoir la dissolulion acctique d etain ires- charpee de ce metal , de la preparer d'uil melange d'une livre d'acetito de plomb , d'une livre ile muiiatc d'etain en oristaux et de deus: livres d'eau f'roide ; biea rerniiee ^ ]c V-ji filtreo cnsiiitn. Observcz. qii'il faut la conserver dans des llacons l)ien bouches , car ollc' attire si f'ortement I'oxig-ene ile ratniospliere , qu'elle depeso snii- oxide , lequ: 1 I'acido actlipie ne peut plus r:"'i:ir en dissolution.' dans cet etat oxigene ; elle doit par consecp.ient etre jirclcree a la dissolution muriatique d'etain , pour les experiences eudio- inetriques. Dans le dessein de produire de I'oxide d'etain colore en ar-. niin , par la dissolution acetique d'etain , j'ai f.it ulie itilnsion d'une demi-once de cochenille etde dixonces d'eau, avec laqupUe j'ai etendu une once de cette dissolution. Le resultat en a ete un oxide violet tres-fonc^ , qui a besoin d'etre expose plusicTirs semalnes au contact de I'air atmospherique, et d'etre rcniue sou-- vent pour dcvenir carmin. Ailoiblissant la dissolution acetique d'etain et employant una plus grande quantite d'eau pour I'infusion de la demi-once de' Tcquiert qu'une couleur cociienille,iI se prodtiitde meme rui violet f'once qui ne decolorc Eas si Inen I'infusion de cochenille , et u'acquiert qu'une c rufiatre en I'exposarit k i'a.ir atmosnheriqiie. La quantite d'eau pour I'extension des dissol'itions d'etain en general', ain,si que pour I'infusion de la cochenille, n'est doi^c pas- iiulilierente dans la production du carmin ; tron neu teriiit la con- leuren s: chant : une tropgranderpinntite affgiblit I'acido plus qu'il' ne faut , et. I'eau acquiert la proj)riete de redissoudre les uarties colorantes de I'oxide ; Ton parviendrl meaie a le decolorer com- jiletement , en reiterant le lavage. Li dissolution nitro- niuri itique d'etain , dont y^ me suis servi pour la couleur yirune-monsieur, pronve caqnejeviens d'avancer. En I'etendant dans soixante parties d'eau , elle abandonner.i er depnsera son oxide sous i'apparcnce d'une geleo ; au bout de rs4 hcuns, on pourra decanter les trois quaits de.la liqueiir acide' qrsi necontiendra plus d'oxide d'etain en diisolirtlon. Ce precipite' 120 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE •spontant!' , C'Llulcore plnsieiirs i'oisj et prive de tout acule, s'emp.Tr vera , a la favour tie son etat gelathioux , tl'une portion Jes ji.ii > ties colorantes de I'iiii'usion de cocheuille , qui se pieseiitera sous 4a I'orme u'une coagulation , pourvii qu'elle ait ete f'aite avec le inoiiis d'eau possible. La ttinture que fon obtiendia , eji lilti'ant ec aielange epaissi, se trouvera encore assez chargee pour scrvir i d'autrrs experiences, et eo qui restera sur le liltre , sera 4i.'i oxide d'etain suroxigene brun-noiratre , dont les jnolecidis siclieeSj sans avoir ete colorees , s'aalutineroiit au i)oint de for- nicr une mass 3 a-peu-pres transparentc , vitrense dans ses cas- ' sures. Si Ton ajoute une petite portion d'acide uitrique au pre- ^jljiite gelatineux , avant de le m^ler a I'infnsion de cochenille , (juine se dccolore tout-i-*kit,qu',iutant que Ton attrajie la ji\stKi ])ro])ortioa , I'on obtiendra , au lieu d'oxide brun-noirutre , un <;,irinin teine, qui brunira par la lique-ur d'aninioniaque , sans TC'prendre sn cuuleiir primitive. La dissolution niariatique d'etain etcndue d'eau et precipitee par lo muriate oxigcne de ])otasse, so comporte a-peu-pres comma '\x dissolution iiitro - muiiatitpie , avec cette diiierence que son oxide , Cj-iioifju'il ne decolore ]ias cnnipletenient I'infusion de •coclienille , fora'iiit un liks an lieu de brun. Get oxide diminiiant tie plus en plus par I'edulcoration relteiee , semb'le s'acithder ; car chaque ibis que I'on change I'eau , elle se charge d'une por- tion de cet oxifle qui la trouble , mais sans depot. L'acide sulfuriipie , substitue a I'acide nltrique , fournira le nieme resultat , tandis (|ue I'acide muriatique , qui exerce une action dissolvante sur tons les oxides nietaUiques , et s'empare d'line partie de 'eur oxigene, produira , ajoute en juste propor- tion au preclj>i*e gelatineux , un carmin un peu plus vif" et plus solide. Cette vivacite et solidite pevivcnt encore etre augmentecs. en remplagant ces acides par I'acetique concentre 5 mais , si au lieu de ces quatre aeides , I'on fait usage des phospliorique, oxa,- lique,galli(jue et tarlareux, I'on 11 'obtiendra rieu qui ni«rite I'at- tention ; il en sera absolument de meme , en precipitant , par ces acides, la dissolution d'etain etinidue d'eau , et en fonnant des phosphate , oxalate, gallate et tartrite d'etain j aucun de ces sels ue se colorera par I'inlijsion de cochenille. A foccision de ces experiences , j'en ai repete qu&lques -i jamais atteindre la siiitace do I'eaii. II porta ses flems en tete ; 5> il les laissc echa])]ier avant quVlles soient epanoiiies. Fcniiecs j> auparavant et conceives, dies s'oiivrent cles qu'elles sont par- sj venues a la surface de I'eau. EUes iiagent par ]e moyen de Tn leurs coroUes autoiir des f'enielles , k la maniere des canards , » et lancent leur poussiere sur les femelles encore vierges qui n nagent aupres des iriales. ->•> La fcinelle a une haiiipc tres-longue , tournce en spirale , a 5> la maniere dii cyclamen (pain de jjourccfiii ). Cette hairipe, » tcrminee par une fleur qui lui reste attachee , est cacliee sens 53 I'cau ; elle s'eleve , se redresse , s'allonge jusqiies a. ce qu'elle » puisse atteindre sa surface Lafleur, ton jours lixecala hampe, J', s'epanoult aussitot : et , apres avoir reste ouverte pendant quel- >3 (jues jours, la f'emelie , rassasiee et n'ayant plus besoin de •>•> male , se retire de nouveau sons I'eati pour y propager scu » espece. {Lin. Hort. CliJ'f. 45.}) ". Volci ce que Micheli a observe. {Nova gener. , p. 12 et i3). ccC'est tine chose dlgne d'admira- t> tion etpresqiie sans exemple dans ses fIeHrs(de la vallisneria) »> dc les voir se detacher de la planfe avant qu'elles s'ouvrent , » s'elever du fond de I'eau juscpies a sa surface , s'y dpanouir » subitement par leur elasticite propre. Au nieme instant leurs » tolioles {les petales) se coatraclent en dessous les uns contre 5> les autres. Les fleurs , tout le temps de leur duree, voguent en 3> troupes a la surface de I'eau. J'ai vu , en ete et en automne, » I'eau blanchie par les fleurs qui se developpent chaqiie jour , et M ressemblent a un petit pre eiuaille de fleurs ". J'ai verlfie ces observations un grand nombre de fois ; je dois en corriger ou modifier quelques - unes , et y en ajouter de nouvelles. Les racines do la vallisneria sont coniposf cs de longues et nombrenses fibres perpendiculaires : elles vegeteroieiit dif'ficile- ]U£iit aillcurs que dans nne terre proFon.le , toiijours liumectee et Ibrtement attenuec : elle tale singulieremenr. 11 part de sa ra.ine nil grand nomlire de trainasses f[ui jettent aiissiiot de nouvelles fibrt s. I. a vase f'acillle leur developpcment et leur reprise. Les feuilles, toujoiirs vertes, partent toutes de la racine Leur longueur est proportionnee au volume d'eau qui les recouvre : car elles ne s'elevent jamais a sa surface, quuiqu'eiles flottent Tome V. PLUVIOSE «/« 7. R »3o JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHI M IE tres-pr^s sur les bords des talus du canal, elles n'oiit qu'environ' trois decime'res de lorgneur , tandis nite dans la prof'ondeur de son lit, ellcs ontnn uictre et plus. Elles sont longucs , etroites ,. lineaires. Aussi ceux qui ne jugeiit des corps naturels que par leur comparaison en masse avec des objetsiisuels, I'ont prise pour nne algue , dent ils foul un usage habituci ( zostera may'iua, Lin. ) Cette plan^e est dioique , c'est-a-dire , qu'elle a des pltds males et des piedsfemelles. lis ne different entre eux que par les hampcs- et les parties de la IHictilicatlon; ils sont places f ele-mele. Chaque pied porte jjlusieurs hampes , toutes axillaires. Elles- sont phis nombreuses chez les milles que chez les fenielles. Les hanipeS males sont droites et ne s'elevent jamais h un deci- metre. Chacrine est terminee par une spatlie applatie , allongee , .oiituse , transparente , sans aucunc suture ; elle se ronipt et ne- ^'onvre pas , car elle est d'une seule piece, en deux, trois ou quatre lanieres qui se replicnt sur la hampe , et poiu'rissent bientot apres. Alors le poincon commun est a deconvert. II est petit , coni^ que , et charge de ])etits grains d'abord rougeutres et concaves j ,ce sont les fleurs. Je les ai vu s'biivrir tandis qu'elles adherent £ncore au poincon , raeme avant la rupture de la spatlie : elle ne- s'en detactie meme qu'apres leur e[)anouissement. C'est vraiment une chose merveilleuse de voir ces fleurs inutiles ii la lecondation si elles restoient , couune celles des autres vege- taux, fixees a. la plante, s'en separer par iin jet elastique , raonter a la surface de I'eau , y arriver ;\ Li file les unes des autres. . J'ai mis des pieds males de cette plante dans nn bocal de verre rempli d'eau ; j'^.i vu les petits jets de leurs fleurs s'elancer vers la surface. Je les ai vus'ouvrir d'abord, se detacher, se suivre, se cliercher , se reunir eusuite ii la surface de I'eau , et voguer , ainsi portees par les petnles, au gre de la plus legcre inipulsion. Leurs antheres , qui en forment la partie la plus saillante, sont d'un blanc de neige , rameuses , et nou pas simples , comme. LinntBus I'a marque. ( Gen. Vlaiit. ) Les femelles out nne toute autre structure. Leurs hampes sont tonrnees en spirale,et rcssemblcnt parfaitement aux ressorts d'un store. Elles se deployent, s'allougent , se redressent tout antant qu'^il lefmt pour que la ileurpuisse arriver a. la surface de I'eau.. Ce qui fliit que la longueur des hampes varie prodigieusement. Elle est toujours proportionnee ^ I'espace qu'elles ont a parcourir pour parveiiir a la surface. J'en ai vu d'un demi - metre ; celles qui partent du fond du canal en ont deux, soiivent trois. Cest un spectacle singulier cle les voir promeuer leurs tetes ET D'HISTOIRE NATURELLK. l3i allongees , nager a lasiirf'.icej aller , veiiir , se tonrner, se l•etOln-lle^ ■en tout sens , lors meme que le plus leser zephir ne trouble point le caline le pins parfait des eaux , rechercher , attirer , se meler aux ) etites ti'oupes de fienrs males. Le matin, lorsque les rayons dn soleil conmiencent a dorer la surface de I'eau , clles se reti- rent ; la hampe se contracte , se replie en spirale , ct la fleur, abritee par les I'euilles , se soustrait aux ardeurs brnlantes de "I'astre-dii jour. Des que le soleil disparott de dessus riiorizon , •elles reviennent en f'oule sur I'eau. Enfln , lorsqu'elles sont sufli- samment lecondees, la hampe se contracte de jilus fort, tons les contours de la spirale se pressent les unes contre les antres , la fleur I'emelle vient se placer debout dans lenr centre, et brave, dans ce retranchement , les attaques de ses ennemis ; car quel est I'etre qui n'en a pas? J'ai tente plnsleurs petites experiences pour savoir a coinbien de reprises les lleurs femelles revenoient cherclier les males ; je suis bicn certain que c'est plusieurs fois , mais je n'ai pu determiner precisement la duree de la ibu-aison. La capsule est <"ylliulrique et tres-lon;7,ue, eii egard a la fleur; j'en ai observe d'un decimetre, tile reni'erme nn nomine prodi- gieux de semences attachees a ses parois. Elle est d'une seule piece et n'a qu'une seule loi^e. D'aliord apres la lecondation, la cavite de la capsule se remplit d'une liqueur consistante et vis- queuse , dont Fodeur est spermatique et nanseabonde. J'ai tente "vainement de decouvrir la maniere dont la capsule s'ouvre. Toutes celles dont les semences avoient atteint leur raaturite , etoient pourries a leur extremlte , et ce qui restoit de la C2])sule etoit vide et sans semences. hst-ce que tout seroit hors des regies counnunes dans la fructification de cette planter Les semences sont greies , effilees, aigues, noires et lisses. J'en senierai an prin- temps procliain , n.vec les precautions convenables, pour m'assurer si elles sont a un ou a deux lobes. L'etonnement qn'a du causer la multiplication prodigieuse de cette plante , doit cesser k la vne des uioyens extraordinaires qui la facliitent. Nous I'ejjrouvons dans le degre le plus eminent, et par malheur il ne nous est pas donne de prJvoir , de penser lueuie qu'on puisse decouvrir un moven efficace pour I'extirper. Nous souffrons du mal qu'elJe cause , in;ds iious ignorons le bien qu'elle pent produire. La nature n'a rien fait en vain. Pourroit - on croire qu'elle n'a pourvu la vallisneria d'un appareil d'organes aussi puissant qu'extraordinaire , qu'elle leur a attribue un niccanisme aussi singulier,iunquement pour faire du mal ? Tout est eu harmonic dans I'anivers : d'aussi rares fa- J>3a JOURNAL DE PHYSIQUE, D E CHIMIE Teurs supposent de grands motif's d'utilite. Le liasird^ auteirr des decoiivertes les plus precieuses , ensei^nerapeut-etre un jour a. nos ne". enx , non-seulemenl I'art de se debarrasser de cette plante importune, mais en: ore peut-etre celui de la f'alre servir a quel- (pi'nsnoe important dans reconomle, les arts on la inedecine. N. J3. L,'/wricnsia, ou r'ose dii Japon, a fleuri'cette anuee pour la premiere lois dans le jardin de notre ccole centrale. Ces fleurs masnifiques ont dure pendant les mois de messidor , tliermidor et fructidor. J'en ai fait la description ;elle ne Concorde pas tout- a-fait avec celle des anteurs. J'attends , pour la completter , que- ([uelques fruits qui out noue , puissent uie fournir le inoyen de. le faire^ LETTRE DE HUMBOLDT A J. -C. DELAMETHERIE, Sur Vabsorptioru de I'oxigkne par les terres simples.. J K vols , par une lottre que Saussure fils vient de vous adresser,. que ce pliysicien revoque en doute mes experiences sur I'absorp- tion de I'oxigene par les terres liumectees. 11 rcgarde cette absorption « comma une decouverte importante ; mais il croit 33 pouvoir assurer que cette decomposiliou de I'air atmosphe- ». rique par les terres n'a pas lieu , quand ces dernieres sont de- •>■' pourvues de toute substance vegetale, et cpie Ton n'employe n pas del'eau bouillie ='. L(3rst[u'on annonce avoir travaille sur dcs terres simples ,. dans les lalioratoii es d'un Vauquelin et d'un Fouicroy, c'est assez dire qu'on s'est servi de terres ddpouillees de substances vegdtales et d'une eau distlllee. J'ignore poiirquoi Saussure lils n'a pas pix voir Talisorption de loxigene dans les experiences fpi'il dit avoir faites sur lalumine, la cliaus. .... Je sais que certaines alllnites n'agissent ([u'a un certain degre d'liumi- dite. Je no pi'ononce pas sur la saturation d'oxigene que Ton doit admettre dans les terres hunjectees et exposees au soleil. Accoutume a consiilter la nature , par la voie de I'experience , je n'ose point hasarder au-dela des fails que j'ai observes. Je regarde mejne (ainsiqueje I'ai deja annonce dans mon Memoire sur lesteires) comme tres-problematiqne : si ce sont les bases terreuses (pii se comljinent avcc I'oxigene , ou si (ce qui u'est pas. ET D'HISTOIIIE NATLRELLE. i33 iHoms etonnant ) ces bases donneiit a I'luu Li [.rojuietu de dissoudre I'oxigene. Je ne prononce que sur ce que j al vu , ct ce que j'ai vu avec d'autres acctiutumes a nikux voir que nioi. Dans plus de trente a quarante experiences f'aites avec do I'aki- mine, de la chaux , de la bai'j'te I'air a ete , ou reduit en, azote pur ^ ou desoxigeiie , jusqu'a 0,02^0,09. Je demande si jamais clilmiste a converci dc I'alr atmospherique en azote pur^ en le mettant en contact a'vcc de I'eau de source IjoulUio oti dis' tillee ? L'azotatlou ([ue subit I'air par une eau c[ueIconquc , ne Yaqu'a un certain degre que j'ai determine par un grand nonibre d'txperiences exposees dans muu ouvrage sai- Ja moiiette des mines. Au inols de fevrier , je ddcomposai I'air atmospherique par un argille g;risatre , tirec d'une mine de sel geiniue, a 4° toises da proFondeur. 11 ne resta que 0,01 ,' ou 0,02. d'c^^igene. Piusi(?urs. niois apres je vis, avec 1 iliustre Vauquelin, que I'argille blanthe de Montmartre absorlja a une temperature de 14 a 17° Reaum. plus d'oxig^ne atmosplieriq^ue cpie le pliospliove. En travaillant sur rhumus et les oxides de carbone et cl'hidrogeHe qu'il con- tient , je mis des terres simples liuinectees en cojitact avec I'air. En 9 jours, je trouvai un azote toiit pur. Je portai une parlie de ce residu Ix. Fourcroy et a Vauquelin. Je ran^lysal sous leurs yeux par le gaz nitreux ; nous t/ouvarnes qu'il n'y avoit avicnne diminution du gaz. Etonnes de la singulai'ite de ce plienomene , ees deux cliimistes celeljres m'engag'irent de repeter mes expe- riences sur les terres dans leurs laboratoires. Ce travail se fit dans les dernii^res decades que je passai a Paris, il se fit conjoin-- tement avec mon ami Tassaert , dont la granJe exactitude dans les analyses cli'uni<|ues devoit aie garantir dcs erreurs (jue Je pouvois cominettre. Les ex.>^rietic3s f'aites dans les laboratoii-es de Vauquelin et de Fourcroy, donnerent les memes restiltats que celles que je rdpetai chez nioi , et ii parut inutile de constater davaiitage un plienomene aussi simple (|ue curieux pour la jiby- sioiogie vegetale. Voila. le reci'^ fidele de la maniere dont j'ai suivi raon travail sur les teires. \ous jugerez vous-meme si qucbpies experiences n-^gatives sulHsent pour en prouver Y inexacti tude que Saussnre vous annonce. Plus on travaille soi-meme , et plus on reconnoit Gombien il faut suspendre son jugement, enne voyant pas d'aborci l«s memes phenomenes rpie d'autres cliimistes ont observes. Ce que le phys^cien de Geneve vous annonce sur mes reclier- dies eudiometriques ne ni'a pas paru clair. Jamais je n'ai 1 011— seille d'essayer I'air par le gaz nitreux et le suliate de fer. ^Nloai i3.| JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE inemolrc sur Ic giiz nitrenx, et celui cle Vauciuelm, sur le snlf'iite ar des bouchons uses k I'emeril , et souvent plonges sous I'eau. L'air en contact avec J'eau distillee , ne f)erdit , en 10 i \o jours , pas o,oo5 d'oxigene. 1- E T D ' H I S T O I R E N A T IT R E L L E. i35' 11 ne clmngea jamais an - dela. de i",5 en pureLe. Temperature 10 iL 12° Reaum. Aluiiiine depuisle ij friict. jusqu'au4 vendem. en deux flacous-,, de I'azote piir. • Baryte idem, residu 4 o,o: tjafc^fl ' i^. we^v aj - g^i ga^iii yim- L E T T R E DU PROFESSEUR SPALLANZANI AUCELEBRECHIMISTEGIOBERT, Sur les plahtes renfirmees dans des vases remplis' d'eau et d'air , et exposees a la himiere immediate du soleil , ou a. I'ambre. TRADUITE DB l'iTAI-IEN. V ous vous rappellerez, sans peine, que lorsque voiis vintes iSt Pavie , I'b iver ilernler , et que vous voidiites bien m'lionorer tl'une visite , je vous parlai , entr'autres choses , de quclques observations ((ue j'avois conimeiicees sur I'air que foiiniissent les ]ilantes exposees au soleil. Je aous dis qu'elles m'avoient paru diiterentes de celles qiie deux ijlnstres physicieus , Ligen- liousz et Senebier , avcieiit laites avec les memes plantes, mises dansl'eau. Je crois encore que je vous lis part des motif's qui me determinerent et me lorcerent presque a me livrer h. ses rechei-clies. I/interet que vous y piites et le desir que vous temoignates d'en connoitre Tissue , me font esperer que vous en apprendrez avec plaisir les principaux resultats. Mais per- mettez auparavant que je rapporte , en peu de mots, qnelques- unes de mes observations sur les plantes plongees dans I'eau , et exposees a I'ornbre ou aii soleil : elles ont un rapport trop direct a. jnon but. Une des principales recherdies de ces deux philo-- i35 JOU^L^^AL DE PHYSIQUE, DE CHI1\IIE sophcsa die la quantlte et la qualue de I'air que les plantes pro- diiiseiit duns I'cm. Sa qnaritite deternihiec , ils soiit d accord sur sa (pialiie, que cct air , ti raison de Toxigene qii'il coiiiieut en. al)onilai!ce , est oidinaireiueiit Ijeaiicoup plus ])vir que celui de I'aaiiosijhere , et ils lixent iiieme le degie de purete qu'il acquiert. Jjeitrsrecherclies ne pouvoient s'etendro plusK)in avf c les luoyens .aiors employes dans ces operations. Le gaz oxigene qu'ils oljte- ii.iieiit (les j^lantes n'etaiit jamais pur , ce me scmble , il s'eu- S'.iivoit qu'il d^voit etre melange avec quelnue substance nieplii- tique. Mais quelle est la nature de celte suljstance ? II imj>ortoit «iu soleil, oirrcjit ce plienomene, meuie ilans i'eau de cliaux. Quant A Teau inipregnee d'acide carbonitjue , mes experiences ni'ont aussi demontreque I'air quis'ecliappe de queiques plantes, est plus abondant que dans I'eau commune : cpie dans d'autres plantes, cette quantite est egale lors([ue I'eau est foibleiuent aci- dulee ; mais qu'elie est beaucoup moiiidre,si I'eau est saturee ile cet acide. Mais que penser de ces anomalies ? Peut - etre <\ue certaines plantes demandent la presence de I'acide carbonique ( en tant qu'elles le decomposent) pour produire une si grande lantes transpirent en pleiri jour et a. I'air liljre, nne quantite iiiliniinent plus considerable de gaz oxigene , qne celle que lions voyous s'eii echapper qnaud elks sent plongdes dans I'eflu. Seneliier est d'nn sentiment contraire. II vent au moins qne les plantes dounent luie nioindre quantite d'air, entourees de ce flnide, que lorsqu'elles sont mises dans I'cau ; et il en apporte des raisons tres-plansibles. II croit cep^danl qne cette petite quantite d'air est plus propre k la respiralion qne celui de I'atniosr pliere. L'nni([ue nioyen de prononcer sur cette diversite d 'opi- nions , etoit de considter la nature , et tels out ete les re'^ultats, apres une quantite prodigiense de vegeiaux exposes dans I'air et dans I'eau a I'action immediate dn soleil. Les plantes reiiiermees dans I'eau me fournirent toutes ou preS(jue toutes , ime quallte d'air qne la quantite du gaz oxigene rendoit beaucoup jjlus pur c[ue I'air atmosp]ieri([ue. Quelijues- unes doiuierent un tiers en sns de ce gaz , d'antres le double et le triple , et quelques-unes le quadrnple ct nieme davantage. Mais le resultat fut bien difFeront dans I'air atmosplicrique et pour la quantite et pour la qualite du gaz qui etoit produit. Souvent le volume d'air avoit augmente de (pielques centiemes. Cette augmentation etoit quelquefois egale au volume d'air fourni dans I'eau par les meiiics plantes. Mais qaekju'au'ires fois elle etoit inferieure , et plus d'une fois elle etoit niille(3). Quant a la quantite dn gaz oxigene donne par les plantes , il est vrai qu'il y en eut tres-])eu qui fournirent un air dont le gaz oxigene etoit moindre'qne celui de I'atmospk^re. Le volume d'air etoit le mSme dans le plus grand nombre des jdantes. DansAine infinite d'antres il etoit superieur de quelqnes centiomes. Les plantes qui en donnerent le pins , accrurent de (piatre , de cinq , de six ou de neuf centiemes au plus , le gaz oxigene atmosplierique (3). (i) Je me reserve, dans le Memoire que je pnblierai siir ce sujet , dj noler toutes les precaaions et toutes les attentions que j'ai apporiees dans mes expe- riences , et que j'ose dire avoir poussees jnsqu'au dernier scrupult. (2) Ici on a fuit au Icxte ilalien un cliaiig ment qui a ete fuurni par I'auteur lu^nie au traducleur. (3; Ces dernieres plantes etoient probalilenient les nicmes que cpllesrfont parle IngenhouKS , et qui avoient la propriele de corriger en plcin jour ia corruption de I'air. ET D'lIISTOIRE N A T U R E L L E. 139 En prenant un tenne nioyeii , la qiiautite clu gaz produ't par ies pLmtes inises clans I'airetoit done tri^s-petlte j en coinparaisoii de celle qui s'eii exhale dans I'eau; et neanmoins il restoit a con- clure que cette aaiiltoration de I'atrnosph^re , qu'on attribue an gaz oxigene fburni par les plantes couvertes d'eaii , ne sauroit etre telle, si Ton vent que les plantes produisent ce mSin#effet, quand elles sont dans I'aii". Mais qvio dlrons-nous des plantes qui croissenjt dans Toliscu- rite ? et par obscurite je n'entends point seulement I'omlire de la nuit , mais celle des appartemens uni.juement eclaires par la lumiere reflecliie du soleil. Ici j'avois e"e prevenii par I'illustre physicien hollandois ; il demontre qu'alors les plantes corrom- {)ent I'air atmosplierique , et pense qu'e c'est I'efFet d'une exlia- aison veneneuse des plantes memes , qu'il croit se composer de gaz acide carbonique et d'air entierement mepliltiqne Quoique nous soyons d'un meine avis sur la cori-uption de I'air , nous dilierons neanmoins essentiellenient sur les causes qui y donnent lieu. Je n'ai pas cru me livrer a. un travail inutile que d'enti-er dans cette seconde recherche. Le ciel de Pavie etant plus souvent obscurci et charge de vapeurs marecageuses , que serein et bril- lant, je pouvois entreprendre toutesles experiences (jue je croyois necessaires; et elles ont ete en tres- grand nombre. Le resultat que m'a fourni chaque plante, a constamment etc le suivant. Je ne m'apjiertjus jamais d'aucune augmentaiion dans Fair com- mun renferme dans le recipient. Je trouvois , au contraire, qu'il diminuoit de quantite, et qu'il s'etoit altere par la decomposition successive de son gaz oxigene , et la formation d'un gaz acide carbonique , et qu'apres quelques hcures le gaz oxigene etoit entierement consume. La corruption de I'air commun provient done de la propriete qu'ont les ])lantes de former , avec son oxigene , de I'acide carbonique. Si je transportois ensuite ces Slantes de I'obscurite au soleil, ou meme a. la simple lumiere u jour, elles ne cessoient point.de repandre dans I'eau, ou elles etoient plongees , un nouveau jet de eaz oxigene. Ainsi I'alte- 11 \ 1 J • • 1 1 ' ration que les plantes apporteront a iair respu'able , sera tres- considerable , si Ton vent calculer et le temps de la nuit, et I'obscurite des jours pluvieux ou charges d'epais nuages, et Tombre meme que donnent, dans un beau jour, les arbres epais et toulf'us sur les parties inferieures et sur les plantes voisineS et opposees aux rayons du soleil. L2S observations dont on a parle jusqu'^ present , regardent les feuilles et les somaiites des plantes , comme etant les parties qui fournissent , au soleil , une plus grande quantite de fluids Sa l4o JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE aerifortue. Mais il en est d'autres qui , dans roljscurite (et qiiel- ques- lines m^ine au soleil ) , mepliitisent Fair atinosplieriqiie. Yous voyez bien que j'entends parlcr des fleurs et des fruits. Cette importante decouvertd* est encore, due, en grande partie, au savant Iiigenhonsz. J'ai eu le jilaisir de la verifier dans un jioiiihreprodigieux de lleurset de iruits,et peut-etre elle n'adniet aiicune exception dans tout le regne vesretal. Quant au nieplii- tisine de I'air agiuosj)herique, qu'il fait dcpcndre d'un gaz dele- t^re exhale par les plantes , je ferai voir qu'il a la meme cause <|ue celui qui corrompt fair ombrage , dans Icquel sont situees les feuilles et les ranieaux des plantes. En resumant les ]3rinci25aux faits relatifs anx plantes exposces aux rayons du soleil , ou' laissees k rolsscurite dans un lluide aerifonne , il sVnsuit quo les feuilles et les soninutes des vege- tauxaugmentent, lorsqu'elles sont dardeesparlc soltil, la propor- tion du gaz oxigene : que cependant cette augmentation est bien. loin d'etre anssi considerable qu'on I'avoit crue jusqu'a present: qu'aii contraireles deux parties desvegetaux dimiimentle gaz oxi- gene pendant la nuit et les jours nebuleu.x, en les transformant sans cesse , quoique Icntement , en gaz acide carbonique. Que les fleurs diminuent davantage I'air vital , soit a I'ombre , soit au soleil , et que les fruits donnent a - peu - pres ces resultats. Que faudroit-il done conclure de ces faits contradictoires ? Que la deterioration, dans fair vital, est superieure k I'amelioration , ou plutut que le mal est balance par le bien , de nianiere que les plantes etablissent tine espece d'eqnililu-e entre la production et la destruction de I'air vital , u-pevi-pres coinine la mortalite est coinpensee dans les aniniauxpar leur reproduction ? Mais dans I'une el I'autre hypotliese , comment le regue vegetal pourra-t-il done, avec son oxigene , purifier I'air atniospherique, sans cesse corrompu par I'immense quaniite d'acide carbonique produit par la resjiiration de lliomme et des animaux , par la fermentation, la combustion, etc, , comme pensent la plupart ? Vous concevez bien que si , par les idees eparses dans CT-tte lettre , je n'ai pas assez de faits pour vous convainci'e , je pourrai au moins vous offrir des choses qui ne seront pasenti^rement indignes devotre approbation. Mais ne pouvant vous satisfaire, je ne saurois ^tre sa- tisfiit nioi-nieme; quelle que soit raon opinion , vons la trouverez dans le Memoire que je vous adresserai sous pen. Je me suis de- lermine a le mettre au jour, pour avoir , outre votre sentiment, celui d( s connoisseurs judicieux, et particulierenient du celebre Senebier qui, dans le regne vegetal, et snr-tout dans cette ma- tiere, a fait de si profondesredierclies, etauquel je communique ,. ET D'HISTOIRE NATURELLE. 141 par la correspondance lltteralre que nous entretenons, le Journal de ines Observations. Je desire cjue , dans ce sujet iiiipprtaiit, le public eclaire et imparlial porte son jiigeaient. Si j'ai eu le bon- lieur d'atteindre le but, mon amour - propre sera agreablenient satisfait : si je ine suis trompe , je n'aurai pas de peine a re- tractcr mon erreur ; car je puis vous assurer , avec ingeuuite , que dans la recherche des clioses naturellts Altro diletto die iniparar non trovoi Yous savez que plusieurs physiciens croyent que non-seuje- ment les plantes, mais encore les eaux f[ui couvrent en partie la surface du globe, concoiirent a. purifier I'air , en decompo^ sant I'acide carbon ique fju'elles resolvent sans cesse de 1' atmos- phere. Cette raatiere , aussi curieuse et interessante que celle au'on vient d'esquisser, n'ayant pas ^e, que je sache , traitee 'une maniere directe , m'a determine , par son rapport avec I'atitre , a la soumettre a I'experience. Ainsi mon Memoire sera suivi d'un second, intitule : Si les eaux du globe ddcomposent I'acide carbonique qu'elles re^oivent de I' atmosphere. MEMOIRE Sur V organisation des monocotyledons, ou plantes a une feidlle stminale ,• Par Desfontaines. J-i E s graincs des plantes renf'erment , comme Ton salt , une ou deux I'eiiilles seminales , qui se developpent aussitot apres la germination. On a donne aux premieres le noin d'univalves , d'unilobecs , ou de monocotyledons ; et aux secondes , celui de bivalves , de bilobees , ou de dycotyledons. Ces deux divisions generales , etablies par Cesalpin , out ete adoptees par des bota- nistes celebres, tels que Ray., Boerliaave , Heister, Van-Royen, Jussieu , etc. , et employees avec avantage dans leur methode. Quelques-uns en ont ajout^ une troisieme , sous le nom dlacoty- ledons , laqiielle comprend les I'ougeres , les mousses , les algues et les chamjiignous , soit parce (lu'iis ont pense que ces plantes n'avoient point de feuil!-s seminales, soit parce que, ne les con- noissant pas , ils ont voiilu en former uji ordre separe , sous i4^. JOURNAL DE PHYSIQUE, DE C II I M I E line denomination particuliere. Neaninoins des observations tres- exactes concourent a prouver qne les fongeres et les mousses apijartiennent a la jireiniere des divisions precedentes. Bernard de Jussieii a demoiitre I'existence des organes sexuels dans deux especes de i'ow^eres ,\x p//u/airs et la marsilca. II a fait germer les graines de ces pilulaires , et 11 s'est assure qu'elles n'avoient qu'un lobe ou cotyledon (i). L'analogie doit nous porter i croire que toutes les autres plantes de la meme f'aniille n'en ont pareil- Icment qu'un seul. D'alUeurs leur organisation interieure vieut \ Tanjuu de cette opinion , comme nous le verrons ci-apres.. Hechvig a decouvert les etamines et les jiistilles des mousses. Cet auteur assure , qu'ayant seme les petites graines renl'ermees ■ dans ces urncs , elles se sont gonflees au bout de quelqvies jours, et qu'il a vu ensuite , a I'aide dii microscope , la radicvile des- ceiidre , et le cotyledon sortir lateralement sous la I'ornie d'un petit corps ol)long, charnu et verdatre a I'extremite , qui se divise en phisieurs rameaux. Snartz a confirme les observations de Hedwig. J'ai reconnu, avec une forte loupe , les etamines des mousses , telles que cet aiiteur les a decrites ; et je ne crois pas que Ton puisse revoquer en doute cette belle decouverte. Enliii on verra bientot que leurs tiges ont une structure analogue h, celle de tous les monocotyledons. . Quant aux pins et sapins , que quelques botanistes , du nonibre desquels est Gcertner , ont regarde comme polycotyledons , et devant consequemment former une classe ;\_part, je pense , avec Adanson et Jussieu, que ce sont des dycotylcdons , dont chaque lobe est decoupe prot'ondement en plusieurs parties : i°. parce que le nombre des divisions n'est pas egal dans toutes les especes; ainsi, par exemple , le pin sauvage en a cinq; le cedre du Liban, six, et j'en ai compte jtisf[u'a douze dansle pincembro : 3°. parce que la separation des deux principaux lobes est sensilDlement indiquee par un leger sillon ; 3°. parce qu'un granJ nombre d'arbres de cette famille, tels que les thuya, les genevriers , les cypres , les il's, n'ont evideinment que deux f'euiiles seminales: 4°. enlin parce que leur organisation interieure n'offre aucun caractere qui le's distingue d'avec les autres dycotylcdons : d'ovi il resulte que tous les vegetaux , si Ton en exempte peut-etre les algues et les champignons (dont la nature ne nous est pas encore Inen connue) se rapportent i I'une ou I'autre des deux divisions de Cesalpin. (i) Meraoires de rAcademie des Sciences, annees 173? ct ^']\o^ ET D'HISTOIRE NATURE LLE. 14."^ Je vals maiiitenant essayer de i'alre coniioitre la stmctiire dcs monocotyledons. Jeprendraidesexcmplesdansdestigcsligneiises, parce qvie la plupart des parties dont elles sent f'oi-mees y sont f)lus apparentes que dans les tiges herbacees , et cjue Ton peut es observer en tout temps : mais pour que Ton ait sous les yeiix iin teriiie de coraparaison , je crois qu'il convient auparavaut de presenter, dans un tableau tres-abrege, les priucipaux organes desdycotyledons, les seuls f[ue les auteurs quiont traite de i'ana- tomie des plantes aientdecrits convenablement. Ces organes sont Ye^Jiderme membraneux, ressemblant a uue lame tres-mince de Telincriblee de pores imperceptibles. Sa structure est inconnue elle entoureles autres parties, donne une issue a la transpiration insensible , et se regenere lorsqu'elle a ete detruite. Sous cette envelopjie on en trouve une seconde , connue sous le nom de tissu cellulaire. C'est une sidjstauce succulente , ordinairement verte, lormee des petits grains arrondis, vasiculeux, entremeles de filamens ti-es-delies , qiu suivent toute sorte de directions. Elle ne paroit gueres dif'ferer de la moelle que par la couleur ( 1 ). Elle tapisse la siirface interne de I'ecorce, et en remplit toutes les mailles. L'ecorce , jjacee entre I'enveloppe cellulaire et le bois , est conqjoseede ieuillets emboites les uns dans les autres , que Ton peut separer par la _ maceration. Ces feuillets sent, comme Ton salt, des assemblages de vaisseaux seveux, de vais- seaux propres , et de tracliees (2), mais dans une direction pa- rallele et longitudinale. II n'y en a qu'un seul sur les rameaux d'un an, et chaque ajinee il ennait uii nouveau. Le bois renferme les memes organes que l'ecorce ; il est ])areillement I'orme de couclies concentriques. On y distingue deux parties : I'une exte- rieure , qu'on appelle aubier ; I'autre interieure , plus dure, d'une couleur plus fbncee , et qui porte le nom de cccur. La moelle renf'ennee dans un canal longitudinal vers le centre de la tii files longi'udinales qui paroisscnt forniees de globules briUans , et qui ressem- » blent aux tracliees du bois )). L'autcur n'a pu cependant parvenir a deroaler la lame spirale qui les forme. Ecok JSormalc , tome 4; page 087. l44 JOURNAL DK PHYSIQUE, DE CHIMIE jettc des ramifications tx;>nsversales , dont qnelqnes-unes se pro- longent jusqiiessur Tecofce. Elles font, avec les fibres ligneuscs, un enlrelaceinent semblable ii celui de la trame d'line etoffe dans sa cliaine. On les voit distinctement snr la coujie transversale d'un tronc scie perpondiculairement a I'axe. Elles y sont disposees en layons divergens , comnie les llgnes horaires d'un cadran. L'accroissenient des tiges se fait en longueur et en grosseur. Tons les ans una ronvelle pousse sort de I'cxtr^mite des rameaux , et deux nouvelles couches, I'une corticalo, et I'aiitre ligneuse, se forment entre le bois et I'ecorce ; ainsi le bois croit en grosseur de ded ans en dehors , et I'ecorce an contraire du dehors en dedans. Les tigcs des monocotyledons renferment ;\ la verite la phi- part des Oiganes (pie je viens d'indiqncr,mais avec des differences si marquees, qiiel'on est force de reconnoiti-e, dans les vegetaux, deux grandes classes naturelles , entierement independrsntes de toutes les methodes et de tons les systemes. Cette verite impor- tante sera mise dans tout son jour par des observations faites sur tin tres-grand nonil)re de plantes de diverscs fauiilles , qui forment la serie des monocotyledons , tels que les palmiers , les graraens , les asperges , les dragons , les liliacees , les narcisses , fes fougeres et les mousses memes ( pi. i ). All premier aspect d'un palmier, on s'apper^oit que le tronc ne ressemble point h cclui d'un hetre, d'un sapin , d'un orme, oil de tout autre arbre a deux feulUes seminales. Cost line colonne reguliere , dont le sommot est convert de feuilles vivaces , dis- posees circulairement les unes aii-dessus des antres. Celles qui naissent an printemps sortent toujours de la cimc ; les plus anciennes, placees inferieureraent, se dessechentj, et laissent, en se detachant , deS impressions circulaires cpii sillonneht la sur- face de la tige et en marquent les annees jusqu'a ce qii'elle ait assez, de cavites. Mais c'est particulierement dans les organes internes que nous trouve.rons les differences les plus frappantes. . Si Ton considere un tronc fendnsuivant toute sa longueur, on y decoiivre un assemblage de grosses fibres ligneiises, sofides, lisses, flexibles , legerement comprimees , composees elles - memes d'autres petites fibres etroitement iinies , la plupart suivant line direction parallele i\ I'axe du tronc, et se prolongeant,sans inter- ruption , dopuis sa Ijase jusqu'a son sominet. Qnelqucs-unes se portent oljliquement et coiipentle's premieres sous un anglepluS ou moins aign. On pent les separer facilement dans les jcunes palmiers , ou dana ceux qui cominencent ii tomber en putrefac- tion. Sil'on examine ensuite la coupe transversale d'un trongou de tige , on iie reaiarque , sur la surface , ni couches concen- triqucs , ET D'HIS T 01 RE NAT U R E LLE. J l^J tmmes,Tii canal , nl procliictions medullaires. Les fil)res ligneuses, placees sans ortlrc les uiies a cote ties autres , sont euvelopjiees par la moelle f[ui en remplit tons les intervalles. Ellas se rappro- chent sensiljlemeat , se durcissent et diaiinueiit de diametre en allant du centre a la circonl'erence , de sorte ((ue la tige a Ijeaii- coup phis de force et de solidite au])res de sa surface , que dans son interieur : organisation toute diiferente de celle des arhres k deux feuilles seminales. Lorsqu'une graine de palmier a ete seniee , les feuilles se developpent successivement., et augmentent en nonibre pen- dant quatre a cinq ans ; le collet de la racine se dilate en menie proportion ; la Ijullx; formee par la reunion des petioles des feuilles grossit inseniiblement; sa solidite augmente peii-a-peu , et enfin la tige s'eleve au-dessus de la surface de la terre , aveo totitelagrosseurqu'elledoitavoirdans la suite. Elle a exactement la Jigure d'un cylindre , depuis la base jnsqu'a la cime : et si I'on en mcsure le diametre a. differentes epoques , on sera con- vaincu qu'il n'a pris aucun accroiss2ment. Cette oljservation n'avoit point echappe a Kfempfer. Caudex est recti ssi miis , dit cet auteur en parlant diidattier, figurae ad assani cilindraceae , nisi verticem versus paulisper gracilesceret, Crassiorem hacparte referunt alii. Kaimpf. amcenitates exot. , p. 687. Daubenton , dai;s \\a Memoire sur I'organisation du bols , ou Ton trouve une bonne description des orgaues iuterieurs du pal- mier-dattier , me paroit avoir donil^lPa veritable raison pourquoi sa tige s'eleve en colonne, et n'augmente point tons les ans en grosseur ,conime cello de la plupart des aiifres arbres. II faut entendre I'auteur lui-meme. « Cliaque feuille ( du dattier), en » sortant du bourgeon, est formee par un prolongement de filets' » ligneux, et de la substance cellulaire qui sont dans le tronc " de i'arbre. On les voit dans les petioles. lis sont tres-apparens " dans les restes de la feuille dessechee qui tiennent au tronc. » L'a-ccroissement de ce tronc est done produit par les feuilles 3:> qui en sortent cli^que annee. Comme les filets ligneux et la » substance cellulaire , dont les nouvelles feuilles sont un pro- y^ longement, partent toujours du centre , ils forcent toujours » les Veuilles pi-ecedentes de se rejeter en-deliors. II s'ensiiit que » la par tie qui fait tons les ans I'accroissement du tronc , se » forme au centre. La partie dej;\ formee dans les annees pre- " cedentes doit necessairement etre deplacee et portee au >■> dehors , comme I'ecorce des arbres qui en ont une , est rejetee 5t> en dehors poiir faire place aux nouvelles couches qui se for- » ment entre I'ecorce et I'aubler. Cette sorte de recul n'a point roOTff r. PLUV10SE««7. T l46 JOURNAL DE PHYSIQUE, DECHIMIE » de limites dans ccs arljies , parce qu'il se forme tons les aria » de uouvelles couches cortlcales , qui sont ilexiblcs , Pt que les » anciennes qui ne le sont plus , se fbndeiit ct se detrviiscnt. » Aitssi la grosseur de ces arbres n'est pas limitee couiine celle » un certain point de densite, elle ne pent plus ceder k Teitbrt » des parties interieures du tronc, et se porter en dehors : aussi K I'arbre , parvenu k ce terme, ne grossit ])lus. C'est par la nieme » ralson que le tronc du pahnier a la menie grosseur dans toute » sa longueur. A niesure que I'arbre s'eleve, les parties de la 3:' suljstance du tronc perdent successiveinent leur flexibilite au >j nieme, terme. Alnsi elles doivcnt cesser de se porter au de- « hens , lorstiu'ellos sont parvenues au nienie degre de densite « dans tons les points de la hauleur de I'arbre. Par conse(|uent » le tronc a necessairement la mcnie grosseur dans toute sa 53 longueur^j. _ On pent f'aire I'application des memes princlpes aux differentes especes de pahnier, et autres monocotyledons. II est tres-rare que la tige des palmiers se divise en plusiours rameaux. Cela arrive cependant quclquefbis , particrdiercnient lorsque le sommet a ete coujie ou altere par (juelque accident. Theophraste a fait mention de ce phenomene : Esi auteiiipalma , lit siinpliciter d'lcamus ,, tjtti^ice uiio atque simplici corpore. Quacdam tamen vel bifiam exeunt slcut in ^^lEgypto , quasi bifurcae. In Creta quoque plures bifurcas p;-ovenire ajfuniant, quasdam trifidas In Lepaca vel quino cerjbro genus quoddani enasci tradunt. (Theopli. Ilist. plant. ) Rlieede assure que le palmier , connu au Japon , sous le noni tie todda panna , pousse quel(|uefois cpiatre il cinq branches d'un nieme tronc. Contig/t quoque nomiunquafn ut ex uno trunco quatuorvel quinqiie vertices enascantur. (Hort. Malab. torn, in, pag. lo , tab. 3o, fig. Sa. ) Si la tige des palmiers n'a pas une egalo grosseur dans tons les iudividus d'une nieme espece , cette difference vient des sues iiourriciers qu'elle a rectus en plus ou moins grande abondance ; niais «lle s'eleve tou jours en colonne , a moins que des circons- tances particulieres , dont je vais faire mention, ne s'y opposent. En elf'et , il n'est pas tres-rare de voir des tiges isliis minces ou plus grosses vers la base , que dans le reste de leur longueur. Quelquefbls on y appercoit aussi des gonflemens et des retiecis- semens alternatiis. Ces sortes d'ii-regularites jie s'observent pas E T D ' H I S T I R E N A T U R E L L E, M/ seulemeiit clans les paliniers.Les yuccas, Ics dragons, les aloes... eii ofFrent pareillement des exemples. Cela arrive toiites les f'ois que la plante revolt a. diiferentes epoques, et pendant iin certain temps , nne inegale qnantite de sues nourriciers. Si, par exemple , on trausplantc un jeune palmier d'un sol aride dans un terrain fertile , les fibres de la nouvelle pousse acquerrent un volume plus considerable que les anciennes ; le diametre de la tige augmentera dans cette partie, tandis que rinf'erieure conservera exactement la grosseur qu'elle avoit aiiparavant , parce qu'il ne se forme point de couclie a sa surface, et que des fibres devenues ligneuses ne peuvent jirendre d'accroissement , comme Hales ct Didiamel font demontre. Si, par un accident conlralre, la force de la vegetation se rallentit , les nouvelles pousses seront plus greles que les anciennes. On voit, dans une des serres dii Jardin des Plantes ,un'cycas , dont le tronc a un retrecissement considerable vers le milieu : la cause en est bien connue. Get arbrefuttransplante a Madagascar dans une petite caisseet cmbarcpie surun vaisseauau commence- ment de 1787, par Josejdi Martin. 11 languit pendant la traversee, et niemc long-temps apres son arrivee aParis. Neanmoinsla vegeta- tionii'ayant point eteentierementarretee, la tige augmenta en lon- fueur de quelques pouces; mais ce nouveauprolongement acquit eaucoup m^^s de grosseur que les anciens. Dans la suite, co palmier qu'om.voit piace dans une serre , et auquel on avoit donne tons les soins convenables , reprit insenslldement de la vigueur, l.^e])uis ce temps, les nouveaux jets de la tige ont augmente de volume. L'etranglement forme, lorsque la vegetation etoit lan^ guissante , est reste dans le meme etat , et ne s'effacera jamais. La circonferencedu tronc, dans cet endroit , est de tr'eize pouces; il en a vingt-un un peu au-dessous , et dix-liuit au-dessus. 11 a era environ d'un piecl en sept aus et deiui. Le prolongcinent est un cylindre regidier ; il a molns de grosseur que la partie qui s'etend depuis l'etranglement jusqu'a. la racine , parce que la vegetation a ete molns forte dans un climat tempere que sous la zone torride , oil cette espece croit spontanement. La meme cause ne peiit jamais produire les memes effets dans un arbre a deux feuilles seminales , parce que son accroissement en grosseur ne se fait que par des couches concentriques et uni- formes , cpii s'etendent depuis sa base jusc[u'ti son sommet. Ainsi, soit que la force de la vegetation augmente, soit qu'elle diminue h diiferentes epoques , de tronc conservera toujours sa forme primitive. J'ai tlit pr^cedemment que I'ecorce des arbres a deux feuilles T2 148 JOURNAL DE PHYSIQUE,' DE CHIMIE semlnales etoit cbmposee tie lames emboitees les imes dans les aiitres; que tons les ans , clans le temps de la seve , il en renais- soit line DOuvelle entre I'aiibier et celle de Taiuiee precedciite ; t[ne le nombre de conches dlrainiioit succcssivement depuis la partie inf'erieure du tronc jas(pi'a rextremite des branches ; tju'enlin il n'y en avoit qu'une seiile snr les rameaux d'lin an. On ne remarqne rien de semblable dans I'enveloppe exte- rieure des palmiers : elle n'est evidemment cpi'une expansion de lil)res de la base des petioles , (\m se portant a droite et a ganche , fornient antaait de reseaux dont les mailles sont pins on moins largcs, et diversement conlignrees dans chaqne espece de ])aluiier. Ces reseaux sont -imbriques , c'est-a-dire, qii'ils se recouvrent apeu-pres comme les tniles des toits de nos niaisons. J.eiir nom!)re est d'autantplus considerable, que les feiiilles sont ]lns rfipprochees les nnes des antres ; ils n'adherent point en- semlile , et on pent les separer avec la plus graiide I'acillte. Chacun est compose de trois plans de fibres tres-distinctes ; les deux plans exterieurs su.ivent tine direction transA^ersalc etparal- lele : i'intermediaire , que Ton pent comparer a la trame d'une etolfe , les coupe obliquement de haut en bas. Les fibres ne sont 1>oint entrelacees , mais seulement unies par des filamens capil- aires qui vont s'attacher de I'une h. I'antre. Enlin I'enveloppe des palmiers se detruit avec le temps , et il ne s^brme jamais de couche u sa surface interieure ; de sorte qn'on ne doit pas la regarder comme line veritable ecorce. Ka3m])fer I'avoit dit; mais cet autenr n'avoit pas bieiLConnii son organisation. Cordce do- natus caudex non est, sed ah injuriis se junior tuetur parcil'us J'roTidiumab amputationibiis residu'is , qiias poUices nuncupavinms . ( Ktempl'er , amceni. exot. , pag. 687, pi. 3, lig. A. B. C. D. ) Les palmiers portent deux sortes de f'enilles ; les unes ressem- hlent a des eventails ; les antres sont composees de plnsieurs f blioles placees sur deux rangs opposes , comme les barbes d'une plume Leur nombre demeure presque tou jours le menie dans chaque individu (1) , parce qu'il en nait de nouvelles k mesure que les plus auciennes se dessechent et tombent. Les folioles sont t)iiees en deux dans toute leur longueur , et appliquees latera- ement les unes contre les antres avant leur epanouissement. Dans cet etat elles ressemblent i\ un eventail f'crme. Les ner- vures sont longitudiiiales et paralleles a la cote du milieu. Ce fi) Siiivant Kxrupfer , le ilatlier produit ordinairemcnt sept feuilles nouvellet chaque annce. ET D'HISTO IRE NATURELLE. 149 dernier caractere est commiui a la plupart des monocotyledons ; je dis la ])liipart , parce que les uerviires des armiis, des balisiers, des banaiiiers et des f'ougeres, out ime direction transversale. Les rotaiigs approcheiit Ijeaucoup des palmiers par leur struc- ture , et ne sauroient en etre separes. On peut s'en convaincre facilemejit , pour peu qu'on yeuille observer la coupe transver- sale de I'espece qu'on eniploie a f'aire les Cannes connues , sous le nom de joncs. Les fibres du centre y sont si ecartees , qu'on en distingue les ijitervalles a la simjjle vue , et qu'on peut laire passer de I'air dans lestroiics de plusieiu'sjiieds de longueur en soufHantpar une des extremites. Elles se i"esserrcnt tres-sensi- blement h. niesure qu'elles approclient de la circonference, et on n'y remarque ni couches, ni productions metluUaires. Plusieurs autres especes de ce genre , que j'al examinees attenliveiuent , m'oiit ofiert la menie organisation. On trouve pareillenient dans tous les mes caracteres que les tiges ligueuses ; et je ne desespere pas de parvenir a distin- guer egalement les plantes animelles. Ces comioissances ne seront point inutiles aux botanistes , pftrticulierement a ceux qui se livrent h. I'etude des rapjjorts annuels. Aiiisi on determinera facilement ;\ laquelle des deux divisions precedentes appartient una plante ligneuse , meme iiiconnue , en jetant les yeux sur une coupe transversale de la tige , et Ton pourra rapporter a leur veritable classe plusieurs genres douteux, dont la germination n'a pas ete observee con- ■veriablement. II est evident , par exemple , que les aristoloches sont de la division des dycotyledons , parce que les especes de ce genre , dont les tiges sont ligueuses, ont des couches concentriques , et des productions medullaires. Bernard de Jussieu et Grertncr les regardoient comme monocotyledons. A la verite Antoine- Laurent Jussieu les a places dans la seconde division. Leur structure interieure prouve coailjien il a eu raison de faire ce changement. II en est deuiemedes cierges,que Linne et Gccrtner ont ranges parmi les monocotyledons, Quoiqu'il soil tres-difficile d'en apper^evoir les couches , on ne pent cependant douter de leur existence , puisqn'on j^arvient a les separer par la macera- tion , et que dans les vieiix troncs , la partie ligneuse , dont I'epaisseur est tres-considerable , s'amincit par degre en allant vers le sommet. J'ai vu plusieurs fois les fibres de I'espece que Ton connoit sous le nom de raquette ou figuier d'Inde ( cactus opuntia. Lin. ), s'enleverpar plaques ^ lorsqu'elles etoient desse- chees, et que la substance cellulaire qui les unitavoit ete detruite par le tenq:>s. Daubenton est parvenu a separer un des feuillets du reseau ligneux du cierge du Perou (cactus Peruvianus. Lin.) tjifin les prolongemens medullaires y sout tres-apparens. Ce caractere LT D'H ISTOIR E NATURE LLE. i53 caractere peut mSme presque toiijours servir a distinguer les iiionocolyledous , lorsque les couches sont si rajiprocliees que I'reil de i'observateur ne peut les appercevolr ; inais ce^cas est tres-rare. Les autres plantes grasses a deux feuilles semlnales , telles que les euphoriies , les jonbarbes , les iicoides , out des couches distinctes , et Li inoelle placee daus 'un conduit longi- tudinal , au centre de la tige , jette des rayons vers la suiface. On pourra aussi decider , d'apres les nieuies principcs , si les presles out plusde rajiport avec les fougeres qu'avec les ephedras, dont les filjres sont disposees par coitclies concentriques On sait' qu£ les botanistes ne sont pas d'accord svir ce sujet. Jussieu a place les presles dans la f'aniille des fougeres , et Adanson les a reuiiis avec les pins. II s'ensuit encore que les caracteres tires des couches et des productions inedullaires^ qui out ete indiques par des physlciens , pour reconnoitre les bois petrifies , n'ont de valeur que dans le cas ou ces fossiles auroieut appartciiu a. des arbres ou arbris- seaux a deux I'euilles seminales. Linne avoit pense que les cycas devoient etre reunis avec les fougeres j i°. parce ([ue leurs feuilles sont roulees en spirals avant de se develo])per;20. parce que les poussieres fecondantes des chatons males des cycas sont a nud sur les ecailles rpii ne sont que des feuilles avortees. Foliationes circ'inali fiVicibus pro- pria a reliquis plantis aliena , nulli palniae comniuni , convenit cycas cum filicibus . Fruct'i ficatlone dors'ifera , hideni filicihus propria , et ah aliis plantis etiani pal mis di versa convenit c\cas fdicibus. X^otum enim est quod amenta sen strobili , quae pari pasu ambulant ,fornientur a natura foliorum rudimentis futuri anni,, quodque optimci illuscescet strobilo pini hisce datis quod amenta sint folia parva et ex his pulvis jloridus insptrsus absque ca- lyce at corolla ut in filicibus, pracscrtim in achrosticis, manifest^ patehit quod cycas sit ^ generejllicum. ( Lin. Acad, des Sciences, 1775, pag. 5iB.) Si les caracteres etablissent une difference tres-marquoe entre les cycas et les paluiiers, il en est d^autres qullesrapprochent, et qui separent en meme temps les fougeres des cycas. Les fleursde cesdernierssont dioiques, lesovaires portes sur unspadisdevien- iientautant de drupes mouospermes analogues anx fruits du pal- mier. Jjesnervures des feuilles sont pareillenicnt longltudinales. Ces nervures sont tres-iiiies. 11 faut uue bonne loupeet beaucoup d'attention pour les apjiercevoir. Je ne les arencore decouvertes qtie dans les cjcas japonica. II m'a ete impossible jusqu'ici de Tome V. P L U Y I OSE an 7, V j54 JOURNAL DV. PHYSIQUE, DE CHIMIE les observer dans les cycas circinnalis. Lin. Cos deux especes sont vivaiites au Museiiin d'Histolre iiaturcUe. La surface supe- rieure de lears f'euilles est tres-lisse. L'iiil'erieure est parseniee d'une multitude de petites eminences cpii ne sont pas sensil:iles a I'oeiL En fin les iilnes du tronc du c-ycis ciicinnalis Lin., sont en I'aisceavix, et sont disposees en lauies , coinme dans les lon- geres ligneuses. Les poussieres fecondantes des cycas ne sont point nues sur les ecailles des chatons , comine le dit Linne, niais renf'ermeesdans de petites capsules arrondies , uniloculaires , et dont la pellicule se partage en deux valves. Elles recouvrent la surface inferieure des ecailles. L'auteur les aura sans douteohser- vees , lorsqu'elles etoient ouvertes. On ne distingue plus alors que des amas de pollen. 11 est d'ailleurs tres-douteux que sa coin- position soit Ijien exacte , puisque les organes sexnels des fougeres ne sont pas encore connus. Les etamines des pins, des sapins, des genevriers, des thuya , des cypres, sont aussi placees sous les ecailles des chatons, sans qu'ils aieut aucune analogie avec les cycas. Les zamia, dont les jeunes feuillesse roulent sur elles-inemes , et dont les lleurs sont en chaton , ne sauroient etre sep.arees des cycas. Leurs nervures sont toutes longitudinales , comma celle des palmiers , et la graine du zamia villosa de Gajrtuer , a I'embrion place veis la bas'e d'un perisperme charnu , caractere u'on retrouve dans les fruits du cocotler, de I'elseis , de I'arec , u corypha et du lontarus. II faut done conclure que si les cycas et les zamia ont quelque aflinite avec les fougeres, leur organisation les rapproche aussi des palmiers , et qu'on doit regarder ces deux genres comme un ordre distinct et intermediaire entre les deux families en question. Ce sexemples , auxquels j'en pourrois ajoutorl)eaucoup d'autres, suffisent pour donner une idee des ajiplications qu'on pent iaii^e des observations qui servent de base k ce Memoire. Je crols qu'iln'est pas impossible de trouvcr, dans les organes interieurs des plantcs (jvii composent les grandes f.imilles natu- relles des ombelles , des crucil'ercs , des composees , des leguaii- neuses,des caracteres conuniuis et particuliers a cliacune d'elles. Peut-etre pourroit-on meme parvenir k distinguer les genres et les especes , si Ton en etudioit la structure avec toute Tattention 3ue demande un objet aussi important. Les parties exteriebres es plantes ne sont en f[ue] ;iie sorte qu'un developpement des organes interieurs, toutes les fois (|ue les uns ofl'rentdes dilfe- I ET D'HISTOIRE NATURELLE. 155 rences remanjualjles ; il est b. presumer qu'il en existe paieillement tlans les autres. E-Tpllcation des planches, Planche 1. Organisation des dy cotyledons. A. Coupe transveisale il'uii tron^on de clieue. Organisation des monocotyledons . E. CoTipe transveisale d'une portion de tige de palmier. On n'y remarqneni cou'cliesconcentriipieSjid jirolongeinens iriedullaires; la inoeilc est placee entrc les fibres. Celles-ci vont tonjours en se rapprocliant , depuis le centre du tronc jiisqii'a sa circon- fereiice. C Uno tranche de rotangdont on fait les Cannes connues sous le nom de joncs. Planche 2. A. La base d'une feuille de palmier-latanier (c/ia- maerops humilis. Liu. ) On voit lateralement le tissu des fibres qui ticnnent lieu d'ecorces. B. Les memos fibres grossies a la loupe. PREMIER M^MOIRE Sur la matiera verte qu'oji trome dans les vases remplis d'eau, lorsqu'ils sont exposes a la lumiere , de menie que sur les conferves et tremelles consideres relativement a leur nature , et ^ leur propricCe de donner du gaz oxigene au soleil ; Par Jean Senebier , blbliothecaire a Geneve. S- 1". Histoire de cette matitire verte. ^ I j'ai recherclie ce qii'on peut avoir pense sur la matiere verte, ce n'est point pour decouvrir , dans les temps passes , qnelques traces des decouveries modernes. Le cerveau du grand liomme est pour kii une mine plus riche que les volumes poudreux fpi'on iui tjiit lire , et il trouve la yerite phxs vite en consultant son genie, qu'en feuiUetant des livres qui n'aujaoucent souvent ce l56 JOURNAL DE PHYSIQUF., DK CHIMIE qu'on poiirroity chei'cher,fpie loiS(|u'il a ete decoiivert. Priestley a conrni I'influence de la luiniere ])oiir faire ])rodiuie de I'air aux veietaiix , sans avoir connu rexjjerieiice (|ue je vais raconter; ati luoinsiln'en parle pas, at il n'etoit pas necessaire([ti'il la coniiut ponry jieiiser. II etoit pourlant cnrlenx de rnp]iorter ce fait , afin d;l3e sur \\n etaiig, ou il ue decoiiviit avcuiie planto , apres I'avoir obseneo" avec le microscope; iiiais il ajoute qii'il y Ailim iiomhre prodi- gieux d'aiiLiiialcules : Turn- iinmarie/n in ea iiuilutiuiineni percei)i exigiiorunianimnlculoruTn quae oculum eticlm microscopio arma- tuiii pene fallebant, ut nemo nisi quis ipse viderit narranii sit habitiiriis fidem. Vjoeterca complura alia variique generis animalcula vidi prioribiis aliquanto majora , quibiis permulti , iique miniitissimi interniiscebantur "Icbu/is acreis II ajoiite ensiiite, qii'ayaiitrepete ct;tte ol)servadoii , il ne vit lien de noii- veau ; il dit ccpendant : I'aulo post adverti nonnuh'os globulos acreos qui globutis dignosci possint animalcuLis admixtos esse. Dans ses Lettres , t. ii, p. 082, il paiie d'ariimalcules verts trouves dans un tuVje de ]ilondj , servant pour la conduite des eaux ; leur forme eloit ovo'ide , et leiir mouvenient de circon- volution. Homberg paroit avoir aiissi ol serve la matiere verte. On voit dans nn de ses Memoires renfermes dans la collection de ceiix de I'Academie de Paris ponr I'annee 1710, qu'ilraniassa de I'eau de pluie dans nne boiiteille bouchee leoerement ; qn'il Texposa sur nne I'enetre du niidi ; (pi'il se fonna an fond nn sediment de conleur verte ,fort spongienx , plcin de petitcs bulles d'air, qu'il attribuea. ]a ferznentation. Un jour qn'il I'oljservoit au soleil il y remarqua une tres- belle vegetation de conleur verte, dont une partie tenoit au fond du vase , et le reste etoit suspendu comme des fdets dans I'eau; tous ces filets lui parurent avoir uno petite boule avec I'eclat de I'argent, ils flottoient : le lendcmain il n'y avoit plus de vegetation a sept heures ; elle reconnnenca quaiid le soleil parat ; et il relit les niemes observations dans les jours suivaiis ; la clialeur douce du feu produisit le menie effet. Adanson , dans un Memolre qui a paru avec ceux de I'Aca- demie de Paris pour 17017, scmble avoir vu cette matiere verte qu'il decrit tremella conferva gelatinosa omnium tenerriiiia et minima aquarum Unio iunascens . Dillenius H'lStor. Muse. p. i5. II la represente comme une croute d'un vert fonce, glaireTise au fond des eaux, ayantun quart deligne d'epaisseur,et depuis deux ponces jusqu'a un piedde diametre;aveciuie lentille de deuxatrois lignes de foyer, elle paroit un feutre compose de filets entrelaces cylindriquea et obtns par les bouts ; avec tine lentille qui irossit 406 fois, ces lilets lui jjarurent articules , ayant des diaphraTmes se]iarans leurs articulations. Ces filet-; out nn moxivement spon- tane , mais ils ue le nianifestent pas tous dans le meme temps; i58 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CTIIMIE on I'observe stir-toiit dans ceiix du bord. Ces filets s'alloTigent tres-vite et so propaf^eiit eii se divisant. Cette conf'erve ne pent etre la inaticre verte cpie j'ai etndiee ; je ne lui ai point vu de niouvoiaens spontanes, ct je n'ai jamais icmarque le rapide allon- e,einont de scs lilets ; de soite que si cette treinelle est bien de- crite, ce ne peat etre celle dont je parlerai dans ce Memoire et dans les snivans. Adanson, a la jiage 071 , raconte qu'il a -vu des corps spheriqnes verts , aussi fins que les filets, et d'autres plus pe tits , ayant tons les raouvemens en avant , en arri^re , piroiiet- tans snr etix-meiues ; il ajoute (pi'il a rencontre d'autres etres organiques jilus gros , senil)laljles a des anguillcs , ou plutot a des ascarides plains de corpnscides ovoides sans inouvement. Cest dans I'annee 1771) f|ue le celeljre Priestley decoiivrit I'in- ilnencc de la lumiere povir tirer le gaz oxigene liors de la matiere vertej il en pavle dans le IV«. vol. de ses OEnvres, p. SSp, publie en mars 1779- H regarde cette matiere conime etant ens sui ge- neris , l\ qui la lumiere est nt^cessaire pour son develojjpement. Enfindans le V<^. volume puljlie en 1781 , apres plusieurs expe- riences sur cette matiere , il se determina a la croire une plante. Priestley revendique cette decouverte comme sa propriete , dans une lettre adressee a Ingenhoiisz. Je ne veux point jnger entre ces hommes celeljres , mais je renvoie a cette lettre qu'on trouve dans un petit ouvrage de Priestley, intitule : Experiments on the generation of air from water, to wick are prefxed experiments to the decomposition of dephlogisticated and in- flanmable air. La lettre est datee de Birmingham, d\\ 2.1 no- vembre 1787. Ingenliousz , qui a fait , comme on le voit , les memes reclier- ches , en a rendu compte en divers onvrages. J'employerai,autant que je le pourrai , scs propres expressions , pour mieux rendre ses proiircs idees. En 1779 ,il parle de la mousse ou matiere vegetale qui s'engendre au fond et aux parois des vases de verre,dans lesquels on tient I'eau en repos; il croit que I'eau elle meme, ou quelqne chose inherent k I'eau, est change en cette mousse, et subit en son organisation une espece d'elaboration , que la lumiere du jour y excite , et par laquelle elle est changee en air dcphlogis- tique ; mais c'est sur-tout ilans ses vermischten schriften , t. 11, et daiis Ic Journal de Physique du mois de juillet 1784 , que Inaenhousz developpe ses idees svir ce sujet curieux. II y annonce que cette matiere verte est fbrmee paptle veritables insectes ( 1 ) verts entasses les uns sur les autres , et constituant (i) Ingenliouzs tlonne ce nom aux animalcules des infusions. ET D'HISTOIRE NATURELLE. l5<) ainsi nne masse glaireuse vei te sans aucuiie appareiice nianifeste d'oigainsation. II trouve que si Ton decliire. la matiere verte , ct si on I'eparpille en tres-petits lambeaux , on observe que ses bords dechires sont tons herisses , de fibres transparentcs , sans aucuno couleur , ressemljlans a. des tuljes de verl-e, doiies d'an niouveuient comparable a celui de certains animalcules aqiiati- ques qui ont la I'ornie des aniiuilles. Uans les lanibeanx dechires de cetle croiite muqiieuse , on apper^oit les debris des insectes verts qui formoient le commencement de la croute. Ingenhousz apprend encore que la conferva rivularis et les autres conl'erves , doivenl etre places panni les zoophytes, parce que les corpusciiles verts , dont les fibres de la couferve sont fiircies J se trouvent des insectes morts ou vivans. ):st-ce que la matiere verte de Priestley, dit Ingenhonsz, tovite composee d'in- sectes veritables , dans le premier temps de son existence , se change elle-meme tantot en tremelle et tajitot en coaif'erve ? Je dois me contenter ici du fait tel qu'il est. II observe que ces corpuscules verts sont si confines dans cette matiere , ou j)exit- etre si chaj)oes dans leur organisation , qu'il est tres-diflicile de les reconnoitre. Cette matiere, en vieillissant , donne naissance a des filets doues d'un mouvement iiregulier. Ingenhousz le compare aux animalcules que Felix Fontana a vus dans le bled ergote. Le physicien hollandois remarque ensnite que la corrnpilon de quelques corps vegetaiix ou animaiix, favorise le developpenient de cette matiere verte ; que la metamorphose de ces insectes y est plus proinpte et plus remarquablc ; (ju'ils y sont plus gros et plus fonces que les autres : il les represente pointus en avajit et en arriere pendant quehpies jours , devenant ensviite ronds , nageans d'abord dans I'eau, et se reunissant jiour former la ma- tiere verte ; mais avant, ils se pendent I'un a I'autre , se divisent ; ils offrent des vesicules dans leurs corps , et I'eau fraiche les conserve. Dans le tome II des vermischten schnften de Ingenhousz , il dit a la page 142 , que ces corpuscules sont des vrais insectes , unif ormes entre eiix , en grande partie spheriques , oviformes , ovi d'luie figure approchaute; qu'ils sont envcloppes d'nne croute mucilagineiise et transparente. II ajoLite rpie la ]iarfaite ressem- blaiice de ces insectes vivans, avec ceux qui etoient immobiles, ne laissent aucun doute sur leur identite ; que cliacun est tres- legeremeut vert, mais que leur reunion augmente leur intensiie. II a observe une grande qviantite de petits corps transparer.s et anguleux 5 ces petits corps paroisseut des sels ou des' cristalllsa- ]6o JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE tlons pierreiises : ils sont jihis grands que les insectes et se trou- vent dans nn noniln-e phis on nioins grand, suivant la nature des eaux employees. Les figures coloriees que ce physicien ajoute k son ouvnige , ne laissent aucun doute sur ses idees et ses descriptloi!S. Ingenhousz reconnoit rpi'll doit I'idee de ranimalite de cette niatiere a la communication que Felix Fontanaluien avoit laite, et dont il a donne un apper^u dans le Memorie di Fisica della Societa Itallana, t. I, public en lySo. L'illustre physicien de Floreiice dlt qiie ces animalcules sont de deux especes, les uns ronds , presrpie loujours en mouvement; les autres ovif'ormes , approchans de la figure des cosses de I'eves on de pois, plus grands (jue les precedens, et ayant un mouvement lent ; on trouve quel- ipief'ois ces deux especes reunies on separees. L'espece ronde hahite les eaux stagnantes qu'clle verdit. On les a pris , dit-il , pour des plantes ; mais il y a plus dc lo ans que je me suis assure que cette couleur ne pent eti-e attriljuee k des substances vege- tales , et cju'elle est produite par de petits animaux. Les bota^-^ iiistes comnie les-oliservateurs se sont trompes sur ce sujet. J'envoyai, dans le mois d'aout 1780, au Journal de Physlqiic, un Menioire qui fut imprime au mois de mars 1781 ; je le pulJiai de nouveau en 1783 , ayec des additions dans le III<". volume de mes Menioires physico-chimiques. Je re'prcsentai cette matiere (lue ie caracterisai mal, comme la conferva cespitosa ; mais je n'ai point dit, comme Jngeiihousz I'a pretendu,que cette plante avoit la haiiteur de deux ponces et demi , parce que j'avois dit qu'on avoit vu cette plante^ pendant deux mois , a la hauteur lus > parvient ce vegera'i , n est lorc ciair-seme , tanuis que lo tapis est plus serre et plus epais , a mesure qu'il s'approche du Ibnd. II me semble que le mot vegetal excluoit I'idee d'une seule plante, et qu'on ne croit pas qu'une plante de tabac coiivre un arpent , parce que Ton dit que cette plante y croit fort Inen. D'ailleurs je dis clairement, ;\ la page 8, que cette petite plante etoit attachee par petites masses aux parois des vaisseaux, qu'elles paroissent comme des taches h. leur naissance , qui forment, en se rapprochant , le tapis de verdure qu'o?i observe, tout connne les plantes de tabac rapprochees forment I'arpent vert sur lequel elles crolssent. J'ai decrit microsco]iI(pTement cette matiere verte , les lieux qu'elle occvipe , les animalcules qu'on y observe. J'ai I'ait voir qu'elle ne se produit point, si i'eau ou elle se developpe ne com- muniquqf ET D'lIISTOIRE NATUR ELLE. ires' ''teiit des cavites ou cellules arrondics , qui ont de la ressemblance avec les cellides \itreuses ; caractercs exteileurs qui peuvent en imposer jiour lui temps aux ^eux les phis uxerces. Cette agate blanche transparente de S^vartz -Stein - Kant , exposee au feu , y devient blanche et opaque , ne s'y vitrifie point et se comporte comme la calcedoine. Celle qu'on trouve dans I'asphalte , ou poix miiicrale d'Auvergne , est a-peu-pres sem- blable a celle de Swartz-Stein-Kant et de Saxenhaiizen. Le tufa grisatre solide , sur letiuel se trouve I'agate Ijlanclie ;(iue uu niammelonee , ressemble au tufa uu Vicentin , dans lequel on trouve des enhidres en calcedoine. Le tufa de Swartz-Stein-Kant ayant ete expose k un deere de r vie- • 1 !• 1 • ° • > leu propre a le lau-e rougir , est devenu somlc , noir , et entiere- inent attirable par I'iumant. Si du vcrre fondu se f ut porte siir ce tulii , il I'auroit noirci et rendu attirai)le. D'ailleurs , les verres produits par les volcans , sont plus ou moins noirs , et a I'etat d'email. O B S E RV AT I O N S Sur la crlstalllsation de Tor, obtenue par la reduction de ce metal , par le moyen de Tether j Par B -C. Sage. ^i on verse de I'ether dans une dissolution d'or , faite par I'eau regale , il s'empare aussitot de ce metal , et prend une belle couleur jaune. L'eau regale devient blanche et litnpide. Au bout de six niois , un an , on trouve , dans le flacon fern^e hermeti(iuement, I'or leduit, nageantentre I'etiier et l'eau regale, quehpieiois sous forme de dei;drites solides, sonores , elastiques, brillantes ,composees de petits polyedres; d'avitrefois en feuillets grenus et sonores. Dans ces deux cas b cristallisation est confuse ; je I'ai obtenue deux fois en petites feuilles oblongues, epaisses, a facettes trian- ulaires tres-brillantes. J'avois communique au celebre Rome Delisle., mon ami , quel- 1rmes. Pendant qu'on apjirofondlt un puits dans ces mines , I'abon- dancc des eaux est telle dans les s iblcs , les crales et les marnes, qu'il i'aut , poiir les epniser (nieme de la profondeur seidemeiit de trente on quarante metres , et dans I'espace etroit d'un puits quarre , qui n'a que deux metres de cote ) deux ou trois cents chevaux ou plusieurs machines ii vapeurs. Lorsqu'on est parvenu a la couche de glaise qui recouvre le terrain a houille , on etablit ce qu'on nonime \s picotage , et on execute le cuvelage du puits , depuis le fond iusqu'au jour , de nianiere a retenir les eaux entre les lits diflerens des terrains supericurs , et a leur boncher hermetiquement toute issue. On demonte alors toutes les poaipes et toutes les machines qui ont servi a I'epuiseraent , et on continue a creuser le jjuits , sans etre incommode par d'autres eaux que celles qui suinteut entre les joints du cuvelage , ou que les I'entes et les lits dcs schistes, des gres et des houilles peuvent aniener. Mais ces eaux, aureste, sont si peu abondantes , qu'il suffit ordinairement d'une seule machine a vapeurs pour extra ire toutes celles de plusieurs fosses et de travaux inimenses qui s'etendent quelquefois a la profondeur de trois cents metres et Jilns, et a la distance de douze ou quinze cents metres de rayon. II arrive luenie souvent, au fond de ces mines, que lorsqu'on ponrsuit unc galerie dans une couche de houille , on trouve le terrain et la houille tellement sees , que les ouvriers sont obliges tl'aller chercher au has du puits quelque seaux d'eau pour niouHler le sol de leur galerie , et faciliter le tirage du traineaii sur lequel ils conduisent la houille. i66 JOURINTAL DE PHYSIQUE, DE C III M I E L E T T R E Do BAIL LET, inspecteur des mines ile La RepuLlIqne , et prof'csseur a. I'ccole des mines , A J. -C. DELAMliTHERIE, Sur la olace prodiiite par I'expansion de I'air compj-'und. V o'us rapportez, page 186 du Journal de riiysi(|iie de fructidor dernier, une exjierience inleressante , dans lacpielle le profcsseur Pictet, de Geneve , a reconnu phlof^islicpie intlnienient nni avec quelque base " , et les subs- tances non-conductrices , « si taut est qu'elles contiennent du 3> 7)lilogisti([ue , le retiennentplus foil)lement (i) ". Priestley rapporte , comnie favorable a cette liypothese , une experience de Walsh « qui etant assiste par Deluc pour f'aire un w vide plus parfait dans le barometre double ou arque, en I'aisant « Ijouillir le mercure dans le tube , trouva que I'etin celle ou le » choc elcctrique n'y passoit pas plus qu'a traverS un cylindre ■>■> de verre solide ». Priestley ajoute qu'en sujiposant que ce vide i'ut parfait, il ne voit pas comment on pourroit « eviter d'inf^rer >■> de ce fait qu'il faut necessairemcnt quelque substance pour 55 conduire I'electricite , et qu'elle n'est pas capable , par son ■y> propre pouvoir expansif, de s'etendre dans des espaces vides « de toute matiere, comme on I'a suppose generalement,d'apres « I'idee (|u'il n'y avoitrien alors pour empechcr son passage (zj «. Nous ne dirons rien ici de I'hypothese de Priestley, dont nous venons de parler , notre but etant de faire voir que les emissions du fluide electrique, ne peuvent cesser d'avoir lieu dans desespaces vides de toute matiere , et non pas d'etal)lir des distinctions caracteristiques entre^fce siiljstanccs plus ou moins conductrices de I'electricite. Ainsi nous nous bornerons a exposer les raisons et les experiences qu'on pent opposer a. I'experience de Walsli (i) Experiences et observations sur differcntes especes u'air , par Priestley } tome 1"'. , psge a^gdc la traduction fraiiraise, par Gibelin. (r?) Le docteur Walson et Canton , en lai»ant usnge du baronii^lre recourbe , invente par C. Caveiulisb , troiivtrcnt que I'eleclricite passoit trus-bicn dans le vide de Torricclii. { Histoire de TElectricite). ET D'HISTOIHE NATURELLE. 1% et cle Dekic; iiiais avant , nous peiisons qii'il ncsera peut-etre pas inutile ile i'aire connoitre ce qui arrive lorsque le fluide electrique tend a. tiaverser des milieux c[ni presentent k son mouvement une plus ou nioins grande resistance. Supposons une substance non-conductrlce de I'electrlcite inter- posee entre deux corps a eti5,]>risdans laclasse des corps conduc- ttiurs, et supjiosons deplus (pierun des deux corj)s conducteurs , le corps rt , par excmple, soit electrise ; les cliosesetant ainsi dispo- sees, il estclairc[ue le £uide qui se trouvera en excesdans le corps a, ne pourra point se repandre dansle corps 6,iL cause de laresis- tance que la substance non-cohductricepresentera au mouvement du fluide electrique , laquelle resistance doit etre supposee assez grandepourne pas laisser passer la niatiere electrique. Dans cotte circonstance, le corps^z nese tronvant pas dans sonetat electri((ue naturel , aura la propriete de decomposer le fluitle propre de I'autre corps couducteur: alors une action attractive seraexercee surl'undes deuxfluides du corps ^, tandisqu'une action repulsive sera exercee sur I'autre fluide de ce meme corps ; en sorte que, si le corps a est suppose electrise vitreusement , la partie 6 , ciui sera la moins distanle du corps a , se trouvera electrisee rSsineusenient , et I'autre partie du. corps b, celle qui sera la plus tlistante du corps a , se trouvera electrisee vitreusement. D'apres cela il est lacile de voir, i". que Faction attractive cpu s'exer- cera entre le Jlulde vitrd du corps <2 , et le Jluide resineux du corps b , sera necessairenient plus forte ([ue Taction re- pulsive ([ui s'cxerccra entre les JIuides vitres de ces nieraes corps; 2°. que cette derniere action diminuera, par rapport a la premiere , si les corps viennent h. s'a))procher ; S*^. enfiii (jue les emissions electriques devront avoir lieu aussitot que I'epaisseur de la substance non-conductrice qui determine I'ecartenient des corps a et ^ se trouvera diminuee d'une quantiLe suffisante. Si la substance non-conductrice interpiisee entre les corps a et b est vine couclie d'air , les emissions du fluide electrique pour- ront avoir lieu , en supjiosant meme a cette couclie une assez trande epaisseur. En general, suivant les dilFerentes densttes es couches d'air interposees, les distances explosives serontplus ou moins grandes , les plus petites distances repondronttoujours aux couches les j)lus denses , et les jilus grandes distances , aux couches qui seroiit les nuiiiis deiises. Les etincelles electriques qui traverseront les premieres couches, paroitront constamment plus vives etplus brillantes que celles qui traverseront les secondes couches ; les differences qu'on observera scront d'autant plus Tome V. PLUVIOSEa« 7. Y 170 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE gramles , que les milieux k traverser auront ties densites ])!us eloignces. Eiifin la matiere electrique prendra une couleur ptirpu- riiie , si la densite des couches d'air qu'elle devra travei'ser est infiniiueiit petite. L'expeiience I'ait voir que c'cst au simple ecartemeut des mo- lecules du lluide elcctrique , qu'on doit attribuer les differences ipii out lieu lorsqu'on excite des etiiicelles electriques au mi- lieu de couches d'air de deusites iiiegales ( 1 ) , eusorte (|ue , si , par un moyen quelconqi/e, on empeche I'ecarteinent des par- ties ^ISmentaires du Jluide dlectrique d'avoir lieu , les etin- celles qui traverserout des couches d'air d' une denshd iTiJiniment petite , pourront toujours paroitie aussi vives et aussi hril- lantes que celles qu'on cxcitera au inilicu de couches d'^ir d'une grande densite. Examinoiis maintenant ce qui arriveroit dans le cas ou le lluide electrique devroit se lepaudre dans des cspaces vides de toute nuitiere. Imaginous un corps a de la classe des corps couductcuvs , c'cst-a-dire , un cor])S qui st)it tel par sa nature , que le fluide elcctri(pie j)uisse s'y momoir librement. Cela pose, si nous char- geons le corps a d'electricite , il est aise de voir que le lluide electrique qui agit par rejiulsion dans toutes ses parties clemen - taires avec une force plus gramle que la raison inverse du cal)e des disl:ances , ne jjoiirra lester dans I'interieur du corps iz,et qu'il devra se jjorter a sa surface (2). (1) En t'fret , si on prcnt] un tube 'le verre d'un petit diametre , ct si , au Hioyeii de la machine pneumntiqiie , on rcdiiit a la plus petite densite possible lair ([u'il contient , les eiincelles iju'om excilcra dans i inlerieur tie ce tube pour- ronl paroitre aussi viveset aussi brillantes que celles i[ui traverseront des couches d'air iniiniment plus denses. Si, au lieu du tube dont nous venous de pailer, on cniploie toutes choses egalcs d'ailleurs , un vase d'inie i^rande ca|iacile , les molecules du iluide electriipie pouvaiit alors obeir a la force repulsive qui IfS anime , se trouveront, de celle maniire , sollicilees par piusieurs forces ; dans ce cas , elles prendront une couleur pnrpurine , et decriruiit une courbc quel- con()iie dans linterieurdu vase. (2) Coulomb a prouve , dans ses nicnioircs sur releciricite, que toutes les lois qu'uM fluide renferme dans un corps oil il peut se niouvoir librement , agit par repulsion dans toules ses parties elenientaires avec une force plus grande que la raison inverse du cube des distances (telle, par exeiuule , qu'elle a ete trouvee pour relectricite en raison inverse du carre des distances ) , Taction des masses de ce fluide , placees a une distance finie dun de ses elentcns, n'cst pas iniini- ment petite rplativement a Taction elemeniaire des'puints en contact ; d'oii il suit, cue lout le fluide doit se porter a la surface du corps dans Icquel il est rcnfenue. ETD'HISTOIRE NATURELLE. _ 171 Les clioses etant dans cet etat , si tons les points de la surface du corps a se trouveiit en contact avec une substance non-con- ductrlce de I'electricite , le flnide en exces dans le corps a s'arr^- tera necpssairemeut a la surface de ce corps, a cause de la resis- tance que I'enveloppe idio-e'ecfrique presentera au mouvement des parties eleuientaires du fluide electri(pie. Si les clioses etant dans le premier etat, le corps a , au lieu d'etre enveloppe d'une 'substance non - condiictrice , se trouve jilace au milieu d'un espace vide de toute mat'iere , Taction des elemens du fluide electrique devant avoir egalemcnt lieii dans cette derniere circonstance, le flnide en cxces dans Ic corps a ne s'arretera plus a la surface de ce corps , et se repandra dans I'espace vide. Pour que I'ef'fet contraire cut lieu , il f'audroit ne plus avoir egard h. la force repulsive des molecules electriques, et dire alors que le fluide electrique n'a pas la propriete de se repandre dans les corps , en vertu de Taction repulsive de ses elemens. Or, Coulomb a fait voir que « le fluide electrique ne " se repand dans aucun corps par une affinite cliimi(|ue, ou par » une attraction elective ; raais (lu'il se partage entre differens :>' corps mis en contact, uniquement par son action repidslve :>-.. Ainsi tout tend a prouver que , le Jluide Slectrique , par sa maru^re d'agir dans toutes ses parties Slementaires , pent se repandre dans des espaces supposes vides de toute niatiere. Nous aliens maintenant rapporter quelques experiences qui font voir que les emissions du fluide electrique ont lieu dans le vide de TorricelU. PREMIERE EXPERIENCE. y I O r R E C y PLANCHE 2. ■Nous avons pris un barometre ABC, parfaitement bien purge d'air , et, au moyen d'un excltateur, nous avons fait com- muniquer la tige metallique eg, fixee dans la cuvette c, avec un corps conducteur charge d'electricite : a Tinstant une partie du fluide du corps conducteur se repandit dans I'espace ahr , et toute la partie vide du barometre devint iimiineuse (i). (1) D'apres ce qui a ete dit y la tlieorie de cetle experience est facile a concevoir : dans cctte ciiconstance , la surface h r du mcrcure fjisant parlie de la surface totale du corps electrise , et les poinisde cette surface ne se tiotivant pas en contact avec une substance nan-condnctrice , une parlie du flnide du corps conducleur a pu se repandre dans la parlie vide A h r, et mcme le corps conducteur eut pu perdre tout son fluide en exces , si la partie ■vide A U rtaX, et^ iiilininient grande. y-j'i. JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE D R U X I E M E EXPERIENCE. Nons avons entonre la partle adf i\\\ baronielre, d'line petite lame d'etain, et attache a la tige JLa separation du zinc uni anx diverses suljstances metalliqiies , et principalenient lorsqu'il est uni au ciiivre, avec Icqiiel il a ime grande alfinite , interesse a-la-f'ois la chiniie et les aris. La dissolubilite dn zinc, dans presqiie tons les acides, safacilite a s'oxider et a se volatiliser en raenie terns a un certain degre de clialeur , presentent phisieurs diificultes lorsqn'on veut rompre son union d'avec un metal qui partage presque toutes ses alfi- nites. 1°. II est tres-dlfficile de sepai'er le zinc d'avec le cuivre par le moyen de la dissolution et la sinijjle cristallisalion : il arrive toujours , (pielijues precautions que Ton prenne , que les deux sels qui duivent resulter d'une dissolution de zinc allie avec le cuivre , quoiqne ces sels, dis-je , soient de forme et de couletirs differentes , recelent dans la contexture de leurs lames cristal- lines, une partie plus ou moins grande de la base de I'un de I'autre ou de leur ])riacipe salifiable : et la parlicipation mutuelle de ces deux sels s'accroit a. mesure (j^ue la dissolution saline approclie de son terine de crisiallisation. 2°. Dans le cas ou Ton voudroit separer le zinc d'avec un (i) La lecture de ce menioire a I'inslitut national est anu'ricure aiix obiervaiions fju'un membre de I'institut liit <|UiJ]ze jours a[ires , sur le nie;iic sujel, II fit connoitre aussi un luoyen de separer le zinc aliie an cuivre. St-ri procede aj'ant ete publie dans le Journal de Pharniacie du mois de therniidor, 2«. aiince , on peut ly consulter. Les arlisles qui auroient besoin d'analvser les differens laitons pour les con- noitre ou les imiler, seront a nienie de choisir celui des dtux niojens '|ui leur paroitra leur convcnir le plus. 174 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE metal k I'aide de la sublimation k une. forte chaleiir, ce moyen , qui est praiiqiie aiijourd'lmi , est plus propre a indif[ner la pre- sence du zinc seuleinent qui seroitalliea un metal, qu'un nioyeu certain d'en connoitre avec precision la quantile. Mac(pier et Bauine ont lait inentiou des proceJes que je viens de citer ; mais letxr pen d'exactitade dans cette analyse , les oloi^ne heaucoup de ceux aii moyen desquels on est parvenu a la precision qiie nous avons acquise. Enell'c'tjSi aprescesdeux chitnistes on expose dansun creuset, a. un feu assez fort , une quantite coiinue de cuivre contenant du zinc , alin de determiner les proportions dans lesquelks ce metal y entre , le zinc viendra se briiler a la surface de I'alliage ; sa combustion et son oxidation indiqueroient bien sa presence ; mais ses porportions ne pourroient tout au plus s'apprecier que par la soustraction du j^oiJs que cet alliage auroit perdu. La difficnlte ne se borneroit pas la ; car ensuite il s'agit de con- roitre le point ou le caractere certain qui annonce f|ue le zinc contenu dans tel alliage a entierement Ijrule , et que le degre de chaleur employe aura ete assez foi t pour forcer les dernieres iiorlions de zinc a rorajire I'attraction qui les unit au metal avec leeniel elles sont alliees ; comment encore apprecier le poids des autres substances metalli(jues (pii s'y trouveroient et qui auroient ete oxidces ou volatilisees avec le zinc ? D'aillours le cuivre s'oxide plus ou moins pendant la combus- tion et I'oxldation de ce demi-meta) , et il acquiert ainsi un poids ])lus fort; ce qui produit necessairement une erreur danslecalcul, lorsqu'il est question de determiner le poids du metal volatilise ou brrde par le poids de cclui (|ui est reste fixe. Je me suis assure de rimperfcction des moyens dont je viens de parler , par divers essais ; et malgre tons mes efforts a les rendre piopres a etre employes , je n'ai pu jiarvenir qu'a eviter I'oxidation du metal restant apres que le zinc qu'il con- tenoit a ete brule , qn'en ecliauff\\nt I'alliage entoure et pressed dans de la poudrc de charljon. Mais, malgre cette precaution , j'al toujours eu des variations sensibles de poids avec differentes parties du meme alliage de zinc et de cuivre exposees au meme Iburneau, et chauifees pen- dant le meme espace de temps. Ainsi , apres m'etre convaincu que le feu otoit un reactif trop inconstant pour obtenir des produtts egaux et par lesquels on put obtenir des resultats ipvariables , j'ai soumis differentes es])eces de laiton a I'analyse par la voie humidc ; cette voie m'a presente des moyens plus constans et plus exacts. ET D'HISTO I RE.NATU R E LLE. 1/5 PREMIERE EXPERIENCE. Je pris cent parlies do laitoii tlu commerce j on les fit dissoudre dans line suffisante quantite d'ac ide nitriqiie pur. lorsqiie le cuivre qui a servi ^ preparer le laiton contient de I'etain , on que ce metal y a ete ajoute pourdurcir le laiton, I'etain so precipite peuilant la^dissolntion en oxide, et ((uelquel'ois il se trouvc mele de quel(pie portion d'oxide roufj,e defer; en pareil cas on decante la dissolution de nitrate de laiton , pour en separer Ics oxides d'etaiu ou de fer. D E U X I E M E EXPERIENCE. Les divers acides meles a la dissolution dn nitrate de laiton n'enlevent pas le cuivre ni le zinc a I'acide nitriqiie. TROISIEME EXPERIENCE. On fit dissoudre cent parties de laiton ordinaire dans de I'acide nitriour charbouner seuleiiient la petite portion de tannin et de gal- ate de i'er qui auroitefe dissoutej apres cette opeiation je fis di- gerer la nuitiere cliarbonnee dans I'eau distiilee f roide , et je la lavai snr nn liltre jiisqu'a ce qn'elle nie pari'it cpuisee de tout lo snlla'ce de zinc qu'efle conteiioit La liqiienr etoit claire et limpide , le prussiate de chaux n'y deceloit pas le f'er; mais la dissolution de carbonate de soude pure preciplta en bleu le zinc qu'elle contenoit : je m'assurai que ce precipite n'etoit que du cubonate de zinc en le revivi- fiant mele avec la poudre de chai bon dans une corrnie de gves dont le bee plongeait dans I'eau. ^ Je ne presente pas le procede que je viens de decrire comine le nioyen le plus prompt et le plus aise pour separer^ par la voie huinide , le zinc qui pourroit se irouver allie air cuivre ; la lenteur avec laqucileK? galLite de fer se precipite, et la quantite de lluide qn'on est olilige d'evaporer pour determiner le poiUs d'line tres-petite quantite de zinc rendent I'operation longue , et ne presentent pas celte lacilite d'execution qui ])ent garantir la reussite dans des mains pen exercees dans ce genre d'analyso. J'ai cru cependant devoir rapporter cette experience pour f'aire connoitre les dilficultes qu'on est oblige de vaincre ou d'ecarter, lort,qu'il s'agit de rompre I'union de deux suijstauces obcissant aux memes lois d'attraction. QUATRIEME EXPERIENCE. Parmi les sidjstances qui ont la yiropriete d'enlever le cuivre a. I'aclde nitriquc , le plomb me jiarut prellsrable, 1". parce qu'il forme, avec cetacide .unnilraie de jiloinb trcs-soluble , 2". ]iarce que le plomb pent etre ensuile s- pare de cet acide par I'acide sult'urique qui le precipite en sulfate de plomb qui est pres- qu'insoluble ; 3°. parce ([ue le zinc a une ])lus grande affiuite avec I'acide nitrique que le ploinl). En conse<:[uence , je fis dissoudre cent jiai ties de laiton dans I'acide nltriipie tres-pur ; la dissolution ayant ete melee a six fois son egal volume d'eau distillee, j'y ])longeai une lame de plomb pur et bien decapee : le nitrate de cuivre fut aussilcit decom- pose par le plomb , et le cuivre se jirecipita en etat metallique , tandis que le plomi) s'unit a I'acirle nitrique. A mesure f|ue le cuivre se separc de son dissolvant par le plomb, la liqueur perd sa coulenr Ijlcue ; et lorsque le cuivre est totalement ])recipite , elle acquiert un ton de couleur legerement citrine. On ue doit cependant pas conclure d'apr^s un indicesi peu certain. ET D'HISTOIRE NAfURELLE. 'I77 certain , que la liqueur ne contient plus de cuivre. Le meilleur moyen qui puisse , en pareil cas , servir de preuve exacte , c'est lorsque la lame de ploinh, bien decapee de nouveau ,. conserve son etat metallique , apres avoir sejonrne quelques lieures dans la dissolution echaufl'ee jusqu'i ehuUlLion. II arrive trcs-souvent que snr la fin de la precipitation dii cuivre par le ploml), la surikce de la lame de plomb s'oxide au ])remiordeored'oxidationen se couvrant d'unoxttle gris-fonce de l)loinl} , et se mele avec le cuivre qui a etd precipite en etat me- tallique ; pour separer entieremeut In cuivre metallique d'avec cet oxide de plomb qui s'y est mele pendant I'operatio!! , il est necessaire de redissoudre , dans de nouvel acide nitrique, touts la substance metallique precipitee , et en precipiter le plomb avec de I'acide sulFiiriquc ; ensuito on decompose le nitrale de cuivre , par le carljonate de sonde pure , et on en apprecie le polds , soit en revivlfiant le carl)onate de cuivre, soit en defal- quaiit I'acide carbonique dont il s'est cli.u'ge. Ainsl , lorsque je fiis hien convaincu , par le moven que je viens d'indiquer , ([ue tout le cuivre etoit separe, je procedai i la decomposition du niirate de plomb par I'acide suifurique qui enleva le plomb a I'aciue nitricpie , et le preciplta en sulf.ite de plomb. Je separai cc sel iasolulile par la filtration , et apres I'avoir bien lave avec de I'eau pure , j'evaporai a siccite , toute la liqueur dans un vase de verre. Le residu obtenvi apres cette eva- poration , f'ut dissoiis dans I'eau fioide juire ; ensuite on filtra cette dissolution pour en separer la petite portion de sulfate de plomb qui auroit pu s'y trouver. Au moyeu de quoile zinc qui etoit eatre dans la composition de cent parties de laiton,resta seul dissous dans I'acide nitritiue dont ensuite je le precipitai eu carbonate de zinc avec le carljo- nate de sonde pure. Le carbonate de zinc que j'avois obtenu de cent parties de laitou , apres avoir ete bien lave et seche, pesoit viu 100 parties. Representant zinc nietalliqiie i3 parties^ Je dois faire remarf|TTor (|ne les diii'erens laitons ordinaircsqiie j'ai soiiniis a la menie analyse, ont presqne tons varic dans les proportions dii cnivre et du zinc qni lescomposentj et (pie I'etain s'y ti'ouve sonvent mele dans les j^roportions d'lin on dcnx ceu- ticnies. Ces variations nedoivent pas etonner, lorsipi'on sait que Ja phipart des ciiivrefe jannes iiovis sont \endiis par I'etranger , et que lenrs qiialites'et les proportions dn "zinc qui s'y trouvent alliees , doivent difi'erer relativement aux nioyens qu'enq^loyent les diverses Faliriques fpii les prejiarent. L'horloa;erie f'aitnsaCTo d'un cuivre jauncfpii est prepare expres a Geneve pour la fabrication des roues d'echapptment , pieces si essenticlles a la justesse du raouvement des montres. Ce cuivie reunit h la beaute de la coulenr janne , une grande ductilite ; il est si recherche par les artistes liorlogers, (|ue lorsqu'ils peuvent trouver des lingots de ce ciiivre d'une parfaite ductilite , ils y mettent un haut prix. J'ai I'ait I'analyse de ce cnivre jaime qneBreguet, artiste celelire ■dans rjiorlofrerio , m'avoit donne , et dont il uie certiiia 1 excel- J^'Ule qualite. Voicilcs proportions de cet alliage. Cnivre janne piepare a. Geneve pour la fabrication des rones £l'echaj)pemeni: 100 parties. Ont donne cnivre rosette. 76 parties ) r,- . ,,■ zr t- h 100 parties. Zinc metallique 2,6 parties ) ^ T(_ls S'->.nt les difl'erens resnltats cjuej'ai obtenus dans I'examen' tie plnsienrs cuivres jannes, en. les soumettant an mode d'analyse dont j'ai donne le detail , et au nioyen duqnel il.estaise d'appre- Gier les jiroportlons de zinc qui se trouveront alliees aux diverses qualites do laiton que le commerce nous fournit. L'alliage dont il est c[uestion est cl'nn grand usage cliez nous pour la taljrication de la giosse bijouterie et de I'horlogerie , et soils ce seul rapport , la varicte que j'ai trouvee dans la propor- tion de sa composition ue poiuroit iuiluer que sur sa qualite et sa beaute. Ce m^nie alliage , considere sous le rapport de son empL.u dans la fabrication des vases de cuisine et des ustensiles destines. ET D'HISTOIRE NATURELLE. I79 a. contenir ou preparer les boissons etles clivers aliinens quiatta- fjuent le cuivre , nierite I'alteiition du gouvernement. II seroit 3. souhaiter , pour la siirete piiblicjvie et aliii d'eviter des accidens funestes et trop frecpieiis dans les families , par la secui-ite perfide qii'on a dans les vases de laitoii dont on ignore inSines les proportions d'alliage ; qne la dose du zin<; allie an ciiivre destine a la fabricaiion de ces vases, fut determipee i>ar line loi. Les proportions de zinc qui entreroient dans cet aliiagc, devroient etre telles que les molecules de ce demi-nietal ,piissent isoler et couvrir les molecules du cuivre , de maniere a ne pas alterer leur malleabilite , et a les defendre centre Taction des fluides acides ou des corps gras ; ces proportions d'alliage qui lie seroiciit pas dilficiles k ^tre determinees , pourroient aussl etre garanties, en soumettant ;\ I'analyse , par la voye humide (|ue je pidJie , tous les cuivres jaunes qui seroient destines a la fabrication des vases , iaits pour preparer ou recevoir les alimens. L'alliage du cuivre avec le zinc remonte a la plus baute anti- quite. Les anciens peuples le preparOient et I'ont employe atix ou^'rages de luxe et a la confection des ustensiles destines a la jrejiaration des alimens. En rellechissant sur le grand usage qvic es anciens out fait de ce metal mixte , aiissi iieaii <|ue ductile, de meme (jue snr son usage jounialier dans nos cuisines , ou est etonne ([u'on n'ait pas encore determine, d'une maniere pre- cise , les proportions de zinc qu'il conviendroit d'employer pour detruire ou aflbiblir j le ])lus cju'il seroit jiossilile , la qualite dele- tere du cuivi-e rouge qui fait la base de cet alliage. La variete des ])roporiions do zinc que j'ai trouvee dans les dilfercns ciiivres jaunes (|ue j'ai sourais a I'analyse par la voie humide , les accidens fachoux arrives et qui se repetent cbaque io\ir par la confiance que I'on pent avoir dans le cuivre ]5arce qu'il est jaune , m'ont profondenient penetre de I'interet urgent que le gouvernement doit se hater de filre porter dans la re- cherche des doses de zinc qji'il seroit le jilus convenable d'allitr dans la iabrication d'un cuivre jaune, pour etre mnins maltaisant dans nos usages domestiques , et dont la fidelite seroit unitonne, constante etgarantie par une marque. Quoinue I'hisloire nous aitlaisse ignorerque le zinc fut connu, nieme de nom , cliez les (jrccs , les Arabes et les Roraaiiis ; la couleur jaune des ];ieccs ouinstrumens de cuivre que ces peuj>les Tiows out laisses , a dii natnrellement falre presumer que cette substance metalliqueexistoitdcleur temps. Plinedit,au 34'-. cliap., liv. 2''., (pie rairain £c faisoit avcc une pieire cuivrenso , qu'ou Z 2 I i"o jcrny.M, Di: ptiysiqi.te, de C7n:\tTE v.ciumoh cai/mh'. D'!i])ics Ic jr,p] i rjn:iil5 v:\i'ijLe uc ciilvi'o , e'c (j'lM.; f^iiijleiii: ■d.inu dlvr.-;-.^ lis prejiarcient eg, dement im alUagc partlculicr d'airaiii (jii bronze pour les staliics et Ics tables; ces aUiaj^os etoicnt com- poses d'un tiers d'airain ramasse des usages domestiques etqn'ou- achetoit , comma on achete aujoiird'hui le vieux cuivre ; on y ajontolt douze livres et demi de ploml) blanc on etain sur cent livres. On I'aisolt anssi nn autre alliago pour les v.Tses e;: mnniiiles , oJIar'ui temperatura , avec uu dlxieaie de ploinb et un vingdeaiv.' d'etain.. En general, on volt que Pline avoit pris des renseignemens sin tons les difFerens alliages de ciiivre et de zinc coiiniis de srja temps ; mais il en a parie avec ce vagne et ce pen dc methodf,' qu'evitent rarement les auteurs qui decrivenC ce qii'ils n'ont p. is yu.. En comparant done les divers rn]iports de ce celebre nahuT. - liste , on est" pone a croire que les dili'erens cnivres jaunes, dont il parle, etoient jirepares avec des mines de cuivre, contenant certaines proportions de mines de zinc; en second lieu , que les troissortes de calamine, ditcs des fourneauT, et qui se deposoient h. dedilierentes hauteurs des lourneaux dans Icsquels on ceaien- toit et i'ondoit les nunes de cuivre, contenant du zinc, nesont c[ue les tutliies et les cadmies denosusines,dans lesrpielles aujourd'hui on exploite les mines de zinc, et qui ne sont visUj lenient que des oxides de zinc \. dlflerens degres d'oxldation; j'njouterai en- core qu'il est tres-pro liable que les anciens f'aisoient usngo de la calamine, puiscju'ds possedoient le laiton or^fcjialciwi , qu'on no fait ([u'avec la mine de zinc. Le pen de clarte que Pline a portee dars la description de la fabiication des dilFereus cuivres jaunes, ainsi (pie sur la nature des miiies avec lesquelles on les prep.iroit , nous a laisses dans luie grande incertitude stir I'existence du zinc dans ces sortes de mines; j'ai cru qu'il scroit interessant d'ecarter toiito espece de doiite a ce sujct, en demontrant, par le rosultat cli'niuine , la prc^sence du zijic dans les inoniioies de ces tenips, f.dniqiiees avec du cuivre jaune ou avec du laiton dont Pline a I'ait nit iition.. Avant d'entrer dans ces derails , je dois rappeller qu'en 1789 je publtai une analvse des monnoies du haut et bas Empire, aiusi que celle d'un fragment d'un poignaril ant!ien etoit cliunerique la connoissanee de la pre- ten due treinpe du cuivre , attrihuee aux ancieiis peuplps , par GeoffVau. Je lis voir quv leur cuivre ne devoit sa durete qu'aiix pr()])ortions d'etain qu'ili lui ailioient, et dont la'quantite etoit relative a I'usage auquel ces peuples destinoieiit ces dili'erens alliages (i). Le tableau, ci-apres pre<;ente les quantites d'etain, de zinc et de cuivre metallnpie , retirees des cinq especes de monnoies grecques et roniaings que j'ai analysces par la voye humide. A N A L T s E des cinq especes differentes de monnoies grecques et ro:iuiines. mun^m-^J. E;ni;i nv.'tal. , t atbo- 7inctlljt.il Cirv.e To.al ..3 r. Quaiuiiti p:\r I'.icidu rcprcscntd natc icprcstntc' Mr roiirc du Obsciv.a- inctalli- Ic carbonAtc maall. pouts. ^ Hor.s. ques. il'draiii. 7inc. ric -iinc. Momioic Algrc de I'artics. .;. Grccque. cotilciir 100. 8. 2,78. 9 J, 23. 100. 0. blaiicliS- 11 c. de Sicile. IXiin cvii Vlf 11 ^s 100. II. 6,3. 10, 11 5,3. 8q. 100. 0. pAle. Aierc , dc Sicile. ay-int iMic Vassmc bUncli.u. Cuivre ai- lOO. 5. 2,5. o. 0. 5-7,5. 100. 0. Romainc. piu.lil.iiic. coiniiK- Ic ii;e[al dfs TOO. I. 0,J. 6. 5,0. 96,17- too. 0. cloclici. RoM.Mnc. Cuivre i.iiiiic. lOO. o,5. 0,23. rj. 5. mam 91.75. 100. BcaeBH 0. ^KSKSBBk D'apres tous les resukats presentes dans ce Memoire , je crois ( i] Je suis force de reclanicr la priorlte dc cctle an.iljse siir celle ( publiee dans Ifrs Aiinales de Chiniie , n''. 68 , pa^e i5o , de I'an V , sou i'/-\! .___^T?__^i-: 1. -.. '!_ 1 -..:..- (|ui a e)e 3 le litre »^.,y™. ,w-.-w „w-.-, _iai»*^il^ lia^UllCClllUJJllCUlJ,!! YCllLUlljUCmni. qu'une conliriuaiion bien poslericure ;i celle que j'ai publiee en 1789, je crois qu^il ni'csi pciiuis dc consigner ici ma juste leclamalion a ce sujet , tn faveur de l,a prioi-ite qui m'esl due. ET n'HISTOIRE NATDRELLE. iC3 avoir proii\e , i°. que le zinc allie an cuivre et a I'etain , pinit etre e:Uiereiiient separe -par la voie hcimide , et que ce iiioycn est tres-propre a cleteniiiiicr les jirnportior.s de zinc contennos dans les dillerens cuivres jannes ordinaires, ainsi que dans cenx qu'on destineroit a I'usage de la preparation de divers aliniens , ct dont il conviendroit de fixer les doses, afin d'afl'oiblir d'une inaniere sure , coiistanle et unif'oraie, la qualite venenerisc dn cuivre roiif^e; -j.". qu'on ne pent plus dotiter que la cadniie , on mine de cuivre dont Plinc a ])arle , et dont les anciens peuplos iaisoieut usage dans la labrication de leur cuivre jaune, ne iiit uneniine de cuivre contfnnnt du zinc ; I'on pent aussi conclnio que les trois sortes de. eadmie, dites des f'ourneaux , avec les- quelles ils preparoient leurs luitons , n'etoient qu'nn oxide d<; zmc volatilise jiar la violence du feu cles fburneaux dans lesfpiels iis ceinentoient onf'ondoient Icur mine de calamine , et ne difie- roieiit pas de nos cadinies ni de iios tutliies que nous retiroi's dans les dltlerenies hautturs des t'ourneaux dans lesqnels on ce- mentc le cuivre avec les mines de zinc , pour en faire le laiton-, le cuivre jauue ou le siniilor. TREMBLEMENT DE TERRE DANS LES PAR.TIES OCCIDENTALES DE LA FRANCE. J_i E six pluviose , an 7 , environ 3 lieures 54 minutes du matin , on a rcssenti un tremljleiuent de terre dans une partie des pro- vinces occidentales de France , depiiis Rouen jus(|ii'a Bordeaux. Les lietix ou les mouvemcnsont ete les plus violens paroissejit avoir ete aupres de Macliecoul , dans la Vendee. A Bouin , (jui toiiche Machecouljil y a cu i4niaisons renversees. A Machecoul plnsieurs niuraillcs ont ete culbutoes. A la Rochelle, qui ii'est pas tres-eloigne de Macliecoul, des personnes qui ont nabite St-Doniingue et la Martinique , accou- tnniees aux tremblemens de teiTe , unt distingue , dans celui-ci, (juatre secousses ; les deux premieres j par Irepidation , out ele assez^ foibles : les deux secondes , qui ont suivi de pr^s les deux premieres , ont ete par ondulation. Elles ont renvtrse quelques vieilles murailles. Le ciel , k cet instant, etoit sans nuages, la lune Ijrilloit de tout son eclat. 'L'atmosphere a paru d'un rouge 184 JOURNAL DL PHYSIQUE, DE CHIMIE cle feu : ce fjiii, sans doute , eloit iinc aurorc horcale. Le temps etolt caliiie; iiiiiis pen tie temps apres on a eprouve un vent tres- violeiit rpii fi dure deux jours. Los ^ardicns des vaisseaux out tous cgak'iiient resseuti cette seconsse , semlilable a celle qu'c- prouve un nayire quand il toitclie siir im I'ond solide. Ces secousses ont eu lieu , dans le nieme instant , a Rocliefort, a Bordeaux Answers a egalement ressenti la sccousse ; il y avolt aurore boreale. Nantes , Rcnnes. . . ont egalement ete agites. On a ol)serve a. Reniies que les maisons cpronvoient nn balancement, ainsi que les arl)res. On a eiitendti un bruit sourd qui venoit du sud ct courolt au nord. A Rouen les mouveniens ont ete moins violens 11 resteroit a recherclier le lieu oil jionvoit etre le foyer deces conunotions. On ne connoit dans c:es regions aucun indice de feu souterruin. On a seulcraent trouve, aupres de Treguier , des ^■cs!iges de volcans eteints . .,. Ces memes regions lurent cbraidees lors du fanieux trendjle- ment de Verre qui reiiversa Llsboniie eu i'/55. II liiut altendre pour savoir s'd y a eu , a la nieme epoque , des secousses dans quel([u'autres ])artics de Tiiurope. am 11 1 M l II n il' w iiw I I ■ — II III I MiW ii in II ir w • jn NOTE SUR LA SMARAGDITE, L\ LEPIDOLITE ET I. E FELD-SPATH VERT. J^Ei.]i-VBE , en exaniinant la smaragJite^ en a distingue de deux esjiects , la verte et la grise. Vauquelin a analyse la smnragdite verte et blanclie dc Corse, et il c il a retire, sillce 5o, aiumine ii , magnesie 6, cliaux i3 , oxide de fer 5.5 , oxide de cui-vre i.i, oxide de chrome 7.5. La smar.'gdue verte lui a donne , silice 5i , aiumine i3.5 , ir.agnesie 5 , chaux i4-5 , oxide de fer B , oxide de cuivre o.5 , oxide (le chrome 4- La smar.'.gdite grlse lui a donnc , silice 5o , alnmine 7 , uiagnes'e 8, chaux 17, oxide de Icr i.^.o. Lelicvre a In un Menioire sur la lejjidollte, lequel nous i'erons -coiuioitre par la suite. VauqutUn a retire de la Icnidplitc en masse , silice 54 » '•'"' muie ET D'HISTOikE NATURELLE, i 8 S nniio?.o,fluate de chaux4, oxide de manganese 3, oxide do I'ci- i, potasse 18. Le feld-spatli vert de Silieiie a aiissi ete examine par Lelievre , dont nons lei^ns connoitre le travail. Vaiiquelin en a retird , silice 62.83, alumine 17.002 , cliaiix 3 , oxide de fer 1 , pertc i6.oi5; mais ayant ensuite examine les residus , il en ♦! retire , potasse ]3. \oila.donc la potasse retiree de deux snlxstances qui ne se tronvent que dans les terrains primitil's , la lepidolite et le f'eld- fpalh vert. ■g - t^jj^c^ gg^ ^ NOUVELLES LITTERAIRES. 3Icmoi/'c SUV lesfossilles dcs environs de Dax , par Jacques- Franijois Borda. Cet ouvrage , qu'on propose par souscription , formera trois volumes grand in-4°-, aecompagnes de 6^ planches. II paroitra en 6 livraisons , de quatie nniis en quatre mois. Le jirix, pa]ner grand raisiji fin , est de 1 8 francs , et 3o fr. en jmpier yelin. On souscrit a. Bordeaux , cliez Plnard , pere et lils. Et a Paris cliez Agasse , Villiers, Grabit , Trcuitel et Vurtz. Tra'ite des maladies des fenunes enceintes , des ft/mmes en couche et des en fans noiiveau -ites , precede du mecanisme des accouchemens ; rSdigd sur les lerons d' Antoine Petit , medecin de Paris, demonstrateur et professem an Janiin des Planteset membre de phisienrs Academies , etc. etpiiblid par Baigni^res, ancien medecin de Paris et de MontpelLier, etc., et Perral, ancien chirurgien-major des aririees et de V arsenal de Paris. Inclocti discant , ct nincnt mcminisse periti. A Paris , cliez Baudoin , iznprimeur du Corps Legislatif" et de I'Institut national , place du Carrousel , n". 662. Cette partie difficile de I'art de guerir avoit ete traitee avec soin par le savant Petit, mais il n'avoit pas fait imprimer son travail. C'est done nn vral service que rendent a la science et a. I'lmraanite les ^diteurs, en le publiant aujourd'liui. ro/«6? r. PI.UVIOSE a« 7, A a OBSEllVATIONS METEOROLOGIQUES, FAITH TAR bouvaud, aslronomri ^-i-J.^-- ^ -■jA»jja-"fc-f*^jtaitB^i^i* ^Miji.ie.wl't*ti'w*»itai>tt-'jgttia5Wfciau<^«.«:.j>i.3iiM^jjjjw.u^j33 T H E R M O M E T R E. M A X I M V M. M I N I M U M. 3 4 y 6 7 8 9 lo 1 1 II il'j 16 I7 18 '9 11 14 '7 18 19 miJi.. — l^is.. — miJi.'. -)- niiJi. . — midi.. — ir.idi.. — midi. . — midi.. — midi... — 4''.s.. _ l^ ?.. — midi. . — midi... — jh.s.. — midi .. — mil!.. — 9\is. - i''. s.. + midi. . 10''. s. midi ,. midi. . midi, . midi.. midi.. m;di.. midi.. ii'.i s. ih.S.. + 1,0 ' a 8,0 10,-3 4,y J. 3 7.9 3,1 i,« 1,9 1,1 J,o 3,4 I a 3.4U 1^4 a 0,9 la 1.0 |a 0,1 1 a 1.1 a o.f a 1 , 9 ! a ',3 "■A 3,8 5.9 4,4 4.7 S'l. m. — 7" ira.,-- 9''. s..— jhi s.. 7^im. 7''.im.. 9hfs.. 7''-|m.- Sh.m.. Si\m.. Ic!i. S.- 81'. m. yh.im.- yl'.jm.- 7''.>.- 6h. s. .- ?'';>.— Sl-.J-s..— 7''.3m. — 7''-Tm. — lo'^s.— 7^im. - 7".im. 3,i - 6,6 -1,1 - 7,5 -15,0 -15, « - 8,3 - 8,3 -11,5 -11,0 - 4,1 - 3,4 - ;,« A Midi. ". m.- 7". I m.- T'^.im.- - 7,7 - 7,4 - S,J - 0,8 -Io,9 -10,1 B .\ R M E T R E. M A X I M II M - 7,^ - 8,5 -lo,o - 0,4 + - 4,1 - 3,5 S3 4,3] + 1.1 4- 1.0 3 i,o|a 1.1 J. 1 3 8jC a 1^,3 4,? J, 3 7,9 7,1 3,4 1,9 S' 5,5 5,4!a 4,5ga ^,4*3 ',7[ 0,9 midi.. . 7'>- ^^ s... mi ii . . a a ^ i.ola 0^1 J ^i o,f 1,9 1,3 1,4 3,8 5,9 m. 8Ki Sh.'m Sh. m midi.. . midi.. . 9h, m. . 7''i^.. 8I1. m. . 9''. m.. 9^-i s.-. 7h -J m. 8'\ m.. 7h.r 111 . . ■' I jh. S.., ll' S . . 9'' m.. . 9''. m. . 3''.| s . mi li.... loi'. m. jh.i m. Sh.4 m 4,«! 9I1. s. . 9h. m. 18. iS. 18. IS. 18. 17- 17. 17. 18. l8. 18. iS. iS. iS. 18. iS. iS. 18. 18. 18. 18. 28, 18. 18. IS. iS. 18. 18, 18. 18. 4,f 5,« 3,8 °,7 '1,7 8,7 10,6 ^/> 4,9 1.5 3.9 3,9 1,9 1,9 1,8 1,'^ I.S 1,8 1,9 1.7 1,7 1,8 3,5 ^,J i,<^ 1,1 I ,0 1,1 Minimum. a 8 a 9''.f s. . a 9h.|s.. , a Sh.i s. . , a 4I1 1 s. . a 8'' 1 m. a jh I5 . a ^l'. s.. . a Sh. s.. . a 8''. m. . a If h. s.. a ;h. s. . , a muii. . . , a 9I' i s. . a 9hT5.. ■ a loh. s. a 8h. m. .. a 7^.^ m. a 9''. s. . . . a 7''|m.. a 7h.i m. . a 7''| m.. a 3^1 s. .. a 8h. s... 5''-j5, . niidi. . . io'>.is. 18. i8. 18. iS. 17- 17- 17- 17- iS. IS. 18. IS. IS. 18. iS. 4,''' 1,4 I,T 3,3 l'.5 10,5 «,c 4,8 1.3 4,4 1,9 3.4 1.8 1,0 1,7 I, J iS. 0,3 17.11,9 18. i,f iS. i,J 18. 1,4 1,3 1,6 3.4 1.5 i,( 0,7 <^,t I .0 18 18. iS. iS iS, iS. iS. A Midi, 4,s 3,0 18. 18. 18. i,r 18. 3.?. 17-11, 17. II, 17- 7,9' 17. 10,6 18. 1,6 18. 4,9 iS. 1,1 3,1 3,7 1,1 1,0 1,9 1,7 I,i 0,0 1,7 1,5 1,4 i,« 1,8 3,51 3,01 1,^1 0,9:1 0,41 1 . 1 1 18. 18. 18. 18. 18. 18. 1?. iS. 18. 18. iS. iS. 18. 18. 18. i8. 18. 18. RECAPITULATION. Plus grande ^l^vation du merciire 18. 4,91 Ic lo Moiudre ei^vation'dii mercure 17. 4,43 Ic 8 Elevation mbyenne; , i7.io,C7 PluE grand degr^ de chaleur. + i,4 '« 18 Moiiidic dcgr^ de clialeur — 15.'' Ic "^ C.lialeur moyennif — 5,*, Nombie dc jours beaux .'.'... i J , de couvcrcs. 7 de pluic o L'OBSERVATOIRE NATIONAL DE PARIS, \iv6sc en I'll. KVG. ^4,0 6\ ,0 cette augmentation etoit encore plus nijrquee; I'eudiometre monta -^ 0,284, rnais bientot, dans les liautes regions , des nuages commencerent a se former, le bleu disparut, 11 y ent une perdition d'oxigene de o,o52. Ce cliangement annon^a I'approcbe de la pluie ; elle tomba k verse ;\ tlix heures du soir. Je courus .a I'appareil pncumatifp,»e , et je trovivai encore o,oo5 de moins , fair etoit a 0,2,67. J3ans la nuit du 4 au 5 , les vapeurs fnrent r^soutcs dans fair ; a 8 lieureg du matin le bleu parut a travers les nuages, aussi fair avoit - il augmente de o,oi5 d'oxigene. Le vent parut amener d'autres couches d'air encore plus pur, li neige iijudant sur les hiutes Alpes. Le soir, le vent ne soulHant plus, des nuages se forme- rent , il n'y eut , au lieu de o,2()2 , que 0,273 d'oxigene dans I'at- mosphere. l.e 6,plnie en abondance et 0,264 d'oxigene; I'eudio- metre tomba jusqii'au i3 a. o,25(; ; mais ,. pendant la nnit, tons les nuages disparurcnt , et en 16 heures fair gigna 0,01 3 d'oxi- gene , ii etoit i 0,272. Le 14 au mating nuages qui indiquent ET D'HISTOIRE NATURELLE. 191 I'approche de la nei^e , eudiometre 0,262 ; bleu du ciel jusqu'au 17 , eudiometre 0,284 > done une augmentation de 0,022. Le 18 , brouillard epais et 0,290 d'oxigeae Le 19, neige en ahondance, aussi I'eudiometre toml)a-t-il jusqu'ii 0,272. Le 20, la formation de la neige occasionna une absorption d'oxigene encore plus forte, I'air n'etoit plus qv'k 0,265. Le 2.5 , bleu du ciel , eudio- metre 0,274. Le22meme a 0,278. Pour prouver comblen ces lois sont constantes, je n'indique que Ics jours, dans chaque mois, qui prouvent rinllnence de la formation desnuages dans la com- position cbiiiiique de I'atmosphere. Novembre. 18. 19. 22. 20. aS. Decerabre. 2.6.7.8.12.18 21. 22; 24 — 26. 29.30. 3l. Janvier. 5 — 3.5 — 8.12.17 — 20.22 — 3i. Fevrier. 5 — 17. 18 — 23. 26 — 28. •Mars. .1 — 6. 7. 8. 10 — 12. 14 — 17. 20. 21. 28 — 3o. Avril. 2 — 5. 10. 14 16. 17. Dans les 589 fois que j'ai analyse I'alr , je n'ai trouTe que six a. sept jours (If 20 noveinl)re, 4- 10 Janvier, 24 fevrier et 19 mars) qui semblent faire une exception k la loi generale ; mais aussi il ne faut pas s'etonner quen'ayant trouve qu'une seule cause de I'aug- inentation de I'oxigeneilaiis ratniosphere,les grands plienomenes meteorologiques ne se laissent pas tous reduire a celle-ci. Les experiences de Read , annoncent une comlrinaison entre I'oxigene et I'electricite. Nousiguorons encore si la cliarge elec- trique de I'atmosphere inline stir sa purete. Je rae doute tres I'ort aue chaque fois que I'eudiometre toml^e , pendant la formation es nuages , I'eau se compose de deux substances aerifbrmes : les eaux de neige et de pluie etant tres-chargees d'oxigene, il se pent tres-bien que les vapeurs, pendant qu'elles se precipitent de I'air qui les tenoit en dissolution et (pi'elles deviennent concretes (agissant surl'liygrometre) s'eniparent de la quantite d'oxigene (pie nous trouvons de moins dans Tatmosphere ; il se pourroit meme que les vesicules d'cau, qui formeutles nuages, aient des atmos- pheres d'un air plus oxigene. La fonte de la iieige peutsouvent induire en erreur dans I'ana- lyse de I'air des hautes montagnes. Get air, generalement plus impur que celui de la ]ilaine, est plus riche en oxigene lors(]ue la neige fond dans les Hautes-Alpes , et qu'au contraire les con- trees plus basses en sont depourvues. Each recueillit de I'air du Geisberg, a 0890 pieds d'elevation ; je trouvai cet air, comme je jn'y attendois , de 0,026 d'oxigene plus itnpur que celui de la plaine. Auprintems, cette difference diminua jusqu'a 0,007, lors- .que la neige fondit sur la ciuie de la inoixtagne. Le 11 mars , 392 JOURNAL PE PHYSIQUE, DE QHIMIR C( tte meme raisoji rendit cette dilference tont-a-f ait insensible , I'air de la pluine etant a 0,264 d'oxigeiie. II y a deux raisons qui rendent insensilile , tres-souvent , I'auf^- mentation de roxigene , causes par la fonte de la neige : I'une est -la I'orniation d'es nuages qui accompagne un degel total ; I'autre est ractlou de la terre ou de i'liuums sur fair. Aussitot que la neige disi)aroit, la surface de la terre, fortement hu- mcctee J cou^uience a s'oxider ; cette Ibntiation d'azote est prouvee par les experiences contenups dans inou Menioire sur les terres simples. , ' Ainsi que les ]>hysicieiis indiquent Ic maximum, et Ic minimum. de I'elasticite dc I'air pbservee sous uiie latitude donn^e ,; je pense de meiue (ju'il est uece^saire de deteriyiner les extremes, entre les- quels balance la purttii de Tatmosphere. Dojmis uovemljrejusqu'eu . avril, i797,.j'ai vu uionter reudiometre jus- rbvs. dc Dtftic. 41,7- 59. •14,5. 41.8. 4V 6 49- 43,1 69,7 59. 84.5 80. 8o. 6i. 39- 36- 41,8. 9$- 9$- 95- 71,5- Hum id it L= iccllcd'a- prtii I'hv- 51 om. Az Electro- metre, ETAT DU CIEL. pai U rcmpciar. 75- .^ssct clair. 11 Des miams se formenr , pluic, acidccarboniqiic r.cii}. 65. + 1,5- Azur»5, cntre des nuag. dpars. 71 . Couvcrc, unpeu dcp!uifi;mais 7 1 . trcs-ttansparent. Piuie avec grelc. 69. -3,5- (-ou\.pl. !;re!ecinc'gc ensem- 63- ble a ich. eud.n6^cv2j6oxig. Clair azure. 74- CLiir. '^4- + 1.3- Clair. 7 1 ■ CUir , terre gelce. 67- Couv. la ntiaic se forme, les Alpcsblanch'isseiir. 74. Couvert, transparcni. Eroiiilhrd irei-er:is. 85. +4. . 71 . Nuages 5pars, blcus. 61. Azure, nuages elevcs. 6.,. Aiuri , soIl'jI, I'air trcs-trans- paicnr. 6r,. Le ciel commence a sc courtir (^c nuagei. 74- +1,1. Brouitlard c'pais qui tombc en eoiittcs. 7I- Idem. 68. + 3- - Idem, ^4. +1J- Az'jrc y vapeurs Ic^cres. i(j'^) JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE Suite tie D E C E M B R E 1707. 10 m. I I s. 5 m. 1 1 m. 5 s. 10 s. J- m. i s. 9rm. 1 s. 4 s. 5 s. 4 s. 4 s. 5 s. y s. S s. i04,J. 104. 100. loo. I06,J. io4,y- 106. ■ oi,5. :oj. loC.j. gtllC dvalut' en millicmes paiuncnt- cul d'ap- pioxinia- OjlcS; 0,1«7. 0,2.70. o,i8l. o,l8i. o,2-77- 0,16«. o,i«i. o,raient"cs.' IJ. Vn pen de solcil pale, sa toicc , 7". Convert. Azure, etoiles scintillantes. Nuages^pais tout convert' rpliiie odorilcian'c , licde sc ' diiconipoiant cii brouillard , [ E. chsngcant de J-en - — . Dtfi^^lc, nnagc pais, ouiag. pcnd.Un.avcc Kucc ncig*:. f oiitc dcs iicigcs , outagan pendant la nuit. Nnagcs bas , ourag. la nuit. Ncige tonib.inie en abondan. intciiompuc par dci pJuics , ouiagan pendant la nuit. JANVIER 798. UHill,LlUftJK.Uc«W«ia ii^ni. S r.i. 1 s. II m. 5 s. 8 m. 5 5. 3 s. IC7. 109. 108,5, 106. ioS,j. Oxig^nt livaliiL' en niilliemts pa.nncal ciil d'ap- p'oxim.i- tion. 0,161 . 0,1J6. 0,157. 0,164. o,if9. o,if6. o,iJ7- Barome- tie. 317,5. 3'7,i- 318. ;ii. 511,1- 315,1- 313,7- 311,1. Theinio- nidie. hi- +1,5- +>- +1. +o,J. -0,5. — 1. + 3- Humidire a^»paicnt. irapics rhyg. dc ' rhvg. dc i.iusiutc. 1 Uciuc. 94- 96. 93- 85,8. 88,5. 94- 81. 80, T. 67,6. 71,5. 6f,4. 46,1. 5f.i- 67,6, 44, y. 43. 7' Humidlttf icciled'a- pics I'hv- giOlll. dc ianssure , Elcctro- conigtf 1]1CCIC. pa, fa tcmpciat. •71. +1,5- - IS. 75- - + 1,5- 71. +■■ 6y. 69. 0. 71- 61. +1- 66, +0,8. 6TAT DU CIEL. Neige abond. ciel couvert. Neigeniel.de pi. eidcgrcl. dis momens de dcj^el. Calm. moinscouv.;tcLi dp A6g DCS h. nuagcs. tfLStianspa- reiis, un pcu^iznt^Js. Dcs nupgcv dc ncige scfoim. I'air a perdu la ttanspai:ei.ce. A7Ui(f , tris-tianspar. Forctf dii solcil S". \Ji\ pcu couv. nils-transpar. Le dcici s'annoncc. tiuite ET D'HISTOIRE NATURELLE. Suite de JANVIER 1798. •97 6 9 m 5 s. 7 3is- 8 10 m. 3is. 7 s. 9 } s. lO iijm. t s. 4 s. 6 s. 11 idjm. 4 s. 11 9 m. ii>. •3 9 m 10 s. 14 5 s. 10 s. 10 m. 5 s. 10 s. t£ ifm. 8 s. ■7 9 n> I s 9 s. 18 5 s. '9 10 s. 10 7 s- 10 s. :,! 9 m. 3 s. 10 s. 11 s. 7 s. 9 m. 4 s. 10 s. 3 s. 10 s. 10 m. 3 s. 10 s. 1 1 m 1 s. 10 s. Eudio< mctie. lOJ. io4r. '03, ;• lo.i Ho, J. 108, f, 106. I08. '06,J. ■oy. 108. loj. 107. io8,j. loi. 101, J. 106. 100. 101. 104. 99,!. 100,1. Oxtgciic (fvalui: en inllicm i paiuncyl- ciil li ap- pioxima cion. o,i«7. 0,169. o,iH- o,iji.- o,^J7- 0,16+. 0,149. 0,1J9. 0,l£2.. o,i«7. 0,159. o,i«7. 0,16, 0,178. 3.17 3 0,164. 0,181 0,176. 0,170 0,181. o,i?6 0,180 Baiomc nc. 5'9,1 5^0, J 3i',7 511,7- 511. 51!, 1, !ii.i 315. i 3H,9- 3=-3,i. 3^1.5 311, 4- 511,6. 3ii>5 511,1 Jii,i. 511,1. 32-1, 4- 5ii,5. 311,1. 510,8. 5M 7- ;i7,8. !i8,i. !i8,8, ii8,i ii8,i. 317- 314,8. !15,7, !i6,8 il7,6. ii4,i. i'7.7- !il,&. !ii-,4. iM,i. iiT,3 Thermo- +'• 4-0,5- •to. +0. ±0. — 1. +0,8. +0,8. — S- — 6. — 5,y. —4- 6. — 4- — f.f- -8, J. +0,1. + •• +S- +6. +',5- +7,f. + >,J. + 3. +y- +■• +4'f- +0,5. +4- + 5. +o,y. +1,4. +0. +'• —0,8, — 4- +1- —0,8. + i- — 5- +1. +i.f. ±0.' —0,1. -4- I'hvp. dc Saus>urc. 9S, 8S, 5>4. 91,8, 5>4,I. 89,1. 9',h 94- 89, y. 87.8. 88,1. 89. Si- 74. 87. 80. 84. 99. 91. 94. 80. 78. 9I. 81. 9f. 9^>S- 9^,S- 97, h 97,1. 81. 91- 93- 97.5- 9T,5- 99!'- 7i 89 60 88, 90 97 84 99 i:, 11 i.'ui apparent. ictllcd-a- cs. prLs I'hv- groni. de ^ iaulsiirc , ccrri'^i I'hyg. de Defuc. par U reiiiptJrat. 80. 78. 80. 77. yy- 63. «7,«. 71. 6i. 70. «i,y. 69. 68. «y- y«. «9- jy,y 69. y8. 59- 61. 58. «7,y. «5- ys. 61. J4,y. y«. j«. 60. 57- 58. «3. yy- 5«- y7. fl. JO. 45 6. 70. 47,8. 74" 84,5. 89. 61. 8j. <;«,y 71- 45- «y. 4^,8. 68. 60. 67. 45- 69. 7i- 70. 6+. 77- 64. 7y- 76. 73- 7y- 76. 4y,«- 61. 65. 68. 6J,4- 69. 78. <7. 70. 75. 86. 7y- 37- 60. y7. 61. 43. 64. yy. 70. J9. «y. 74. 72. 47,8. 65. 84, y. «y- Electro- UKIIC. +1. + 3. +1. ±0'. ' " +o,y. +0,8. +0,4. +o,y. +1- + i,V. +0. +-','/• +0,8. +i,'y'- + t,5- +■- ETAT DU CIEI,. liiicige , inajs la nc.gc fond tout dc suiic. /dem. Li Muit b.dcneig.fllc fond Ic lour. Noid-oucst trii-iorr, II ncige bi:aucoup i gioi fto- coiis, II neige , mais moins. Plus de ntrige , couvert. Bleu cntrc dcs nuae;cs. ( Ouragan a Trieste). Asscz bleu. /Jem. Idtm. Idem- Vap, dans leshaur. regions. \zure, I J. if^h.hypr. 59. ther. — ,-. "lornsanirrf , mais ttcs-iiaiu- pav. Foicc du solcil, 4",^. Etoilcs sciniillantes. \zure tics-transparenr. Oegel, brouilljrd le^er. Tcmpetcpcndantlanuit dc- ^cl, pkivc. Degcl trcs-fort. Pluie, brouiilard. Aiurrf, dc'gck , vent doiix. Foicc du ioltil, 7". Degelc general. Gelec blanche, vent, Couvert, Ciniv. lesnuagessedisqp. Di-gel, vein dou.x, azure. D«Jecl, mais dcs lutsgcs se ronnem. Dcgel , couvert. Couvcrc. D<£;clavccunbrouiJaia tiSs- (*pais. Bfouillard. ~r3j $• I Azure. Force du soleil, 8". Brouiilard epais. Couvrrt, Un pci dc ncige. Lcs nuagcs se dissDlvLnt. Azure. Az-ure. force du s^Icil, ^°. Cclee. Desnuagcsdc ncige trci-dpais coiivrent Ic ciLl. Couvcrr. 11 tombedcla neigc agios Rn- cons ■qui tond c\\ [oiiibjiu. Azure. Bleu , maisnuagesepars. Azure. —4.5- +3-'" +i," + i.' ' +0,8. Tome V. VENTOS£a« 7. C c 19S JOURNAL DE PHYSIQUE, D£ CIIIMIE Suite tie JANVIER 1798. -7 -9 30 S m. 1 s. ? s. 13 S. 8 m'. t m. ' 5 s. •7 i- 10 ■;. S m. 4 s. 10 s. lo in. 3 s. 10 s. 9 m. 10 s. 9 m 10 s. 5 s. lO s. 8 m. I s. 4 ■=• lo s. Eudio- in^tcc. 97- oy. 00. oJ,5 4. otf. 03. 01. 39. 03. 04- miUicincs pal iinca!- ciil ^1'np- pio^inia- '-90. o,i8i . 0,^67. 0,181. 0,171. 0,170. 0,164. 0,17+. 0,176. 0,184. 0,174. 0,170. 3i4,«. 314,9. 314,1- 314,5. 51J. 3M,'- 5iy,'- 314. 314,7- iM- 311,1. 511. 319,8, 310. 3'9'7. 3", 3. 310,8. 3IS-J- HLimiditc apparent. d'ai lis Thcimo- ^— "K^ y^,^^ iiiCnc. I'liv?. dc I'hyg. dc Sau!.surc. Dcluc. — 10. 81. 4.r6. — 1. 8J. 49. — 5-5- 83, n- — 9- 94- 67. -9,S. 80. 45 ■ -3. 83. 46,1. —hy 80. 43- - $■ 89. J7- — 6. 81. 4!, 6. -8,8- 93. 6y,4- — 3. 87. 51, f- — 3. 88. 5^ -7. 91. 65. -o,y. 7 »A 8 s !) m. 3 s. 8 in, 7 3 lo 4 II 5 lo 9 S 9 10 S. 12. m. 7 s. 9 m. 7 s- 9 m. 11 s. 12. m. 9 tn, II s. 9 m. 7 S. 1 s. 7 s. :. I 3 4 1 1 s. s. s. ■ s. s. 8 s. 5 s. lo s. 6 s. "EudiD- mc[ie. lO*. • loy. 107. 107. I07. 10 ,;. loS. ioz,y. 10+. IO() i. 103, f. ?9)J 99- 99- 98, J. 97- 98. '03, f. 105. 103. loi. 103. 107. 10- {. ic6. 106. 107. Osi'Ztne (rvalue cri paruiic.il- cul (r'.ip- piOMnia- iion. O , 1 '> I . o,i6i . 0,2.61. Ojtgl. o,z6z. 0,i;9. 0,172.-. 0,270 O 2(51. 0,171. o, iSi. 0,184. 0,184. 0,185. 0,190. 0,187. o,2-7l- °;^74- 0,l6y. 0,174. 0,178. 0,174. C,16I . 0,260. 0,1*4. 0,1*4. o'lSi . ^7,i. 18,8. ^y>2 K. 1«,1. 16, y. 26,8. 26,1 16,1. ^7-7- 17,1. M.9. M,7- ">3- 2 1 ,7. 10, J. 17,7- 18,8. 18,9. ■7,1. 18,,. 18,5. 19,2. 10,7. 19,8. 18. 11,9. iy.3- 20,8 21,1. !J,1. 15,1. 15,8. 1J,9. Humiditi5 apparent. ri!cllcil'a- da irti jnes 1-hv- gr.nti. dc Thermo- — ^3^^ ^^^»— bausbuic , inccri;. coiricii I'-vj. C [■liTE.dc par la Saussurc. DcKic. icmpciat. + 1,3. 71. 5f- yy- +1. s?. 4(5, 1. «7. +4- 88. jy- 73- + 3. 87.. Ji^J. 70. ■ +i,y. 98. 80. 74- +4. 8f. 49- 71- + 1. 8j,y- JO. ''7- +6. 9'-- 63. 81. + US. 88. n- 7y. +5. 90. 59- 79. +i. 98. 80. 76. + !. 88, J. S6. 70. +3, J. 8^ 46,2. f>7- °,J- 88. yy- «4. +y. 81. 44- 68. +',j. Si. 44- «4. +7,r. 70.- 34,4. «y. +«. 8 3. Jy 77- +^T. 84. 47- «7. +4. j8. 80. 81. +i,f. 97>4- 7y- 74. +1. 99- 8 8. 7«. + 0. 95- 66. 70. —0,1. 8M- yi- 61. — 3,5- pS, 80. 67. -hs- 87- yi. «3. — 1. 9-- '•'3. 66. +1. 79- 41. 61. -I. ■)i. 60, y. «7. + ?. 89. yy. 72 +y. 81, r 4y. 68. + 5-,?. 74. 58. H. 4-x. 77- 41. 71. +4. 79. 41,7. 66. +3. 87,f. y4. 70. +4,T 79- 42,7. «7. 4-0 8<;,4. yi. ^y. 1 +3. 79- 42,7- 64. 1 Flrcrro- ilictrc. +o.y, — y,3 — 8. ±0. 4-0,8 K TAT D U <: I E L. + 0. + 1,1 +■,<:. +';y- +3.5 +1. -o,y- ;i,8. +1,1. -t-0,4. + 3,=.. +3- +i,'y'. +4. +1. +',y' Tcmpete , plu'ie. Unpcu deiicicC, k bleu p.i- roit a tiavciik-s rui3gt>. Tcmjietc- avec pluie. ^Tempcrcavec dcla ncigc. Tj < ? n. d ilerchtoldseadtii , Couverr. I -' Couvcrt , inajs bisu i travels les nti-Tgcs. Couverr. Pluie; Azure, soleil. Azure; tres-cranspareDt. Nuagesepais. Er,core plus couvert. Toui bleu , solcil. GcUe, flzut^ , rrts-bcau , ircs-t;aiispaieiit. Ajure, Idejyt. Tour bleu. Force du sol. 7". Azuie. Qiiclqucsnuagcstics-clcvds, bleu. Tour couvert , vcnr. Degel, brouil. tres-epais. Un peu de pluie, vapeurs. Couvcit , nei_^e. Couvert. Ncige abondjiire. Convert, mais !c bleu pa;olt cnirc Ics nuagci, Lcs iiu.igc5 se dissiper.t. Bleu » soleil. Tout couverr. Neigeaboud.^nte. Degole, azure, .^zuic. Dcf p| , b'eu. Couvert. Dc^el , moins co!iv=rt. Tcmpcte, un pru dei ctrc , bleu d ii.iicri !ci i.iiag.'s. Azure, Nuages^pars. C c 2 aoo JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE MARS 1798. I <— — ? — Hull.iJit^ luniidittf 7^ pparcni. rOtllcd'a- *- vaiud en d'ap lis pics I'hy- c 5d Heutcs. Eudio- inctrc. nillKmcs ■■ai ii.ical- nil d'ap- Barf>mi- tic. Thermo - •hyg. dc I'hvg. dc saiissure , coriigi par Fa Electro miire. ETAT DU CI EL. I ion. Sainsurc. Dcluc. tcmp(irat. 10 m. lOf. 0,167. ;i6,i. + 1. 6;. 50. 51. --1. AzuBc , infiiiimetic rtanspar. 10 s. 104. 0,170. SI*.?. + 1. Si. 46,1. 66. + 3. Azure , cgalcm. transpar. 8 m. ;i6,8. +4,7. 80. 45,6. «9- + '. Azure. 3 s- loi. 0,178. 5i«,7- 4-8. 70. ?4,J. «5. Idem, 10;. 0,174. 517,1. +1,J- 79- 41,7- 6;. +0,3. Quelqucs nuagestrcs-elcves 7 s- 104,5. o,i6a, 3if.,8. -!-5. Si!. 55' 75- Un pcu couvcri. 5 loXA. 0,1-1. 514,7. -f-6. 76. 40. «7- + ',5. Nuagesobscurs, vapcurs. I s. 103. 0,174. 514,"- +8. 90. .5 9- 84. Un pen dc biouillard , tics- tiansparcnr. 1 5 5. 8 s. 3M,i. +9. 80. 43,6. 77. — I. PL ircs-fiiie , pas transpar. 105. 0,167. 515,1. +5,5. 95- (■•),^- 87. Couvert , uuagcs cpais. 8 1 1 m. Ioy,J. loy. o,i6S . 311,9. + 11. 85. 46,1. 86. Couven. 9 10 0,167. 515,7. +4- vJ. 66,7. So. + 1,8 Bleu , mais vapcurs. 1 1 m. lOJ. 0, 167. 511,1, + 10. 74. 58- 74. +0,5. BlcLi , inais qutlques nuages 9 S. II m. I0«. 0,164. 310,7. +«. 80. 45, «. 7'. Couverr , pluic tres-finc. 1 1 3.8. ±11.5 68. 33. 75- Idem. vent. I s. 106. 0, 164, 517,1. + 11. 70. 34,4- 67. Idem. ? s. Ji«,8. + 11. 74. 38. 68. ±0. Oragc loimain , couvert. 5 s- 6 s. 5'*,5. + 11. 75. 37. 67. ±0. Nuages tres-noirs , vent. 5 16.1. +9.1. 81. 45, «• So. ±0. Piuie odoriferanie. 10 s. loy^j. 0, 160. 317.1. + 5- 99. 84,5. 81. Pluic , vent. 1 1 9 m. y s. S> s- (S s. 510,7. +0,5. 99- 84.). 71. +4,5- Ncige. 310.8. +1. 93, 6SA- 70. — 8. Grele, vent. 104. J- 0,168. 510,8. +4,5. 75- 37- 61. Azure. 101,5. 0, 175. 511. -fo. 84. 47,8. 61. + 0. Azure. 14 4 s. 105. io3- 0, 167. 0, 174- 315.7. 315.4. + 5. + 8,5. 84. 71. 47.8. 36. 68. «4. + 1. + 1,5. Unpeu couvert. Azure. 16 10 s. 104. 0, 170. 5'9. +y. 80. 45, «^. «9. Des nuages se forment. >7 11 m. 10!. 0. 174- 514,7. +'3.5 70. 54.;. 78. +0,8. Azure. 7 «• 9 m. 105. 0,167. 5I?>1. + 5. $9- 84,5. 85. Pluie abondanie* 18 514,1. +1. 98. 80. 7«. + '■ Ncige- 10 m. 313,6. +6. 86. 50,8. 77. Lcs nuages se dissipent. ; s. 104- 0, 170 311,8. +J- 83. 4«,i, 71. AS5CZ clatr. 8 5. 31 1,6. + 5. 85. 46,1. 71. Nuages epais. I9 8 m. 3>4- + 5- 87. 51,;. 75. Idem, « s. 103. 0, 174. 3M.9. + f. 94- 67. 79. + 1.5. Couvert , nuages tres-bas. -0 5 s. 8 m. 105- 0, 167. 3'f,5. +'=. 86. JO, 8. 75. + 0. Plus couvert. 1 1 io+,5. 0,168. i i*,i + 5- 8(. 49. 73. +0,5. Brouil. nuages cpais et has. 1 1 I m. lOf. 0,167. 316,8. +4.5. 90. 5 9. 7«. + 0. Couvcii , nuages ties bas. 13 1 1 m. 311. +5- 90, 59. 77. — ',5. Neige a gros floe, mais pcu. 10 s. 104,5. 105. 0, 168. 511.8. + 5. 87. 51,5. 75. Brouillatd. 14 10 s. 0,167. 311, 5- +4- 81. 45, «. 68. + 0. Couvert, nuages tres-bas. I 1 s. 105. 0, 174. 320,8. +1. 90. 59- 70. +'• Tout azure. 9 m. I 1 s. 510. 98. 80. 71. +1,8. Brouillard cpai*. 101.5. °j^7f. 318,1. +4- 78. 4'. 8. if.. Azuie, vent. 17 10 s. 107. 0, 16I. 5 '8,1. + 3. 97. 74. 73. +3- + ',8. Ncige , pluie , vent. L)n pen de iicigcqui fond cn loinbant. l5 7 5. io5jf. 0, 165. 3 18,1. + 5- 99. 83. Si. 1 - 8. Crelcet ncigc mcl^cs. I'J ET D'HISTOIRE NATURELLE. Suite de MARS 1798. 201 5 s. 10 s. I I s. 11 m. lo s. EndiO- 104. 108. 1 07. OTig^ne livalilc en milli^mcs paruncal- ciil d'ap- proxima- tion. o, 170- O, 161, JI7.I. M7, JI7.I. J '7,7- Thcrmo- mare. Humiflir^ appar«nt. d'aptts I'hyg. de SauTsurc. 7S. 8j. 99- 88. I'hyff. de Dcluc. 39- 49- 84,y. 5 5- Humiditii rticllcd'a- pres I'hv- groni. de Saus'-urc , C0TU^6 par Ta temp^rat. 69. 79- 76. Elcctro- mctre. +o,J. — I. I, ETAT DU CIEL. Les nuagci sc di CicI dL%'ient ai Tout coiiver[. Couvcrc, ncige Grelc ct ncige. Niiagcs cpais. ssoivent , le urc. Ncii^e. abondaiicc. A V R I L 798. I I s. II ni. 5 s- I I s. 10 m. lo in. 9 s. 8 m. II m. 10 m, 4 s. J s. 10 s. 1 1 m. 6 s. 7 m. 8 m, 1 s. 8 s. 10 s. lo m. EiiHio- in^cre. 104. lOl. io4,y. 103. 10;. 105. 106. loj. loj. 105. loi. 101. lOIJ, 0.\tg^-nc L-valiiC en milliemcs panincal- cul d'ap- ptoxiina- [ioii. i.<4- o, 170. o, 176. o, 169. ■', ^74 0, 174. °. 174- o, 164. o, 167. 0,167, °. 174- 176 . i7«. Jii,3 5ii,4, Jii. 310,7. Jlo,i. 510,7. 310,7. Thermo- incctc. ^77-;3 10,8. 11,7- 13, J. 14>J- 10. 19,3- 19,1. lO.J. ZO,i. 10,1. 10, J. 10,7. 10, f. 19.3. I9.I- 18. 16,1. ■4,8. I4,«. 14,1. I, ,6. +■^• +^ +5- +'• +7- +7- *f8- + 10. + 17. +9,!- + 18. +9- + M. +14- + i«. +13. + 8. + 8. Hiiniidirc apparent, d'aprCs i"iyg. del Ihye. dc SaussLire. Defuc. +1,;. +1. +6ji. +1. +17- 9- +8. , + '4'i 6S. 6S. 6g. 6;. 78. 8;. 78. «3- 79. 69. 79- 7<=- 7J. <7- 79- 91- 8«. 79- 90. 81. «7. 48. (•!■ 5)1. 79- 78. 78- 63. yi,y 33. 33- 33- 19. 41,8. 98,;. 41,8. 19- 4i>7- 34- 41,7- 40. 39- 9i.7- 41,7- 60,5. Jo, 8. 41.7- 59- 4f/- 31. 19. 30. 60,J. 41,7- 14- 41. 41- 33- riieilc d'a pits I'hy irroni. de SaU'Surc cotrt^^ pai la t mpeiar. 7!. J8. 5i. r8. 7'- 79- 78. 7J. 80. 85. 77- 69. 8;. 77- 85. 84. 81. 75- 7Q- 69. n- 4S,8. 57- 7'- 76. 69. -y- 71- 76. Electto- ni litre. +1. +1. +0. +1. ±0!' +0'. " ETAT DU CIEL. Nuages epais. Mo ins couveri* Azure, Azure, vent rrcs-transpar. Couv. orageux. Nuages ttii- bas. /.iem. Azure , vent. Azure. Azure, AzLiid; force du soleil a TiiJdi , 4". Azure. .\zure. Azure, avecquelquesnuag. Plus couvert. Convert Tres-couvert. Idtm. Moins couvert. Azure. fdem. Idem, \zurc , vent. /dem. Id. Forte dc neige dans les Hautcs-Alpcs. Idem. Idem, Idem, Idem, Idem* 202 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE SECOND ME MOIRE Suy la 'inatJhre vette ^n''on troiive diins les vases reir^plis d'eau,, lorsq.u'ils sant exposes a la luniiere , de meiiie que sur les cGiiferves et trcnu'.Ues consider^es.relativement a leur nature , et ci leur pTopridtd (ie donner du gsz oxigene au soleil.; Par Jean Sene BIER, bibliothecaire, a Geneve. | §. I I. Observations dlverscs sur la maticre verte. J E ne change rlen a la des,ciiption ciue j'al donnee lace sur un vase plein d'eau, empecha Tapparition de cette matiere; enfin (pte la pour- riture des matieres vegetales et animalcs favorisoient le develop- pement de cette matiere : ce qur sembleroit annoncer que le gaz 2o4 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE acide carlioniqiie, fbiirni est plus jiropre i aider la vegetation J que le gaa oxigeiie enleve paries corps pourrissans. $. III. De la production de la mati^re verte. Je pla9ai , le i*'"'. thermidor , dans deux vases d'un verretr^s- luiiiceet tres-transparent des petlts morceaiix de verre, coinme je I'ai dit plus liavit ; je les rcinplis d^eaii comnmne , et je les exposal a la lumiere. Deux jours apres je u'observai rien qui annoncat la matiere verte, je vis seulement des corjis anguleux dont je parlerai plus has. J'observai cpiehjues animalcules glohulaires , sans couleur , de difl'erens diametres , ils etoient errans dans la iiqueur; ils ne me parurentlies a i-ien,et ils nef'ormoient point de masses vertes par leur reunion j mais dans le second vase je cms apper^evoir une tache verdatre avcc diverses especes d' animal- cules de differens calibres ft de difFerentes formes. J'ai vu de nieme de§ aninialcules befiucoup plus petits , pour I'ordinalre rapproches , niais sans couleur j ces animalcules tres-vils avoient nne forme ellipsoide. X^ejour suivant, lenombre des animalcules detoute espece s'accrut clans le premier vase , je n'y decouvris auciuie verdure; j'observai seulement qu'il n'y avoit pas un seul corps entraine par le mou- vement de I'eau. Dans le second vase j'ai remarque une taclie ou un corps mucilagineux , dans lequel j'appergiis des grains tres- petits, mais ils n'etoient pas verts. Le 4> les animalcules gloLulaires s'augmenterent; ils se groupoient ensemljle], ils etoient tres-rapproches , on pouvoit distinguer leurs rnouvemens particidiers ; ils etoient presque transparens et sans verdure. J'observai alors quekpies taches verdatres , et aupres d'ellcs quelques taches grises , qui sembloient une pellicule com^r posee de grains tres-petits ; je n'ai rien apper(ju qui f ut entraine par le mouvementde I'eau, et qui y fut anime;je ii'ai pas remar- que qu'il y ent de I'air produit , quoiqu'il y eut des animalculesi globulaires. Dans le second vase j'ai observe plusieui's petltes taches uni- formes , coniposees par ces petits grains , qui etoient verdatres ; je visnieme une de ces petites taches qui surnageoit. Tandis que je voyois ces taches s'etendre , j'apper^us leru* centre verdir, et leur partie verdatre devenir plus loncee. Quel- ques taches vertes du second vase of'froient I'apparence du ve- loursjles autres laissoient soup^onner de petits filets. Ne semble- roit-il ET D'HISTOIRE NATURELLE. 2oS- r-olt-il pns que celte pcllicule grise est celle qui a pris la coiileTir verter Ces inches paroisseut d'abord un voile tres-leger , an ira-v yers duquel oii distingue les animalcules global aires presque transpai'ens : on les voit meme quelqtiel'ois s'insinuer dessous j ces taches soiit errantes dans qnelqucs circonstances, et s'accio- cheat par preference aux asperites du verre : je n'ai encore apper^u aucune i)ulle d'air sur ces taches. Le 5, la pellicule grise granules s'etend et paroit se verdir ; je n'ai appercu aucune espece de mouvenient dans la pellicule. Le 6 , je vis clairement le nombre des taches verdatres s'aug- menter, je vis de meme que ces taches sont fbrmees par de petits grains blancs , presque spheriques , et par de petits fdets elliji- so'idaux. Je n'ai pas pu decouvrir si la couleur verte des fikts on des grains tient au mucilage qui les recouvre , ou si elie est interieure : qiiand on obsei've de vienx grains et de vieux filets , cette verdure paroit interieure , mais peut-etre la matiere gra- nulee forme une espece de matiere verte , differente de celle qui est en filets ellipso'idaux; il fant pourtant reconnoitre que si ou les trouve tpielquefois sepai'es , on les trouve souvent ensemble. Au reste , ii est si facile de se troniper dans ces observations , ct il est si facile d'etre trompe par niille circonstances inattendues , qu'il n'est paspossibled'avoir une opinion parfaitement tranchee. L'aiigmentation nuancee de la verdure est tres-reniarquable , de meme que celle de la pellicide qui pourroit passer pour un reseau. J'ai vu alors des taches vertes do toutes les nuances , dcpuis le gris blauc jusques au vert pale ; mais la matiere verte, en croissant , devient jilus cotoneuse. J'ai vu souvent des animalcules penetrer dans la matiere verte, et lui communic|uer le mouvement qu'ils avoient , quoiqu'elle ii'auroit jamais pu en prendre par elle-meme. Le 8 , je distinguai la pellicule par la finesse des grains qn'on y remarquoit , par leur immobilite et la coideur obscure qu'ils donnent a la taclie : ces grains paroissent tellement encastres qu'ils sont saillans hors de la place ou on les voit , ils devien- nent toujours plus obscurs , et ils prennent toutes les nuances jusques au vert tendre. Ces taches, d'abord isolees ,se rapprochent ens'etendant , mais elles ont pour I'ordinaire une courbure plus ou moins clrculaire , et elles sembleiit s'accroitre du centre vers la circonference , elles SQiit blanchutres la oil elles prennent de I'accroissement jles nou- Ty/ae r. V ENTOSE c« 7. Vii 20<5 JOURNAL DE PHYSIQUE , DE CHIMIE vclles ponsses des vegetaux sont de meine inoias vertes que les -aijclennes. Ces grains, f[ui parnissent iinis , se separent qiiand la matieie vleillit', ce cjiii ctoit arriver ; ou parce que les yaisseaiix qui les lieuC se rompent j cepeuclant on volt d'abord les grains isoles : on parce le mucilage quiles coUe ne se reprodult pas, ou parce que la peliicule- qxiiles contieutse detruit ; il serolt alors possible qiie la succion I'ut le nioyennoiirricier des grains. Ces grains seroient-iis,coramedans le nostoch,unprincipe de la reproduction de la matiere,qui se ma- jiifesteroit en eux comme dans les autres vegetaux, k la fin de leur histoire, ou qui-s'en separeroit, par division , pour la multiplier? Le 9 , les taches augmentees , etendues et colorees plus ou moins, ressenibloient assez aun chagrin tres-lin. Jene parle pkis des animalcules globulaircs , et de ceu.i dediverses especes , qui sont extremeraentnombreuscs;mais ]'ol)serval que jen'Mipasviides ani- malcules d'un calibre aussi petit que telui des grains du reseau. La matiere verte s'ejiaissit en vieillissant , ses hords sont plus transparens que le milieu ; mais on voit les bords se colorer et s'epaissir de meme a leur tour. Je le r^peterai encore , par- tout ou il y a des taches vertes , on a oljserve une tache assez trans- parente pour y voir une ospece de peliicule , pour decouvrir a son exterieur des grains assez proches les uns des autres , et pour s'assurer de leur constante immobilite. En suivant I'observation de cette matiere verte , on renouvelle le spectacle de tout ce que j'ai decrit; les taches s'etendent , se rencontrent , se colorent , et jamais je u'ai vu de verdure fixee quand il n'y avoit point eu de peliicule remarquee auparavant. Je ne voudrois pas assurer que les petits grains ne grossissent pas , mais s'ils grossissent , c'est surement iL'une quanlite Ibrt petite. Le 20 , je vis clairement qxCk raesure que la matiere verte vieillissoit , les grains de la pellicxile , c[iii semblent reunis par une espece de mucilage, se repandoient sur I'eau lorsqu'on tirail- loit ([uelques morceaux de cette substance; je les ai meme vu se separer de la peliicule par un leger moiivenient de I'eau qui les entrainoit, mais je ne doute pasqu'ils ne se i'ussent separes d'eux- memes, comme les graines se separent des plantes. Le 22, j'ai vula peliicule d'unemaniere evidente, elle adiieroit aux parois du vase dont elle diniinuoit la transparence. Le 20 , jo ne pouvois plus distinguer les taches entre elles , a cause de leur rapprochement reciproque qui n'en faisoit qu'uu tout. Lc 16, j'oljservai des nnimalcides verdatres, pour la premiere ibis; leur iiombrc eloit prodigieusement petit , relativenient a. la ET D'HISTOIRE NAtURELLE, 207 quantlte de matiere verte , i son epaisseur et a la continuite des groupes qui la f'orraoient. Quoique j'eusse souvent repete cette observation et reru les niemes plienoiuenes , je pensai a. la refaire sur una matiere verte qui seroit pen exposee a la poussiere , et qui se formeroit dans un vase legerement ferm^. Je remarquai , 1°. Que la matiere verte y etoit d'vm vert tendre ; 2.°. Que Ton y sentolcune pellicide qui portoit la partie verte ; que cette pellicule etoit d'un gris jaunatre qni tiroit ensuite sur li Ijlauc; 3"\ Que Ton y voyoit des grains ellipsoidatix ; 4". Que toutes les taches n'ont ni la meme nuance verte , ni la meme epaisseur; qu'on ne distingue plus les grains dans les plus epaisses ; qu'ils sont converts , caches par une matiere plus ou moinsgelatineuse.probaiilemeut produite par eux, mais qui, dans le commencemont , etcit foiblement glaireuse. 5°. Que les grains qui n'avoient point ete detaches de la pelii- Cble n'avoient point cette mobiiite observee dans les autres ; qn'ils nageoient, quoiqu'ik f ussent lies a cette pellicule, par le moyen de cette glaite qui les environnoit ; les gros animalcules qui pas- ' soient pres d'eux. ne les detachoient pas de la masse a laquelle lis etoient attaches ;ce qui fournlt un nouveau moyen pour remar- quer la pellicule par son effet ; on voyoit les animalcules I'en- trainer par morceaux detaches , avec les grains qui lui etoient adherens ; mais lorsque ceux-ci se detachoient , les animalcules a tourbiilons , coainie le rotlfere , lee agitoient separement en tous sens , dans le moment meme on ils ne pouvoient entrainer ceux qui etoient reunis dans la matiere verte qiii ^toit saine. J'ai cru devoir recommencer ces observations au printemps , parce que les chaleurs etant alors racins vives , et les progres de la matiere, verie plus rallentis , on pourroit suivre ses cliange- raens avec plus d'exactitiide , et I'aire desdecouvertes qui auroient pu erhapper,l^i:Sque ler accroissemens sont plus prompts et plus considerables, Je commensal done ccs obsGrvations le i3 germinal ; je decon- vris , le 14, quelquec pslits corps transparens sur les petits uior- ceaux de verre ^lis aa lend des vaisseaux. Le 17, le nombre de ces pc-tits corps etoit fort augment^, de meme que leur iiaas£e , ils nie parurent de vrais cristaux , j'en parlerai plus bas. Le 22 , je n'avols pas encore vn un animalcule , mais j'avois remarque qtielques-uns de ces cristaux uiiis a d'antres corps opa- ques isoles et surnageans. Dd2 3o8 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE Le 26, j'apper^usqiielques taclies qui me parurent une pellicule^ traiisjmrente ilont je donncrai une description ; j'y remarqual dcS. filets minces ct ojiaques. Le 3o , je distinguai qnelque clioSe qui ycrdissoit; c'etoit ces taclies elles-memes. Le 4 floreal , j'observai des animalcules. Le 10, qiioique j'ensse remarque la pellicule qui etoit f'ormee et qui verdissoit , je ne vis point de buUes d'air au soleil. Le i3 , la pellicule s'etendoic , mais la plus grande partie est grisc. Le i5 , les progres etoient toujours tres-lents. Le 18, j'observai quelques bulles d'air ; je ne crois pas que ce soit les premieres , inais il y en a eu peut-etre de trop jietites poiir etre vues phitot ; une forte lenulle m'a fait remarquer quel- ques traits verts a cote de ceux qui ibiirnissoient I'air , il y en avoit qui etoient transpareus ; j'y trouvois :ui olques points ellip- soidaux plus fonces que le reste, et lies a ce qui les environ- jioit ; leur forme est tl-peii-pres la merae qvie celle des masses \ertes , avec la difference que la pellicide est moins convene , Mais les grains out la plus parf'aite iramobiliti';. La verdure varie depuis le gris jaunissant jusques au vert foiice. Le 23 , je me suis bien assure qxie la pellicule grise jaunissoit. Eulin j'ai vu le tout verdir. On voit , dans la coraparaison de ces experiences , llnfluence de la cbaleur sur la production et les progres dp la matiere verte et des animalcules. Dans thermidor, deux jours suflisent pour apper(jevoir des traces de I'une et des autres ; dans germinal , il faut i3 jours pour la production des premiers traits de la matiere verte, et 31 jcmrs pour celle des animalcules; ce qui annonceroit deja une difference entre ces animalcules et la jnatiere verte ; dans huit jours tout est veit , lorsque I'experience se fait dans thermidor, et il faut 09 jours quand r£xperieuce se renouvelle en germinal ; mais les rapports des progres reciproques de la matiere verte dans ces deux circonstances ne s'ecartent pas beaucoup. ' Cette experience , faite avec de I'eau distillee dans des vases Guvcrts, ra'olfrit les resultats suivans,q\ii ne different pas beau- coup de ceux que j'ai donnes precedemment. Le 4 floreal , j'ap- per^usles traces de la pellicidejle 7,je vis des aniiiialcules avec des taclies verdatres (|uiont ete plus tardivfes que dans i'experience Jjrecedente, parce que le gaz acide carbonique y etoit plus rarej e i3 , la jiellictile j^rise est manif'este, on I'avoit deja vue dans I'expei-ience collaterale ; le 20 , la pellicule grise verdit et les bulles d'air se iiaeiit vpir j il y aYoit la jours que j'avois observe E T D ' H I S T I R E N A T U R E L L E. 209 la verdure clans I'aiitre experience , et 4 jours que j'y avois observe de I'air ; ce qiii montre rinflueuce du ^az acide carbo- nique pour colorer cette matiere en vert, et lui f'aire produire du ^az c)xigene. Je remarquai eufin que la pellicule etoit nioins adiierente au vase contenant I'eau distillee, que celle du vase ou etoit I'eau comuuine, et je vis que cela etoit produit par le tres- petit nombre de cristaux formes dans I'eau distillee , qui ne pou- voient pas servir d'appui ou de clous k cette pellicule , comino dans I'eau coniuiuiie , ou leur nombre etoit beaucoup plus grand . Pour decouvrir la generation de cette matiere verte, je fis des experiences d'uu autre genre , pendant que je suivois les prece- tleutes. Je pris un de ces morceaux de verre dont j'ai parle dans le premier Meniuire , il etoit convert de matiere verte j j'en essuyai avec grand soln une partie , de maniere que cette portion du Verre fut parfaitenierit propre ; je le placai de cette maniere tlans un vase de verre bien lave , et oii cette matiere etoit tout- u-f'ait isolee. Le i3 germinal, mon apparell fut range comme je le voulois ; le 14, les petites taclies vertes parurcnt dans difterentes places, je vis clairement la j^ellicule , je decouvris des animalcules assez gros , mais je ne \is point de petits globules mouvans. La partie du uiorceau de verre qui avoit ete essuyee , me montra les cris- taux dont j'aij^arle , mais je ne vis ni sur le verre , ni aillenrs, aucune bulle d'air. Le 17, il me sembla remarquer sur la partie essuyee des verres , les rudimens du reseau ou de la pellicule; le 22, j'apper9us plusieurs animalcules, entre lesquels je n'en vis point de globulaire. Le 2.6, la pellicule sembloit etendue par- tout : le 3o,rancienne matiere verte pa